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24/05/2012

Discours remise du sceptre d 'or du développement durable

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Chers amis,  

Saint-Cergues, qui compte 3200 âmes environ, se situe à la fois en périphérie d’Annemasse, ville centre de notre communauté d’Agglomération et à la fois en périphérie de Genève, qui ne se situe qu’à 18 kilomètres. Cette position stratégique en fait un village particulièrement attractif, très recherché en termes d’habitat.

Clairement identifiée comme « poumon vert » de l’Agglomération par le Schéma de Cohérence Territorial de la région d’Annemasse, la commune de Saint-Cergues a toujours su valoriser son patrimoine naturel, au point de s’être vu attribuée le titre de « station climatique », par un décret du Président de la République datant de 1929. C’est à ce titre, d’ailleurs, que nous avons pu concourir aux sceptres d’or. A cette époque, les citadins étaient nombreux à venir profiter de ce cadre rural, forestier et montagnard, puisque le point culminant de la commune s’élève à plus de 1400m, sur la crête du massif des Voirons. Les pensions de famille accueillaient des myriades de « petits parisiens », des cafés et restaurants agrémentaient le séjour des visiteurs en quête d’authenticité et de « bon air frais », contrastant avec la pollution des villes du début du siècle.

Cet engouement touristique s’est bien entendu étiolé, au fil du temps, les stations de montagne se démocratisant et n’étant plus l’apanage des plus fortunés. Pour autant, le charme qui fait cette commune n’a jamais disparu et celle-ci apparaît comme relativement préservée par rapport à d’autres collectivités du secteur ayant fait le choix d’un développement plus massif.

Au vu de cette histoire, et au vu des enjeux découlant à la fois de sa situation géographique et du contexte économique très dynamique de la région, Saint-Cergues affiche clairement l’ambition de protéger son patrimoine naturel et agricole, sa ruralité, son cadre de verdure, à la manière d’une respiration végétale aux portes d’Annemasse et de Genève. Aussi, outre une valorisation poussée des vieux hameaux, la commune s’est lancée dans une politique environnementale ambitieuse, se voulant exemplaire.

Au-delà d’un certain marketing qui consiste à teinté de vert quelques mesures symboliques portées par l’air du temps, nous affichons clairement la volonté d’expérimenter des pratiques nouvelles, qui battent en brèche les clichés dont on affuble souvent l’écologie. Loin également du radicalisme de certains, nous voulons simplement prouver que des choses simples permettent de mieux respecter notre environnement et de le préserver de façon durable, le tout sans grever des budgets déjà forts contraints, voire même en réalisant de substantielles économies.

Nous essayons donc d’inscrire notre action dans le souci permanent de notre impact sur l’environnement.

Cela passe par les mesures engagées en matière de gestion différenciée des espaces verts, gazons et prairies fleuries, utilisation de moutons pour l’entretien de certaines parcelles que nous n’avons du coup plus besoin de tondre et dieu sait si cette mesure a pu faire sourire à ses débuts, cela passe par l’abandon du recours aux pesticides, par la création et le développement de vergers communaux, et plus récemment par la création d’un rucher municipal, dont le premier miel vient d’être récolté. Cela passe par la préservation de la flore rare ou d’exception, comme les orchidées, pour lesquelles des mesures ont été mises en place. Cela passe enfin par des mesures en faveur de la biodiversité, comme par exemple la fauche tardive des bas-côtés des routes, la création d’un hôtel à abeilles sauvages, non mellifères, la protection des chauves-souris.

Ces mesures pratiques, appliquées au quotidien, sont la déclinaison d’une action globale, s’appliquant à toutes les compétences portées par la commune.

Sans doute notre action la plus forte est celle que nous menons en termes d’habitat et de logement, ces domaines se situant en effet au cœur des problématiques de notre région. Nous affichons l’ambition de remédier à la trop grande permissivité des Plans Locaux d’Urbanisme qui offrent des potentiels de construction excessifs. C’est ainsi que nous avons récemment entériné le déclassement de 2 hectares constructibles en agricole paysager car situé sur une des dernières trames vertes du village et que par la négociation nous sommes également parvenus à repasser en agricole deux autres hectares autour du château de Neydens. Ces décisions fortes, particulièrement délicates à faire passer étant donnée la pression foncière qui est la nôtre ne se font pas sans mal et il faut les entourer d’une très abondante pédagogie.

Saint-Cergues ne dit bien sûr pas « non au développement » mais refuse le mitage qui a défiguré de nombreuses communes et le bétonnage systématique d’une région qui doit enfin prendre en main et maîtriser sa croissance. Pour se faire, nous suivons scrupuleusement les préconisations du SCOT qui impliquent la densification des centralités et la préservation des espaces naturels et agricoles. C’est pourquoi nous construisons du collectif dans le centre, épargnant d’autant nos espaces encore verts. C’est pourquoi aussi nous protégeons nos corridors biologiques, afin de permettre les grands mouvements de faune, notamment des Voirons à la plaine de la Semaz, en Suisse.

Nous réfléchissons également à notre facture énergétique communale, un audit a été réalisé qui nous fait nous diriger vers la filière Bois pour chauffer les équipements municipaux.

En matière de restauration scolaire, nous avons fait le choix d’un prestataire qui ne travaille qu’avec des produits BIO ou labellisés, exclusivement de saison, et fournis par des producteurs locaux.

Enfin, nous développons en partenariat avec le SIFOR (Syndicat du Foron découlant du contrat de rivière du même nom) un ensemble de mesures destinées à renaturer au mieux les berges de cette rivière et de ses affluents, à travailler sur les zones polluées à proximité, à valoriser par la création de cheminement pédestres et cyclistes les rives de ces cours d’eau.

Nous poursuivons une politique foncière volontariste, afin de mieux gérer notre territoire forestier et montagnard, désormais inclus dans un périmètre NATURA 2000.

Ces quelques propos pour souligner la volonté de notre commune d’afficher des objectifs ambitieux en matière environnementale, pour préserver et protéger un cadre de vie exceptionnel qui fait la joie de ses habitants, mais dont la fragilité impose la plus solide vigilance.

Alors cette très belle récompense, je voudrai la dédier à tous ceux qui ont œuvré, aidé, soutenu ces décisions courageuses et originales, en premier lieu je voudrai féliciter tous les élus du conseil municipal, et plus particulièrement 4 d’entre eux, Bernard BALSAT, malheureusement absent aujourd’hui et qui a été le précurseur de la cause environnementale à Saint-Cergues et qui préside « les Compagnons de la Servette », association bien connue qui entretient les sentiers des Voirons, je voudrai saluer Nicolas BALVERDE, qui nous a énormément apporté, de par ses compétences d’ingénieur en environnement mais surtout par son enthousiasme et sa détermination,  Jean-Marc PEUTET qui s’est beaucoup investi dans le dossier des vergers communaux et enfin Evelyne FEVRIER qui organise en partenariat avec nos comités de quartier que je salue les journées « grand nettoyage de la commune ».

Je veux dire merci à la Ville de Lausanne, qui nous a formé en quelque sorte et nous a montré ses pratiques de gestion différenciée des espaces verts, merci à Yves MARQUET, agriculteur militant et responsable à la joie de vivre et à la générosité rayonnante, qui nous fait l’honneur de nous prêter ses moutons, merci à Guy OLLIVE et Alois BRANDLE, nos deux apiculteurs qui gèrent avec passion et bienveillance le rucher communal, merci à la Présidente du SIFOR Renée MAGNIN et à sa très vaillante équipe, Mélanie et Arnaud, qui s’investissent sans compter, merci aux techniciens du conseil général qui ont appuyé nos démarches, au garde forestier, Anthony Riggi, qui est intervenu dans l’installation de l’hôtel des Abeilles, merci enfin à nos services techniques, qui ont relevé le défi de passer à d’autres modes de gestion, qui ont compris l’intérêt de telles mesures. Merci à tous les habitants, citoyens et bénévoles qui se sont intéressés à ces beaux projets.

C’est un travail d’équipe, collectif, et sans l’aide de tous, nous ne serions pas arrivés à cette vision globale, cohérente, de ce qu’il nous faut faire pour préserver notre magnifique commune. Ce sceptre d’or c’est le vôtre, à tous, et chacun a contribué à nous faire remporter cette très belle distinction.

 Le 30 novembre dernier, nous avons été extrêmement émus de recevoir, avec Nicolas, cette distinction à Paris, dans les salons du maire du Vème arrondissement de Paris, Jean TIBERI, des mains de M. Hubert REEVES, célèbre astrophysicien au visage de prophète, de sage intemporel. L’émotion fut immense mais le plaisir est plus grand encore de le partager avec vous tous.

En guise de conclusion, j’aimerais vous dire qu’en effet nous n’en sommes plus au temps d’une certaine « écologie mondaine », apparaissant comme un luxe de pays riche, au contraire, nous sommes dans l’urgence d’apporter des réponses concrètes sur le plan local à des problématiques d’ordre mondial. Et il faut rappeler que l’ensemble de ces mesures, dans le fond ne sont pas bien novatrices, nous ne réinventons pas l’eau chaude, au contraire, nous nous inspirons de ce que nos aînés ont fait, et si l’on y regarde bien, nous tentons de recréer les équilibres entre homme et nature, tels qu’ils ont toujours existé, avant que nos sociétés, trop gourmandes, trop gaspilleuses, trop irresponsables ne se lancent dans une course effrénée au profit, à la rentabilité, ne respectant plus la première richesse qui est la nôtre, notre environnement.

 

                                                                                                                             Saint-Cergues,

                                                                                                                             Le 24 mai 2012

Commentaires

Bonjour,
je suis très heureux de vivre dans une commune engagée dans le développement durable. Je regrette cependant qu'il n'éxiste aucune aide concernant la réduction des déchets hors gros volume pour jardin (composteurs de l'agglo). En effet, une des solutions majeures pour réduire les déchets est de réduire les déchets organiques notamment à travers le lombricompostage.
Ne serait-il pas possible de mettre en place quelque chose au sein de la commune?
Un site recense les initiatives à ce sujet en Europe: http://www.zerowasteeurope.eu/zw-municipalities/

Cordialement,
N.YONEYAMA

Écrit par : YONEYAMA | 12/03/2014

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