Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

02/03/2012

François Bayrou : Trop beau pour nous ?

   

bayrou.jpgFrançois Bayrou, selon un récent sondage du CSA pour les échos en date du 1er mars dernier culmine dans les sondages qualitatifs, c'est à dire ceux qui répondent à la question : Quelle est votre personnalité politique préférée. 58 % d'opinions favorables ! Cela le place en tête de tous les autres candidats à la Présidentielle.

Pourtant, en terme d'intention de vote, il "plafonne", soit disant, entre 10 à 14 %, nous ressassent les grands médias.

Il y a là un paradoxe pour le moins étonnant. Les français l'apprécient et le jugent pleinement capable d'accomplir sa mission, mais en même temps, ils n'osent pas sortir du bipartisme traditionnel, comme si c'était faire entorse à notre système pourtant grandement éculé, comme si c'était insulter notre vie politique, comme si c'était trahir toute la Cinquième.

Le confort de l'échec (c'est à dire cette consternante facilité qu'on éprouve parfois à faire perdurer les situations pénibles, parce que changer bouleverserait trop les choses), conduit une grande partie de nos compatriotes à opter pour les candidats PS et UMP, patentés et authentifiés du sceau de la crédibilité par les mass media, quand bien même leur coeur et leur raison les pousseraient en direction du candidat MODEM.

Au delà de la peur du changement, c'est presque un syndrôme de Stockholm que vivent nos concitoyens, toujours prêts à râler, à critiquer, à hurler des "y'en a marre", des "c'est la dernière fois que je me fais avoir", et pourtant toujours prêts à repartir avec ceux là mêmes qu'ils conchiaient quelques temps auparavant. Il faut croire qu'il existe une certaine dose de masochisme en nous, une certaine dose de lâcheté qui fait que lorsqu'on est le plus près d'un véritable changement, on opte en dernier ressort pour ce qui finalement reproduit indéfiniment les mêmes abberations et les mêmes résultats. On se grise de "tout est possible", ça fait du bien, un instant, et puis pschitt, tout rentre dans le rang et on repart pour un cycle.

De fait on adore Bayrou, on adore son éthique, ses prises de position, sa probité, son indépendance, son dégoût du Bling Bling et de l'argent, on aime ce chevalier blanc, tempéré, mesuré, qui ne fait pas de populisme, de démagogie, et pourtant, à la fin... on vote traditionnel, on vote PS ou UMP.

Si on ose une comparaison forcément malhabile, c'est un peu comme une femme battue qui ne se résoud pas à quitter son bourreau. Ce peuple se prend des claques depuis trente ans et pourtant, se remarie tous les cinq ans avec les mêmes.

Bayrou, dans le fond, est un vrai révolutionnaire. Et la révolution, ça fait peur. Parce qu'il casse la logique du système, que pourtant tout le monde dénonce, vitupère et finalement... entretient. Parce que si Bayrou est élu, et s'il met en place ses mesures, il n'y aura plus de quoi nourrir les indignations faciles de commentateurs cyniques, parce que ce match perpétuel entre la gauche et la droite aura pris fin, et la soif de sang et de spectacle inextinguible de nos concitoyens n'aura plus de quoi s'étancher.

"Bayrou c'est de la confiture donné aux cochons", me disait quelqu'un l'autre jour, c'est trop "vertueux", trop "intelligent", trop "mature"...

Rien n'est trop beau pour la France, pourtant !

 

Les commentaires sont fermés.