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06/03/2012

Saint Cergues en Une du grand quotidien romand "LE TEMPS"

 

FRANCE VOISINE Mardi 6 mars 2012

Des maires français tentent de freiner l’explosion des logements


Christian Lecomte


Articledu temps ok.jpgLa faible production de logements à Genève alarme les élus de Haute-Savoie. Ils veulent limiter les zones à bâtir.
Lorsque Gabriel Doublet, maire de Saint-Cergues en Haute-Savoie (à 30 km de Genève), a pris connaissance des derniers chiffres du logement à Genève, il a été ébahi. «1020 logements neufs ont été mis sur le marché en 2011 pour 450 000 habitants alors que ma commune de 3200 âmes en a construit 200 la même année, la situation devient grotesque!» déplore le jeune élu, rencontré dans sa mairie. Il poursuit: «Jussy, en Suisse, tout près de chez nous, a construit un immeuble en quinze ans! Se plaindre ne suffit plus, il faut agir tant ces déséquilibres deviennent insupportables pour nos villes et campagnes.»
Saint-Cergues vient de faire ce qu’aucune commune de la région n’avait encore osé: quatre hectares de zone constructible sont passés en terrain agricole pour préserver l’environnement. «Les Genevois ont ouvert une sorte de corridor biologique autour de leur ville, zone sanctuarisée et protégée à outrance, pourquoi ne pas les imiter? Notre campagne ne vaut pas moins que la leur», juge l’édile.
L’exaspération s’étend à d’autres territoires. A Prévessin-Moens, dans le Pays de Gex, ce sont 50 hectares qui pourraient être rendus à la terre. Le maire, Jean-Paul Laurenson, déclare: «Nous avons réalisé mille logements en cinq ans, et il n’est plus question d’accepter tout, il faut savoir dire stop.» Dans la commune de Vers, près de Valleiry (Haute-Savoie), le maire, Raymond Villet, milite lui aussi pour un retour à la nature et s’emporte «contre Genève qui appuie complètement son développement économique sur la France et pèse sur les communes frontalières».
L’élu en colère a décidé de s’opposer au vote de la seconde version du projet d’agglomération franco-valdo-genevoise prévu en juin prochain. Par ailleurs, le Conseil général de l’Ain, consulté pour la première fois par la Suisse, vient d’émettre un avis défavorable au Plan directeur cantonal genevois. «L’engagement pris par Genève dans le cadre du projet d’agglomération de construire 2500 logements par an n’a pas été respecté», justifie Denis Perron, le vice-président.


Retour à Saint-Cergues, qui a reçu en 2011 à Paris le Sceptre d’or, récompense remise à une commune qui soigne particulièrement son site. «Nous sommes allés voir à Lausanne comment les moutons ont remplacé les tondeuses et nous avons importé cette technique», dit Gabriel Doublet. «Que l’on soit clair, tempère-t-il, les Suisses restent les bienvenus, nous en recensons 450 parmi les 800 frontaliers de la commune, très bien intégrés à la vie locale. Et nous comprenons ces classes moyennes genevoises contraintes à l’exil, mais les impacts sont terribles sur nos villages périphériques, nos prix de l’immobilier gonflent de façon démesurée, le mitage abîme le paysage et le trafic pendulaire enfle.»
Face à la mairie, le constructeur Bouygues achève la construction d’un lot d’appartements acquis d’ores et déjà de moitié par des Suisses. Le 30% social aide les moins aisés, pour le reste les loyers tournent autour de 600 euros le studio, le double pour un trois-pièces. «Un salaire français», dit Ga­briel Doublet. Ce qui condamne certains «autochtones» à émigrer eux aussi, parfois jusqu’au sud d’Annecy, et à ainsi générer encore plus de déplacements en voiture. «Genève ne changera pas la donne, martèle le maire, c’est donc à nous de prendre les choses en main en limitant nos potentiels de constructibilité.»
Si ces élus évoquent avant tout l’irresponsabilité des autorités genevoises et des partis politiques, ils dénoncent également un aveuglement de décideurs français «qui ne pensent qu’aux profits à court terme». «Pourquoi Genève ferait-elle des efforts, puisqu’en France tout semble permis et que les vannes sont ouvertes sans discernement?» demande Gabriel Doublet.


En cause, les fameux Plans locaux d’urbanisme jugés très permissifs. Des maires de communes françaises fermeraient les yeux sur un bétonnage intensif aux retombées financières généreuses et céderaient un peu trop facilement à la pression des promoteurs. Denis Perron, le vice-président du Conseil général de l’Ain, précise: «Dans le Pays de Gex, l’inverse est constaté par rapport à Genève, on est allé bien au-delà des engagements avec plus de 3000 logements conçus en un an. Ce rythme est bien trop élevé et menace sérieusement un développement harmonieux de la région.» Il enchaîne: «Un SCOT (Schéma de cohérence territorial, l’équivalent du Plan directeur cantonal, ndlr) désormais beaucoup plus contraignant va limiter cette course effrénée à la construction.»

Si Genève ne dispose plus des facilités françaises, elle devra trouver des solutions sur son territoire, espèrent les élus. Antoine Veilliard, conseiller général de Haute-Savoie, acteur politique très actif de part et d’autre de la frontière, résume: «Pendant dix ans, nous nous sommes réunis trois fois par semaine avec les élus genevois, et nous n’avons rien obtenu. J’ai compris qu’ils étaient des suiveurs et non des leaders. J’ai changé de stratégie en essayant de convaincre les Genevois eux-mêmes par le biais de blogs, sans réussite là non plus. Il faut peut-être aujourd’hui aller vers la confrontation, suspendre pourquoi pas des accords de coopération et prévoir des pénalités dissuasives.» Et de conclure, amer: «Notre projet commun est en train de se transformer en désagglomération.»

Commentaires

Je desirais de vous remercier pour pour ce magnifique site internet!!
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Écrit par : jeux de football | 20/08/2013

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