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09/05/2012

Discours du 8 mai 2012, 67 ème anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie

 

Bonjour et bienvenue à toutes et à tous,

(Eventuelles autorités...)

Mesdames et messieurs les responsables et membres des associations d’anciens combattants et leurs porte drapeaux, 

Mesdames et Messieurs les membres du Conseil Municipal,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis,

Je salue votre présence, tellement importante en ces jours du souvenir. En honorant la mémoire de ceux qui ont combattu pour la France, vous faîtes pleinement votre devoir de citoyen, de citoyen qui sait ce qu’a coûté la liberté dont il jouit aujourd’hui.

Nous sommes réunis en effet pour célébrer le 67ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945, pour commémorer la fin d’un conflit dont l’horreur a dépassé l’imagination et pour rendre hommage à ceux qui dans cet océan de ténèbres se sont levés pour défendre la liberté au péril de leurs vies.

 

Il y a 67 ans, l’Allemagne nazie capitulait enfin, après une guerre dont l’ampleur a été sans précédents. Sans précédent par le nombre de victimes, qui atteint le chiffre inconcevable de 55 millions d’êtres humains. Sans précédent par l’importance des destructions matérielles, laissant une Europe, un continent tout entier, en ruine. Sans précédent par les abominations qui ont été infligées aux populations civiles. Sans précédent par le niveau de barbarie atteint, qui a fondé l’extermination de millions d’hommes et de femmes, sur le seul et ignoble prétexte qu’ils étaient différents.

L’an dernier, je vous avais dit qu’avec la section des anciens combattants de Saint-Cergues, nous allions nous rendre au camp de concentration d’Auschwitz, lieu emblématique de toutes les horreurs, lieu qui symbolise et résume au-delà de tout ce qu’a été l’abominable régime nazi.

Ce voyage nous l’avons fait et je dois dire que chacun d’entre nous en a gardé un sentiment effroyable au fond de lui. Là-bas, au cœur de l’Europe, en Pologne, en pleine campagne, une véritable industrie de la mort s’est constituée : plus d’un millions d’êtres humains, de juifs, de polonais, de tsiganes, de prisonniers de guerre de toutes nationalités ont vécu l’horreur absolue. Celle-là même qui transformes les hommes et les femmes en numéro, en bêtes traquées, aux silhouettes décharnées, accablées de fatigues et de souffrances.

Ce qui est le plus saisissant à Auschwitz, c’est la minutie de l’organisation inventée par les SS pour exterminer de la façon la plus implacable, de la façon la plus industrielle, des centaines de milliers de vies. Jamais le génie humain, jamais la technologie n’auront été autant plus dévoyés, plus détournés qu’à Auschwitz.

C’est toute une civilisation qui est morte là-bas, ce sont toutes nos valeurs judéo-chrétiennes, humanistes, qui se sont arrêtées devant la porte des chambres à gaz.

Des baraquements insalubres dans lesquels on s’entassait, au milieu des latrines. Des heures de travail forcé, inutile, meurtrier. Des brimades épouvantables, d’un sadisme inégalé, pour détruire lentement les âmes. Le meurtre en série des affamés, des enfants, des vieillards, de tous ceux dont la condition ne permettait pas la mise en esclavage.

L’épouvantable méthode par laquelle on trie les êtres humains comme du bétail, à gauche on survit, à droite on meurt, immédiatement, en descendant du train.

L’épouvantable méthode par laquelle les condamnés à mort sont dépouillés de leurs derniers biens, de leurs ultimes effets personnels, de leurs dents, de leurs cheveux, où tout ce qu’il leur reste est minutieusement récolté.

Quel sentiment effroyable, lorsque dans l’une des salles du musée on remarque un empilement monstrueux de lunettes, malheureux bouts de ferraille symbolisant l’immensité inconcevable des vies anéanties ici.

On sent le spectre de la mort planer à Auschwitz. La mort est gravée dans les murs, dans chaque recoin du camp, elle est dans l’air.

Ce voyage a été dur, difficile, mais tout à fait essentiel. Il faut voir cette horreur pour essayer de comprendre ce qu’ont vécu ces millions de malheureux.

En ces instants vous me permettrez d’avoir une pensée émue pour Jeanne CILIA, officière de la légion d’honneur, qui a été déporté à Buchenwald, autre tristement célèbre camp de concentration nazi. Jeanne CILIA assistait avec ferveur à toutes nos commémorations, jusqu’à ce que sa santé la contraigne à vivre en résidence pour personnes âgées. Nous lui avons rendu visite à Annecy avec les anciens combattants, il y a quelques semaines, pour lui remettre la médaille de vermeil de l’union fédérale des anciens combattants, en récompense du temps qu’elle a consacré aux jeunes générations, dans les collèges et lycées, à témoigner de l’horreur qu’elle a vécu. Cette femme qui a connu le pire a donné sa vie durant le meilleur pour que ces atrocités ne se reproduisent jamais. Elle est pour nous un exemple et même si elle n’est pas là, physiquement aujourd’hui, nous sommes en pensée avec elle.

Auschwitz est un voyage qui marque profondément. Qui rend palpable l’horreur avec laquelle nous avons des liens abstraits. Car parfois nous oublions que tout cela est arrivé, dans un passé qui n’est pourtant pas si lointain.

Car parfois nous oublions dans le confort de nos vies le sacrifice de celles et ceux qui ont répondu à l’appel du général de Gaulle, par qui un vent d’espoir a soufflé sur une France écrasée, humiliée, sur une France indigne qui signa l’armistice à Rethondes et pactisa avec l’ennemi, mais sur une France, aussi, qui n’attendait qu’un signe pour reprendre le combat. Car oui, ce sont des hommes aussi qui dans ce conflit ont donné le meilleur d’eux-mêmes.

Parfois nous ne nous souvenons pas assez que c’est grâce à l’union des forces françaises libres, des mouvements de résistance intérieurs, de l’armée d’Afrique et avec le concours ô combien précieux des armées alliées, que la France retrouva sa dignité, son honneur perdu. 

Nous sommes assis sur une montagne de sacrifice, ne l’oublions jamais, nous devons la tranquillité de nos existence et l’absence de conflit en Europe au courage de tous ceux qui ont su dire non, de tous ceux qui ont choisi la liberté, la tolérance et l’humanisme.

N’oublions jamais la saveur merveilleuse de la liberté, cette chose désormais si banale, pour laquelle des millions d’êtres humains sont morts. A l’heure où un parti néo-nazi est entré par les urnes au parlement grec, notre vigilance doit être totale. 

Merci à tous

Commentaires

je viens de découvrir votre blog!! super vos pensées. Très bien médité "bravo"

Écrit par : marie | 12/06/2013

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