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19/04/2012

Soutien aux agriculteurs de l'Agglo... NON a la bétonisation !

non à la bétonnisation.jpgMardi 17 avril dernier, des agriculteurs de Haute-Savoie, répondant à l'appel lancé par la confédération paysanne ont exprimé leur ras-le-bol et leur inquiétude quant à la bétonisation excessive de notre département.

A Annemasse, une partie d'entre eux a symboliquement investi les locaux de la MED (maison de l'économie et de développement) considérée comme responsable en partie de cette disparition d'hectares arables au profit de zones industrielles ou commerciales.

Les chiffres en effet font peur, selon le Dauphiné Libéré, c'est l'équivalent de 590 stades de football soit 420 hectares, chaque année, qui se construisent, amputant d'autant les terres agricoles déjà bien fragilisées par un mitage excessif qui sévit depuis des décennies dans ce département qui a du mal à structurer et à maîtriser son développement.

Sur le territoire d'Annemasse Agglo, il ne reste plus que 10 % de terres agricoles... Le constat est terrible, d'autant qu'à plus grande échelle, c'est 900 000 habitants que la région attend, à terme, dans le cadre de l'agglomération transfrontalière (Franco-valdo-genevois). Pour nourrir ce presque million d'habitants, il faudrait idéalement 2000 m2 de surface cultivable par habitant. Or aujourd'hui, les agriculteurs ne disposent déjà plus que de 600 m2 par habitant... 

Alors qui sont les responsables, les décideurs en la matière ?

Le zonage des terrains est l'affaire des municipalités, qui élaborent des plans locaux d'urbanisme (PLU) qui traduisent leur volonté politique. Car effectivement l'affaire est hautement politique. Ces PLU se doivent de respecter des Schémas de Cohérence Territoriale (SCOT), dont le rôle est de mettre en cohérence les PLU des communes d'un territoire donné, en ayant une vision plus globale et à plus long terme pour l'avenir et le développement de la région concernée.

Je crois pouvoir dire aujourd'hui que le SCOT d'Annemasse Agglo a pris la mesure de ces problématiques, sans que cela ne soit à mon sens suffisant, en essayant de limiter la constructibilité dans les zones encore rurales. Mais ces prescriptions ne sont pas toujours entendues par les communes qui n'ont pas toutes la même approche du SCOT. AUtrement dit, certaines le revendiquent, c'est le cas de Saint-Cergues, qui a récemment déclassé 4 hectares de terrain constructibles en agricole. ( voir l'article : pourquoi Saint-Cergues déclasse des terrains constructibles en Agricole) D'autres communes en revanche considèrent le SCOT comme une simple déclaration d'intention qui ne serait pas contraignante, et continuent à se développer sans discernement.

D'autant que le problème posé ne se limite pas à la disparition de surfaces agricoles, c'est aussi et bien sûr un accroissement démographique colossal qui implique de mettre en adéquation sans cesse les services publics et les besoins des nouveaux arrivants, c'est la multiplication des déplacements, entraînant les bouchons importants qui paralysent de plus en plus notre agglomération.

Car on en revient toujours au même problème : Le fait que cette région attire énormément, le fait que Genève construit trop peu de logements et contraint ses propres ressortissants à venir habiter chez nous massivement. (Articles du temps du 6 mars dernier sur le sujet, de la tribune de Genève, émission d'Europe 1, article du Messager).

Dire "non à la bétonisation" comme le clament les agriculteurs est une question fondamentale dans notre région, et à laquelle nous devons répondre en tant qu'élus. Car ce sont les municipalités qui effectivement décident, et trop souvent, cédant aux pressions de propriétaires terriens qui n'ont que faire des problèmes d'aménagement du territoire (et on les comprend, d'une certaine façon, vu le magot que représente des mètres carrés constructibles dans cette agglo) continuent de construire toujours plus.

La décision prise à Saint-Cergues ne se fait pas sans mal. Si pour deux hectares, la chose s'est faite par la négociation, pour deux autres, en revanche, nous subissons plusieurs recours devant les tribunaux. Il faut se battre pour mener à bien ces politiques de protection de notre cadre de vie. Il est plus simple de dire oui à tout, aux propriétaires, aux promoteurs... Il est difficile de faire comprendre qu'à présent nous ne nous développerons plus qu'en densifiant les zones déjà construites, en centralité, épargnant d'autant les espaces naturels et agricoles. Je salue donc au passage le courage et la détermination de mes collègues élus, à Saint-Cergues...

Certains maires de communes rurales pensent qu'avoir plus d'habitants c'est avoir plus de taxes, donc plus de moyens pour faire vivre leur commune. C'est une erreur ! Car en ouvrant les vannes de la sorte, ils seront condamnés à tenter sans cesse de rattrapper en termes de service public l'accroissement exponentiel de leur population ! C'est un cercle vicieux sans fin. Il faut dire STOP et considérer que nous devons impérativement protéger ce territoire magnifique qui malheureusement par endroit se transforme déjà en banlieue américaine, se minéralise à outrance et s'urbanise d'une façon sinistre.

La MED bien sûr n'est pas responsable en tant que telle, quoi qu'en disent les agriculteurs. C'est surtout le logement, plus que le développement économique qui met en péril la région ! Et derrière la MED et les PLU, ce sont les élus locaux qui décident !

A part quelques uns, comme Antoine Vieillard, conseiller général de Saint-Julien qui se bat depuis des années pour que Genève prenne ses responsabilités en matière de logement (voir son dernier article : un hectare de terre préservée à Genève = 3 hectares de terres agricoles détruites en France voisine)  et la commune de Saint-Cergues, qui a été la première à rendre à l'agriculture des zones qu'on voulait auparavant bâtir, j'ai l'impression que nous sommes bien seuls, encore, à essayer de faire bouger les lignes sur ce point, alors que ce problème est un enjeu majeur de la région. toutefois, dans l'Ain, quelques maires commencent aussi à réagir...

Au lieu de penser systématiquement à court terme, il nous faut nous projeter dans des logiques à plus long terme.

Il est urgent de "bétoner" nos PLU pour dire non à la bétonisation excessive, il est urgent de manifester notre solidarité aux paysans de la région !

 

Commentaires

Bonjour

Paysan, membre du comité départementale de la confédération paysanne et organisateur de la manifestation à la MED, je vous remercie pour votre article qui valide notre action.

J'ai créé une page spéciale sur notre site internet, une video est d'ailleurs disponible..., www.confederationpaysanne74.fr concernant cette journée, je souhaiterai mettre en lien votre article, est-ce possible ?

En espérant que de plus en plus d'élus prennent conscience pour notre futur à tous de l'enjeu de la conservation des terres agricoles , cordialement

Écrit par : Jérôme Dethes | 23/04/2012

Bonjour Monsieur Dethes et merci pour votre commentaire.
Vous pouvez bien sûr faire un lien sur cet article.

Bien cordialement,

Gabriel Doublet

Écrit par : Gabriel Doublet | 25/04/2012

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