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30/01/2017

Discours des voeux janvier 2017

 

Madame le Député,

Mesdames et Messieurs les conseillers régionaux et départementaux , maires, élus des communes voisines, suisses et françaises

Mesdames et messieurs les élus,

Mesdames et messieurs les anciens élus,

Mesdames et messieurs les représentants de la gendarmerie et de la police intercommunale des Voirons,

Mesdames et messieurs les membres du personnel communal et de l’agglomération,

Mesdames et messieurs les artisans, commerçants, agriculteurs, enseignants, responsables d’associations et bénévoles de la commune, vous qui la faites vivre cette commune, tout au long de l’année, et nous vous en remercions,

Mesdames et messieurs les correspondants de presse,

Bien chers tous, chers amis,

L’heure est résolument aux économies, vous l’entendez en boucle dans les médias, aussi, puisque l’année dernière déjà, j’avais fait des coupes dans mon discours, sans doute trop modestes encore, je vous promets cette année d’essayer d’avoisiner la vingtaine de minutes.

Oui je sais, c’est un vœu pieu, et l’on sait tous le caractère éphémère de ce genre de résolution de janvier. Et vous serez bien aimables de faire semblant de me croire. J’irai à l’essentiel. Promis.

Nous sommes à l’aube d’une année extrêmement importante pour le pays, nous allons nous choisir un nouveau président, une nouvelle assemblée, un nouveau gouvernement, en un moment particulier de l’histoire où l’on sent gronder une immense exaspération, une peur du lendemain, un ras le bol et une défiance de plus en plus forte de nos concitoyens envers leurs institutions et leurs élus. Les télévisions, radios et journaux nous abreuvent de constats amers, de déceptions, de faits divers sordides, d’actualités terribles, de terrorismes, de chômage de masse, de misère humaine.

Dans le monde, une onde de choc semble faire vaciller les certitudes. Le Brexit, l’élection de Donald Trump, la résurgence des nationalismes en Europe et de par le monde nous forcent à l’autocritique et à la remise en cause de modèles qui sont en train de se fissurer.

Il est grand temps de la faire, cette autocritique, tant le pays est à bout, il est grand temps de la faire, avant que le simplisme et le populisme ne triomphent partout.

Néanmoins, dans ce paysage sinistre qu’on nous vend à l’envi, avec excès parfois, tout n’est pas noir. Tout n’est pas sombre.

A commencer par ce qu’il se passe, sur ce territoire, ce territoire qui résiste mieux que nulle part ailleurs aux crises du temps, ce territoire dont le dynamisme fait envie à bien des régions. Parce qu’ici on gère la croissance, pas la pénurie, parce qu’ici on construit, on se développe, et qu’ailleurs, dans d’autres régions, on perd des habitants, des emplois...  

Parce que nous avons la chance de partager le dynamisme de notre métropole régionale, Genève, qui elle-même a la chance de pouvoir compter sur sa périphérie, les deux se soutenant et s’apportant des avantages comparatifs qui font la richesse de la région.

N’oublions jamais quelle chance nous avons de vivre ici, même si ici, les inégalités sont encore plus criantes qu’ailleurs. Voilà pourquoi il faut veiller à maintenir les bonnes conditions pour un développement intelligent et permettre à ceux qui ne sont pas les grands bénéficiaires de ces termes de l’échange de continuer à vivre ici, où tout est plus rare et plus cher qu’ailleurs.

Quand bien même en ces terres aussi soufflent quelques vents populistes, rien n’a jamais vraiment stoppé la construction transfrontalière, même si les termes de l’équation ont quelque peu changé, du fait du désengagement genevois sur le plan financier.  

Nous sommes un bassin de vie d’un million d’habitants, et avec nos collègues genevois et vaudois, nous devons offrir à ce bassin de vie les infrastructures et les services qui correspondent à sa taille, quand bien même une frontière nous traverse. C’est notre responsabilité.

C’est le sens du projet d’agglomération numéro 3, signé au CERN en décembre, et qui prolonge la nécessaire coopération qu’il nous faut mener entre les deux parties de cette belle région pour offrir une meilleure qualité de vie à nos habitants.

La priorité des priorités, c’est bien entendu la mobilité. Mobilité dont tout le monde sait qu’elle a des conséquences fondamentales sur la qualité de l’air, et donc sur la santé. Le sujet a à juste titre défrayé la chronique ces derniers temps, et je crois qu’il est temps désormais de rattraper le retard qui depuis des décennies frappe la Haute-Savoie du Nord.

Le Grand Genève focalise donc principalement son action sur des mesures visant à créer de grandes infrastructures de transport, celles qui seront suffisamment efficaces pour faire en sorte de convaincre les automobilistes de lâcher leurs voitures. Via un système de cofinancement par la confédération helvétique, tous les projets de ce type et d’intérêt transfrontalier se verront donc subventionner par Berne.

Il faut souligner ici l’effort considérable des collectivités françaises, qui bien que n’ayant de loin pas la puissance financière du canton de Genève, « mettent le paquet » pour faire sortir de terre ces grands équipements. A terme, tous projets confondus, ce sont plus d’un milliard d’euros qui seront investis d’ici 2030 pour la mobilité au sens large : ferroviaire, trams, bus, voirie, voie verte, parking relais.

La partie française du grand Genève, l’ARC, a vécu une année particulièrement importante de son histoire, en se transformant en Pôle métropolitain du genevois français. Cette chose-là, qui n’est pas un énième machin correspond à une évolution structurelle fondamentale qui va permettre que soit menées au bon échelon les politiques publiques, qui va permettre en fédérant plus de 450 000 habitants du pays de Gex au chablais en passant par le genevois de peser plus dans le dialogue avec Genève, avec la nouvelle région, avec le département.

Les conditions sont réunies pour que nous passions du discours de promesses au discours de preuve. Et les réalisations concrètes vaudront mieux que tous ces discours, si tant est que la coopération transfrontalière ne semble pas être le sujet préféré de l’opinion publique genevoise, en ce moment. 

Aussi,  justement parce qu’en ce moment c’est dur, je veux saluer les nombreux élus suisses, qui de tout parti, ne ménagent pas leurs efforts pour démontrer le bien-fondé et la nécessité absolue de penser ensemble notre présent et notre avenir. Je voudrai saluer tous ceux avec qui les échanges sont riches, intéressants et passionnés, et qui croient comme nous que l’avenir de cette région implique plus de collaboration. Ils sont courageux, parce qu’ils prennent des risques à affirmer en ces temps difficiles qu’il faut penser la région dans son ensemble et faire tomber les murailles essentiellement mentales, que certains voudraient ériger pour se lover dans le confort triste du repli sur soi.

Alors oui, nos amis genevois ont leurs populistes, mais Dieu sait si nous avons les nôtres…

Pour passer au concret justement, on peut dire quelques mots de notre Agglomération, Annemasse Agglo… Une agglomération qui frôle les 90 000 habitants et qui porte de très grands projets, et qui va être le territoire qui de par sa position va être le plus impacté par ces mesures transfrontalières en termes de mobilité.

Le CEVA, ou Léman express, va être comme prévu opérationnel en 2019. Un train toutes les demies heures en heure de pointe, un réseau en RER qui va irriguer toute la Haute Savoie, et qui va permettre de gagner Genève en un temps record… Pour nous saint-cerguois, il faut imaginer ce que cela va apporter comme confort, quand le parking relais de la future gare de Machilly sera opérationnel !

LE CEVA c’est la colonne vertébrale d’un réseau de transport qui se veut bien maillé, complété par des prolongations de lignes de tram, comme celle du tram 12, dont les travaux vont démarrer dans quelques jours de la douane de Moellesullaz à la rue du parc, à Annemasse…

Le pôle d’échange multimodal d’Annemasse, la nouvelle gare, tous ces projets discutés de longue date sont désormais des chantiers…

Deux parkings relais, celui des chasseurs et celui de Jean Monnet vont être réalisés tout prochainement…

Le réseau de bus s’étend, se développe…

Une voie verte, pour la mobilité douce, d’Ambilly à Bonne…

Tout se met en marche, et quand je dis en marche je ne fais aucune allusion politique… Tout se met en marche pour que nous connaissions en 2019 une véritable révolution, en termes de transports, et quand je dis révolution, je ne fais aucune allusion politique non plus.

Nous vivons des heures passionnantes, parce que ce territoire change profondément, et change en bien. Enfin il est à la hauteur de la réalité à laquelle il est confronté et sincèrement je veux saluer une fois encore la bonne entente qui réside entre nous, élus de l’agglomération, et qui est déterminante, pour avancer sur des enjeux de cette ampleur.

Vous aurez remarqué ce magnifique zoom inversé par lequel je suis passé du pays au Grand Genève puis à l’Arc puis à l’Agglo pour en arriver à la commune, le plus petit échelon administratif français, mais celui qui est le plus cher à nos concitoyens, parce que c’est celui qui leur parle le plus, c’est celui de la proximité, celui du lien, du quartier, des voisins avec qui on vit, parfois d’ailleurs avec plus ou moins de bonheur, des commerces où on va, des fêtes où on se détend, des écoles où on emmène nos enfants. C’est la proximité, où on a le loisir de pourvoir apostropher et engueuler ses élus en direct aussi.

Et cette année aura été une très belle année pour notre commune, qui flirte désormais avec les 3500 habitants.

Une année d’aboutissement pour deux dossiers fondamentaux, dont vous avez beaucoup entendu parler, et qui nous ont mobilisés tout particulièrement, en tant qu’élu, depuis le mandat précédent.

Le premier, c’est celui du bâtiment multifonctionnel. Je ne vais pas revenir sur la teneur en tant que telle du projet, qui a été largement explicité lors de l’inauguration du 22 octobre dernier, où vous étiez près de 500 à venir découvrir et prendre possession de ces nouveaux locaux.

Je voudrai simplement une fois encore remercier tous les élus et les anciens élus, tous les membres du personnel communal, les bureaux d’études, architectes et entreprises partenaires, qui depuis de longues années, à force d’études, de réunions, d’appels d’offre et de visites de chantier, ont permis de livrer à peu près en temps et en heure cet ensemble de 1500 m2 qui regroupe plusieurs services à la population :

Des locaux dédiés au périscolaires, très confortables, modernes, fonctionnels, qui permettent de répondre largement à la demande, et qui ont de fait libéré d’autres locaux qui ont permis de créer un accueil dédié aux adolescents, « destination jeunes », installés sous l’école élémentaire.

Un nouveau restaurant scolaire, fonctionnant sur le mode du Self, beaucoup plus agréable, qui aura permis de libérer l’ancienne cantine, attribuée désormais à l’école maternelle.

Une nouvelle salle des fêtes, digne de la taille de la commune et digne du foisonnement d’activités qui règne ici, qu’elles soient le fait de la mairie, des associations, ou du privé, et qui permet d’accueillir des événements impensables jusqu’alors : par exemple, mardi prochain se tiendra ici même une représentation théâtrale de Château rouge, d’une très grande qualité.

Une nouvelle bibliothèque, avec son jardin de lecture, qui dépasse nos espérances. En effet, notre ambition était d’en faire un lieu de rencontre, un lieu de vie, un lieu d’échange entre les générations, ouvert à tous. Le moins que l’on puisse dire c’est que le succès à été au rendez-vous puisque depuis le 27 octobre dernier, nous dénombrons plus de 600 inscriptions…

Je veux remercier au passage l’équipe de bénévole dynamique qui s’est investi sans compter pour vous offrir le meilleur, autour de nos deux bibliothécaires, Sandrine et Claire. C’est toute une vie culturelle qui s’en trouve confortée et enrichie, autour des conférences, apéro lecture, expositions qui viendront rythmer l’année.

 

 

C’est un très beau pari d’avoir misé sur la culture, mais je crois que c’était un pari gagné d’avance, car il n’y a pas meilleur liant, il n’y a pas meilleur outil pour le vivre ensemble. Aussi puisque la culture est évoquée, je veux saluer également les choix faits par notre agglomération de miser également sur un beau projet, celui du manoir des livres à Lucinges, autour de la personnalité exceptionnelle que fut Michel Butor. Ce territoire a besoin de nourritures autres que les simples opportunités financières qu’il offre par ailleurs, qui sont certes importantes, mais de loin pas suffisantes à faire la vie.

Enfin, une chaufferie bois qui par un réseau de chaleur chauffe l’ensemble des bâtiments publics du centre.

En définitive, c’est une vraie centralité qui a été recréée ici, au bénéfice de tous. Je veux donc remercier tous ceux qui ont contribué à rendre ce beau projet possible, Claude Schneider, qui a été l’adjoint dédié au projet et tous ceux qui lui ont prêté main forte, et remercier aussi nos financeurs, Etat, Région, Département, CAF, députée, et bien entendu vous tous, les contribuables de la commune.

Mais quelle joie, pour nous, de voir ces locaux prendre vie ! Cette accumulation d’études, de réunions, de travaux, de chantier, prend désormais tout son sens, parce que vous vous êtes accaparez ces nouveaux lieux, qui en effet ont été faits pour vous.

Je me réjouis du petit film que vous allez découvrir en fin de cérémonie, qui retrace cette magnifique aventure.

Le deuxième dossier important qui a connu un dénouement cette année c’est bien entendu le Plan Local D’urbanisme, le PLU, dont Danielle COTTET, première adjointe en charge de l’urbanisme et la commission PLU ont été les infatigables artisans, dossier d’une grande complexité, où l’intérêt général s’achoppe plus qu’ailleurs avec les intérêts privés.

Dans les grandes lignes, nous avons voulu, et selon les directives nationales et selon les prescriptions du SCOT porté par notre agglomération protéger les zones agricoles et naturelles, limiter le mitage et l’étalement urbain en densifiant la centralité, en étant plus économe d’espaces, en favorisant les logements aidés, dont une belle opération a été livré cette année, au cœur de la commune. Sur ce dernier point je veux saluer l’engagement de Marie-Christine Balsat.

Assumer et prendre notre part de la croissance de la région, mais de façon raisonnable, en ayant toujours à l’esprit que soit conservé le caractère villageois de la commune.

Il y a des déçus, il y a des mécontents, mais les élus ne sont pas là pour plaire à tout le monde, ils sont là pour appliquer une vision, et penser à l’avenir. Je veux donc saluer l’exemplarité de ce nouveau PLU, qui pour la première fois a vu le nombre d’espaces dédiés à l’urbanisation baisser, et ce de façon très significative.

C’est avec le sentiment du devoir accompli que nous avons voté ce document, en juillet, avec la conviction d’avoir essayé de trouver un équilibre entre protection et développement et je veux saluer le travail désintéressé et courageux mené par les élus en la matière.

A côté de ces deux grands dossiers, qui nous ont énormément mobilisés, il y a également toute une série de travaux, de mesures, d’événements sur lesquels je ne vais pas revenir en détail car tout est dans le bulletin municipal qui vient de vous être livré et que je vous invite à lire…

En rendant toutefois un hommage particulier à Robert Bosson, adjoint aux travaux, dont la tâche est vaste mais qui va peut-être trouver plus de sérénité avec l’arrivée d’un nouveau DST, mutualisé avec Lucinges, Willy Garcia, à Magalie Briffaud notre adjointe aux finances qui vient probablement de vivre l’année la plus difficile de son mandat, tant la trésorerie s’est tendue avec l’accomplissement de lourds projets, A pascale Burnier, en charge du personnel municipal et du centre communal d’action sociale, à Jean-Marc Peutet, adjoint en charge de l’environnement qui œuvre pour protéger et valoriser notre patrimoine naturel, à Catherine Mouchet, conseillère déléguée qui s’occupe du scolaire et du périscolaire, et Dieu sait s’il y a à faire avec nos 400 écoliers, à Jean Marc Combette, vice-président du Syndicat du foron, syndicat qui a accompli tant de belles réalisations dans notre commune, à tous les conseillers délégués et l’ensemble des conseillers municipaux qui se sont engagés pour vous tout au long de l’année.

Au titre des événements, il y eu en effet quelques beaux moments : l’hommage rendu à Paulina Rothkopf par exemple, petite fille juive cachée pendant la guerre aux feux follets, à la colonie italienne, organisée par Evelyne Février pour qui le devoir de mémoire est essentiel, je pense aussi au 11 novembre dernier, où l’affluence n’a jamais été aussi grande et surtout aussi jeune, je pense à ce beau feu d’artifice, tiré conjointement au bord du lac avec Machilly, puisque la fête de la musique a dû être annulée, même si la même nuit notre bibliothèque était en flamme…

Je pense aussi à la première cérémonie de citoyenneté organisée cette année, pour les jeunes de 18 ans, ou encore à la fête des nouveaux arrivants, qui permet de créer du lien avec les nouveaux habitants… Et je salue l’action de Fanny Soufflet sur le sujet… De façon générale, je salue toutes les fêtes organisées de ci de là, par la mairie ou par les associations de Saint-Cergues, qui font qu’ici la vie est riche, qui font qu’ici, nous ne sommes pas dans une cité dortoir…

Bon on pourrait tout de même brièvement parler de la rénovation complète de notre déchetterie, en cours, ainsi que de la route qui y mène, entièrement financé par notre agglomération et qui permettra d’offrir un service de grande qualité, beaucoup plus moderne et confortable. Les travaux devraient prendre fin en avril ce qui vous permettra à toutes et à tous de reprendre vos habitudes.

Et puis j’aimerais terminer ce chapitre par une excellente nouvelle : Vous savez tous quelles difficultés nous avons rencontrés pour trouver un remplaçant au docteur SONNET. Trois médecins se sont succédés, qui n’auront pas, c’est le moins que l’on puisse dire, laisser un souvenir impérissable en nos esprits. Entre charlatanisme et demandes ésotériques, nous avons été particulièrement échaudés.

Nous avons néanmoins continué à chercher sans relâche, mais en ne cédant plus cette fois aux demandes injustifiées et excessives du premier venu. Après une discussion de plusieurs mois, qui auront permis à la confiance de s’installer durablement, j’ai le plaisir de vous annoncer que nous avons signé un bail avec le Docteur Julien PIERRON, jeune médecin, la trentaine, qui va commencer son activité au 1er mars prochain.

Afin de permettre à ce jeune médecin visiblement passionné et travailleur de commencer dans les meilleures conditions, nous lui avons consenti la gratuité des locaux pendant une année. En espérant qu’il est là pour longtemps, qu’il trouvera ici son bonheur et que surtout vous pourrez désormais accéder plus facilement à la médecine générale.

Si ici les choses semblent se régler, nous n’en restons pas moins en grande tension sur le territoire, ou près du tiers des généralistes vont partir en retraite dans les 5 ans, ce qui est extrêmement préoccupant.

Voilà chers amis les quelques mots que je souhaitais vous dire, en espérant ne pas vous avoir ennuyé. Je pourrai passer des heures à raconter ce qu’est la vie d’élus, ce que sont les choix que nous faisons, ce que sont nos passions, nos désirs pour la suite, nos combats, nos frustrations aussi, mais ce soir, faisons la part belle à la convivialité plutôt.

Il me reste à remercier tous ceux dont je suis l’humble porte-parole ce soir, l’ensemble de mes collègues du conseil municipal, qui au quotidien donnent le meilleur pour le bien de tous. Je le dis chaque année et je le dis encore : un maire n’est rien sans son équipe, et je veux vraiment la remercier cette équipe, qui depuis des années à présent s’investit sans compter. Et je vous remercie de les applaudir.

Cela peut paraitre un exercice de style bien convenu, mais je suis sincère. Je ne pourrai pas être à ce point engagé dans notre mairie, dans notre agglomération et dans le Grand Genève si je n’avais pas ici une équipe solide et soudée sur laquelle je puisse totalement compter.

Je veux remercier une fois encore les services municipaux, l’ensemble du personnel communal à travers notre directrice générale des services, Stéphanie Bonnet Besson. Personnel communal qui fait tourner cette petite entreprise qu’est la mairie, avec beaucoup de dévouement et qui au quotidien nous appuie dans notre rôle d’élus. Merci de les applaudir également.

Nous grandissons, nous nous développons, et il faut dire qu’en quelques années, la commune a beaucoup évolué. Elle a la chance d’appartenir à un territoire où il fait bon vivre, où l’on souffre moins qu’ailleurs, où la nature est encore préservée tout en bénéficiant de la proximité de Genève et d’Annemasse qui offrent tout ce que peut offrir une ville.

Si je devais faire un vœu pour 2017, ce serait celui-là : au vu de ce qui se passe ailleurs, dans le monde, en Europe et même en France, sachons reconnaître notre chance. Sachons apprécier ce qui nous est donné, sachons reconnaître que nous sommes un peu gâtés quand même.

Je vous souhaite donc à toutes et à tous, une excellente année 2017.

En 2017 soyez lucides mais sereins, et pleins d’espoir aussi.

Merci à tous.

 

 

 

12/11/2016

discours du 11 novembre 2016

   

Mesdames et Messieurs les élus

Monsieur le Curé,

Mesdames et Messieurs les anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les victimes de toutes les guerres et leurs portes drapeaux,

Mesdames et messieurs les membres du conseil municipal,

Mesdames et Messieurs les professeurs des écoles,

Mesdames et Messieurs les représentants de la gendarmerie et de la police municipale,

Mesdames et Messieurs les responsables d’association,

Mesdames et Messieurs,

Chers enfants, chers amis,

Merci infiniment à tous d’être là.

La commémoration de la première guerre mondiale résonne toujours d’une intensité particulière dans nos cœurs. Par son intensité, par sa violence effrénée, par sa dimension globale, sa cruauté, par l’irruption de technologies meurtrières sur les champs de bataille, elle est devenue le symbole de l’absurdité de toutes les guerres.

En tête nous avons ces images bouleversantes de nos poilus, chancelant, en guenilles, mal rasés, maigres et sous équipés, parmi les tombereaux de poussières, de cadavres et d’acier.

A la onzième heure du onzième jour du onzième mois de l’année, nous avons coutume de nous rappeler l’horreur que connurent les combattants du monde entier dans les tranchées, sous le feu, dans le gaz et la boue.

C’est un moment privilégié pour notre nation que de pouvoir l’espace d’un instant au moins comprendre quelle horreur certains ont traversé, et surtout pourquoi ils l’ont traversé. Quel épouvantable sacrifice, abandonné sur l’autel des nations, aura été ce meurtrier conflit. Meurtrier conflit dont tout le monde espérait qu’il fut le dernier de la sorte, et dont l’histoire hélas prouva qu’il ne l’était pas, loin s’en faut.

Car deux décennies après cette période seulement un deuxième conflit plus grand encore dévasta le monde.

Aux origines des guerres, aux origines du meurtre, il y a toujours la haine. Et aux origines de la haine, il y a toujours la peur et la colère.

Cette peur qui pousse au repli. Qui pousse à l’indifférence coupable, à l’égoïsme. Cette colère qui désigne les boucs émissaires, qui stigmatise d’éternels faibles ou de présumés puissants, qui aveuglément cherche à punir quelqu’un ou quelque chose pour les maux qu’on ne parvient pas à résoudre ou à expliquer.

Cette peur et cette colère qui sont le combustible, attisé par des irresponsables qui veulent incendier le monde, à défaut de tenter pacifiquement de le changer.

Aux origines des guerres, le repli. Sur soi, sur sa nation. Le nationalisme.

Le monde d’aujourd’hui est un terreau fertile à cette peur et à cette colère.

Perdus par les excès de la mondialisation, les laissés pour compte de la croissance qui ne profite plus qu’à une arrogante minorité sont tentés, dans le monde entier, de croire aux sirènes de faux jeunes loups qui sortent du bois dans lequel ils avaient été confinés par des décennies de bien-pensance, elle aussi puissamment coupable.

Bien pensance coupable d’avoir mis la tête dans le sable, de n’avoir pas voulu nommer quels terribles malaises agitent actuellement nos sociétés, et d’avoir laissés ces questions aux fauves.

Bien pensance coupable d’avoir défendu les systèmes quoi qu’injustes avant leurs peuples, de ne pas avoir voulu entendre leur détresse et leur désarroi.

Et aujourd’hui, nous sommes en train de faire les frais de cet aveuglement de nos classes dirigeantes, d’avoir laissé les outrances d’une économie sans règle casser des millions d’êtres humains, d’avoir mis en concurrence des pauvres d’ici avec des pauvres d’ailleurs, en leur expliquant que c’était merveilleux, d’avoir tué l’espoir, d’avoir cédé aux communautarismes pour acheter la paix sociale, d’avoir baissé notre pantalon, abandonnant des principes essentiels de nos sociétés dites modernes et démocratiques, alors que nous avons les outils pour défendre nos idéaux.

Bien pensance coupable d’avoir fait se confondre gauche et droite, bien pensance coupable d’avoir confisqué tout vrai choix aux électeurs, et qui aujourd’hui réalise sa faute. Et qui feint de s’étonner que les votes extrêmes montent en flèche.

Bien pensance qui n’ayant pu étouffer le monstre est en train de le déchaîner.

Les nationalismes progressent partout. Nous entrons dans une époque extrêmement dangereuse, et il ne faudra pas s’y tromper.

On ne vote plus pour donner des avertissements, pour se griser d’avoir pu faire trembler au premier tour quelques puissants depuis trop longtemps installés. Le vote est une arme. Et de plus en plus, on entend hurler les sirènes qui préfèrent le chaos plutôt que de continuer ainsi. Après nous le déluge en quelque sorte.

Un populiste à l’agressivité sans précédent a été élu aux Etats-Unis, le Royaume-Uni a quitté l’Europe, le nationalisme gagne du terrain partout en Europe et ailleurs, les esprits se radicalisent.

Autant de signaux qui vont décomplexer ceux que des décennies de politiquement correct ont difficilement muselés, et qui sont de fait surexcités.

Autant de signaux qui vont donner une prime à l’inexpérience, au simplisme, à la caricature, à l’outrance. Autant de signaux qui font que les modérés sont devenus inaudibles, parce qu’il est bien tard. L’intelligence et l’exigence ne pèseront pas lourd face au premier venu qui annoncera de la façon la plus violente la plus primaire des solutions.

 

Les gens sont fatigués et las d’un monde qu’il ne semble plus possible de changer. Et les loups se repaissent de cette fatigue.

A ce devoir de faire son examen de conscience, auxquels manquent à peu près l’ensemble de nos élites, à ce courage absent depuis des décennies, répondra si nous ne réagissons pas immédiatement : le pire. Le pire c’est ce que nous avons hélas toujours connu. Le pire c’est la guerre.

En ce jour particulier où nos nations commémorent la paix, n’oublions pas, dans le confort de nos petites vies, que la paix n’est qu’une fragile période de répit entre deux guerres.

Et qu’il appartient à chacun d’entre nous de mesurer comment on se sert de cette arme qui s’appelle le bulletin de vote et quelles en sont les conséquences potentielles.

Je voudrais terminer par cette citation de tobias Stone, un historien américain :

«Et puis, après la Guerre qui devait mettre fin à toutes les Guerres, nous en avons eu une autre. Encore une fois, pour un historien, c’était très prévisible. Poussez les gens à croire qu’ils ont perdu le contrôle de leur pays et de leur destin, ils vont chercher un bouc émissaire, puis un leader charismatique va s’approprier cet état d’esprit du peuple et désigner la forme que prendra ce bouc émissaire. Il va tenir des discours très généraux et cultiver la colère et la haine. Bientôt, les masses commenceront à agir comme un seul homme, sans qu’aucune logique ne conduise leurs actions, et plus rien ne pourra être arrêté.»

Merci à tous

 

02/08/2016

Discours fête nationale suisse du 1er août 2016 à ANIERES

Monsieur le Maire et Député du grand Conseil, Cher Antoine,

Monsieur le sénateur, cher Loïc,

Madame le consul de France,

Madame le sautier du Grand Conseil,

Mesdames et messieurs les adjoints,

Mesdames et messieurs les membres du conseil municipal,

Mesdames et messieurs chers habitants d’Anières et des environs,

Je veux vous dire en premier lieu quel honneur je ressens, à venir m’exprimer ici en ce jour si particulier pour vous, pour votre pays, qu’est la fête du 1er août.

Je veux adresser mes remerciements les plus sincères à votre maire, Antoine BARDE, qui me fait ce privilège, un privilège qui me va droit au cœur car en ces temps où la coopération transfrontalière n’est pas toujours l’expression d’un fleuve tranquille, Il était audacieux de sa part pour ne pas dire presque un peu fou, d’inviter un maire français à prononcer un discours dans un moment d’unité nationale tel que celui-ci. J’y vois un merveilleux symbole d’amitié et de fraternité entre nos habitants, entre nos communes, entre nous tous.

C’est un immense plaisir pour moi d’être là face à vous, dans cette magnifique commune et je vous remercie déjà d’endurer avec bienveillance les quelques mots forcément trop franchouillards que je vais vous servir pour l’occasion.

Je suis avant tout un élu de la région, un élu local, et c’est dans un moment comme celui-là que mon engagement prend tout son sens. Car les élus des communes suisses et françaises du secteur rencontrent la plupart du temps les mêmes difficultés, les mêmes problématiques : problème de mobilité, de bouchons, de logement, de protection de nos zones agricoles et naturelles, toute une série de défis communs que nous ne pouvons relever qu’ensemble.  Il est donc très heureux que nous sachions partager, échanger, nous rassembler au-delà des réunions trop souvent techniques pour créer ce lien qui fait le ciment du vivre ensemble. Car dans le fond, qu'on vive à Anières ou à Saint-Cergues, on travaille pour le destin d'une même communauté de vie.

Ce n’est qu’ensemble en effet que nous pourrons tenter de corriger les déséquilibres qui affectent cette région, ce n’est qu’ensemble que nous pourrons mener à bien les grands projets indispensables à la qualité de vie, des deux côtés de la frontière, ce n’est qu’ensemble en effet que nous pourrons continuer à vivre et si possible mieux dans ce beau territoire.

Depuis ma plus tendre enfance, en effet, c’est une logique de région qui a supplanté la logique de pays ou d’Etat. J’ai grandi dans le hameau de Moniaz, situé à la frontière entre ma commune, Saint-Cergues et celle de Jussy, passant sans arrêt cette ligne administrative pour aller jouer avec des amis dont personne ne s’inquiétait de savoir s’ils étaient suisses ou français, tant nos hameaux étaient proches, tant la frontière était plus perçue comme un point de rencontre plutôt qu’un point de séparation.

Mon grand-père était douanier, cela a sans doute plus ou moins consciemment influencé mon rapport à la frontière, que je trouve belle, en effet, quand elle n’est non pas un mur mais plutôt une porte, une porte qu’on traverse avec respect, avec désir de connaître l’autre qui se trouve derrière, avec humilité et tolérance pour la culture et les traditions qu’on y découvrira.

Ma femme est genevoise, mes filles sont suisses, ma famille, mes amis aussi, je les vis des deux côtés comme tant d’autres ici, le grand Genève je le vis donc aussi dans mon cœur et de fait, il nous faut perpétrer ce qui a toujours existé, du temps du comté de Genève, qui s’étendait au-delà de ce que l’on appelle aujourd’hui le Grand Genève, du temps des molardiers qui se rassemblaient sur la place qui leur a donné leur nom pour offrir leur travail, du temps des petits paysans venus de Savoie vendre leurs productions en ville. L'histoire a toujours démontré que Genève ne pouvait pas composer sans sa périphérie et que sa périphérie ne pouvait rien sans Genève,  dans ce contexte ou les frontières n’ont cessé de bouger au fil des siècles, preuve s'il en est que nos passés et donc nos futurs sont profondément liés. Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que le canton de Genève compte 100 kilomètres de frontière avec la France et seulement 4 avec la Suisse !

Nous avons une chance infinie dans cette région. Elle est belle, d’abord, tellement belle, ce lac, ces campagnes, ces paysages, ces vignobles aussi bien sûr, elle est dynamique ensuite, emmenée par cette locomotive économique qu’est Genève et qui fait pâlir d’envie bien des régions d’Europe et du monde. Il faut reconnaître cette chance-là, et en tant que maire d’une commune française qui compte près d’un millier de frontaliers, dont la moitié est suisse, je veux dire ici combien nous sommes gâtés de vivre en un lieu où les tourments du monde se font moins virulents qu’ailleurs.

Pour autant la profonde interdépendance qui lie nos territoires et nos habitants ne se limite pas aux seuls échanges économiques.  Genève est un peu aussi la « capitale » de la France voisine...

Par ses lieux culturels, ses lieux de sortie, de divertissement qui permettent au-delà des simples rapports de travail de se forger une identité commune, une conscience d’appartenance à un ensemble plus vaste. C'est d'ailleurs dans cet esprit l'an dernier que nous avons créé une fête de la frontière à Monniaz, 3 communes françaises et 2 communes suisses, pour permettre à nos citoyens de partager autre chose que des regards pensifs, d'une voiture à l'autre dans les bouchons. Ces initiatives se multiplient et c'est un bien pour tous.

Alors cet ensemble plus vaste, vous le savez, c’est le grand Genève. Ce territoire qui réunit le canton de Genève, la région Nyon et la France voisine. Je sais que pour certains c’est un gros mot mais je dérogerais trop à la tradition d'arrogance française si je ne me permettais pas ici en ce lieu et en cette occasion de vous en dire quelques mots. Pour beaucoup, c’est le synonyme de concessions insupportables faites à la France voisine, c’est presque un peu du vol. Et pourtant, le Grand Genève ça n’est rien de cela.

Ça n’est pas une opération humanitaire à destination de ce pays en voie de développement qu’est la France… Ça n’est pas une pompe à fric inventée par ces coquins de « frouses »… Ça n’est pas un délire de technocrates en manque de structures kafkaïennes…

C’est d’abord l’expression d’une politique fédérale, qui veut que toutes les grandes agglomérations suisses organisent leur développement avec leur périphérie, comme cela se fait dans le monde entier, qu’il y ait ou non une frontière qui séparent la ville centre de sa périphérie. C'est la première et la plus évidente de toutes les logiques. Celle qui correspond à la réalité de la vie de centaines de milliers de personnes, qui travaillent dans le centre et qui vivent en périphérie, qu’ils soient suisses ou français.

Cela se fait à Bâle, à Zurich, et donc à Genève. La confédération appuie ces politiques en subventionnant les projets structurants de ces agglomérations.

Depuis quelques années, les élus suisses et français coopèrent beaucoup plus, pensent la région dans son ensemble, avec une logique de bassin de vie plutôt qu’une logique étriquée et forcément partielle de limites communales cantonales ou nationales, avec un souci de transversalité qui seul permet d’avancer.

C’est la bonne échelle pour résoudre les problèmes.

Bien sûr cette construction ne se fait pas sans mal. A Genève comme en France, les populismes vont croissants, surfant sur les peurs qu’inspire la mondialisation, avec la logique des boucs émissaires, déployant les fantasmes de repli... Ces mouvements sont regrettables sans doute mais naturels, il faut composer avec et jamais plus qu’aujourd’hui il faut expliquer les choses, il faut dire ce que l’on fait, faire de la pédagogie.

Cela ne se fait pas sans mal non plus car parfois nos États respectifs ne comprennent pas toujours les logiques qui sont à l’œuvre sur le terrain. Aussi est ce sans réserve que je soutiens la demande de Pierre MAUDET concernant la transmission par la France des informations sur les profils des employés français travaillant à l'aéroport de COINTRIN. S’il est un domaine en effet où la coopération ne doit souffrir d’aucune retenue, c’est bien celui de la sécurité.

Oui, cela ne se fait pas sans mal et je veux saluer en cette année la magnifique explication de texte de François Longchamp Président du Conseil d’Etat et Président du grand Genève s’agissant des fameux fonds frontaliers. Il a démontré clairement que ces fonds étaient une chance pour Genève et pour la France voisine, que si ici nous fonctionnions comme dans le canton de Vaud par exemple, Genève ne garderait qu’un peu moins de la moitié de ce qu’elle touche aujourd’hui au titre de l’impôt prélevé sur les frontaliers. Quant à la France voisine, elle ne toucherait rien, c’est Bercy qui encaisserait les sommes dont personne ne verrait les fruits, en termes d’investissement, localement. Votre Président a donc défendu avec ardeur ce système véritablement gagnant-gagnant et qui est lui aussi une chance pour notre région.

La France voisine développe actuellement des infrastructures de transport adaptées, elle paie largement sa part et la finance d’ailleurs seule, et cela n’est pas simple, depuis les votations sur les P+R de 2014. Le Léman Express en sera la colonne vertébrale sur la partie française, qui irriguera en étoile depuis Annemasse toute la Haute-Savoie, et autour, viendront se greffer des lignes de bus rapides, des lignes de tram, des parkings relais qui permettront vraiment d’améliorer la mobilité dans la région. Je crois que l’efficacité de ces équipements qui seront opérationnels en 2019 vaudra mieux que tous les discours.

Et on constatera en effet que moins de  trafic dans nos villages, dans nos villes, françaises ou suisses, ce sera une avancée notable pour cette région et la qualité de son air qui a mis du temps à s’organiser mais qui va y arriver, qui mérite en tout cas le meilleur.

Le temps viendra ou le bien-fondé de tout cela éclatera d’évidence, au-delà des invectives du moment, au-delà des inquiétudes et des doutes. 

C’est dans le cadre des instances du Grand Genève, d’ailleurs, que j’ai eu le plaisir de rencontrer votre maire, Antoine Barde. Il était alors Président du Grand Conseil et avec son homologue vaudoise Roxane Meyer Keller nous nous sommes réunis pour organiser prochainement ce que l’on appelle les assises transfrontalières des élus. Une sorte d’assemblée dédiée aux échanges, dédiée au dialogue et à la coopération franco-suisse. Une complicité est immédiatement née entre nous.

Peut-être déjà parce que nous avions approximativement le même âge, certes la jeunesse n'est pas en soi une vertu, mais il faut dire qu'elle n'est pas, loin s'en faut, surreprésentée dans nos classes politiques réciproques, alors forcément, cela crée quelque chose… Et puis sûrement aussi parce que nous étions fatigués de ces séances quelques fois trop techniques, trop sérieuses qui nous font passer à côté de l’essentiel : la convivialité, les vraies occasions d’échanger, de se découvrir, de comprendre les problèmes des uns et des autres, de comprendre les façons que nous avons de les appréhender et qui permettent souvent, à condition d’y consacrer le temps nécessaire de faire plus avancer les choses, parce qu’on se sera parler vraiment.

Bref, l'histoire de notre région est belle, elle nous est commune, et nous avons besoin les uns des autres pour faire en sorte qu'elle le soit toujours. C'est la somme cumulée des avantages offerts par la partie suisse et par la partie française de cette région qui en fait sa force. Et le Grand Genève dans le fond, c’est veiller à en organiser le développement de façon plus harmonieuse.

C'est le sens profond de ce que je veux vous dire ce soir : il n'y a pas d'avenir sans cela.

Mais j'ai beaucoup parlé de la région, et trop peu de ce qui nous réunit ce soir, c'est à dire votre pays, votre nation, dont nous fêtons les 725 ans ce soir du pacte qui l’a fondé.

La Suisse est un pays que j’admire à plus d’un titre, d’abord pour sa beauté.

Bien entendu je pense au bassin lémanique, mas aussi je pense au Valais, ce paradis encore sauvage et préservé habité par des gens entiers dont le caractère est plein de roches et de soleil, je pense aux merveilles du TESSIN, ces lacs somptueux dans lesquels s’effondrent d’abruptes et verdoyantes montagnes, je pense à Zurich, Bâle, ces villes à taille humaine et agréables, j’ai traversé les Grisons, la suisse allemande, et j’ai été émerveillé par la pureté de ces paysages, par la diversité des cultures, des langues, et j’ai apprécié le lien qui réunissait tous ces êtres si différents qui se sont fédérés, au-delà de leurs particularités, derrière un même drapeau.

C’est un petit miracle, ce pays, qui a su faire se souder des peuples si divers.

 

J’admire le peuple suisse. J’admire sa capacité à prendre des décisions courageuses, à voter des objets délicats, à affirmer sa volonté, quels que soient les enjeux. Sa capacité à aller à contre-courant parfois de l’air du temps…

J’admire cette force qui vous a permis sans doute de mieux protéger vos spécificités qu’ailleurs. Cet amour de votre terroir, de vos produits fermiers, de vos vins, de vos industries, de ce goût pour la qualité et l’excellence.

Et puis il y a une forme de simplicité dans l’échange, de joie simple et essentielle qui accompagne sans le contredire un appétit farouche pour le travail, pour l’effort.

J’aime vos auberges communales, vos bistrots de village, vos campagnes préservées où il me semble que quelque chose à mieux survécu qu’ailleurs.

Cet amour de ce que vous êtes, défendez-le. Car seul un peuple qui s’aime, qui croit en lui peut avoir de l’avenir.

Quand je vois la ferveur ici que génère votre fête nationale, quand je vois tous ces drapeaux fleurir, toute cette joie, toute naturelle, spontanée et authentique, je suis admiratif. Manifester de l’amour pour son pays, exprimer sa fierté d’appartenir à une nation. C’est beau et émouvant et je souhaite à tous les peuples de la terre de pouvoir éprouver ce noble sentiment.

En face de cela, je vous avoue que le français que je suis vous regarde avec envie, tant la France traverse, en ces heures, un moment fort difficile de son histoire. Et je veux profiter de cette occasion pour vous dire combien nous avons été touchés, lorsque votre jet d’eau s’est paré des couleurs de la France. Merci pour ce geste.

Ce soir est un  temps particulier où vous vous retournez sur la patrie, c’est un temps de communion où la nation toute entière interroge ses valeurs, et, forte de son passé, se projette dans l’avenir.

Je veux donc vous souhaiter une très belle fête nationale et surtout souhaiter une longue vie à votre « Grand » petit pays.

Vive la Suisse,

 Vive la France,

et Vive notre belle région.

Merci à tous

 

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