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19/06/2012

Après les législatives...

La campagne s'est terminée dimanche soir, accordant la victoire à Mme Virginie Duby-Muller, qui est donc notre nouvelle députée pour notre belle 4ème circonscription de la Haute Savoie.

Je lui adresse mes plus sincères félicitations et lui souhaite beaucoup d'enthousiasme et de courage dans l'accomplissement de la mission que lui ont confié les électeurs.

Je tiens également à féliciter M. Guillaume Mathelier, qui a réalisé un beau parcours.

Je crois pouvoir dire au final que cette période électorale, si souvent sujette aux dérapages, aux polémiques excessives, s'est plutôt déroulée correctement dans l'ensemble.

Bien sûr, au premier tour, j'ai fait le choix de soutenir de toutes mes forces la candidature d'Antoine Viellard, car il me semblait indispensable que les valeurs du centre soient représentées, et que de sûrcroit les positions courageuses défendues par Antoine et auxquelles je m'associe pleinement sur les dossiers transfrontaliers soient portées haut et fort sur la place publique. Malgré un score modeste, nous avons pu malgré tout nous battre pour nos idées, insister sur la problématique du logement, de l'emploi, de la préservation des espaces naturels et agricoles, bref, de tout ce qui doit impérativement se rééquilibrer à l'échelle de notre agglomération franco-suisse. Et le fait est que cette thématique a été largement reprise, ce qui est une satisfaction.

En effet, le mandat de député n'est pas qu'un mandat national. Le député est aussi l'ambassadeur de sa circonscription et doit défendre de toutes ses forces les dossiers nous concernant, à plus forte raison dans une région telle que la nôtre, où les spécificités sont immenses. Un député ici doit se battre pour nous faire comprendre à Paris, mais aussi à Genève, mais aussi à Annecy !

J'espère donc de tout coeur que Virginie Duby Muller appuiera les efforts de tous les élus locaux pour construire une agglomération, "Un Grand Genève" plus équitable et plus solidaire. Elle a déjà dit qu'elle serait présente à nos côtés sur ces enjeux.

Il y a une chose, en revanche, qui m'a profondément choqué pendant ces élections. L'ABSTENTION. Pas même la moitié des votants ne s'est déplacée, ce qui est un pur scandale.

Certains se sont battus, certains sont morts, donc, pour que d'autres, aujourd'hui, puissent avoir le droit de préférer aller en ballade, faire griller des saucisses... plutôt que d'acccomplir leur devoir de citoyen. C'est tout simplement affligeant.

A Saint-Cergues, une très attachante dame de 96 ans n'a loupé aucune élection dans sa vie. Même malade elle est toujours venue, m'a t'elle dit. Puisse t'elle être un exemple pour ces adeptes du "tous pourris" ou du "ça ne sert à rien", qui passent leurs temps à conspuer leurs élus, à vomir sur toute forme d'action publique...

Ceux qui ne votent pas n'ont plus rien à dire, et perdent leur droit à critiquer quoi que ce soit. Ce n'est pas l'impôt qui fait le citoyen, et on ne peut pas se débarasser de ses devoirs civiques en se contentant de payer ce qui est un dû. C'est le vote qui fait le citoyen. C'est la démarche par laquelle en femme ou en homme responsable, on choisit qui on met aux manettes pour mener le pays auquel on appartient et à qui on doit aussi des choses, envers lequel on ne peut pas qu'exiger.

Peut-être, pour lutter contre ce phénomène édifiant, faudrait-il coupler les législatives et les présidentielles, qui de toute façon sont intimement liées ?

Peut-être faudrait-il rendre le vote obligatoire, comme en Belgique, et amender ceux qui ne se déplacent pas aux urnes ?

Mais peut-être et surtout faudrait-il que les citoyens de ce pays agissent en acteurs de la cité, plutôt qu'en éternels consommateurs, trop gavés et trop blasés de tout. Qu'ils réapprennent que tout n'est pas dû, et que chacun doit jouer un rôle, même modeste, dans la vie collective.

A moins que nous ne soyons déjà plus une société, tout au plus un groupe d'individus qui s'ignore et au pire se méprise, ne cherchant qu'à tirer son épingle du jeu et ayant une conception de la société qui confine à une sorte de jungle égoiste, individualiste, ou le but du jeu est d'écraser l'autre.

Qu'il faut donc avoir la foi !

Ce scrutin a vu disparaître, non sans ricanements féroces, quelques têtes couronnées de la République dont on ne pensait pas qu'elles étaient mortelles : Ségolène à la Rochelle, tombée du perchoir avant que d'y être montée, l'éternel Jack Lang, rejeté sur les terres qui l'ont vu naître, pour une fois que son parachutage n'était pas sans lien avec sa personne ! Mais aussi Nadine Morano, et avec elle Guéant, ainsi que 20 députés de la droite populaire, qui malgré leurs risettes ignobles au Front National ont pu vérifier cet adage bien connu qui dit que le peuple préfère toujours l'original à la copie. Espérons que l'UMP tirera toutes les conclusions de cette calamiteuse stratégie de rapprochement avec les thèses du FN, qui ont coûté sa présidence à Nicolas Sarkozy.

L'autre grande disparition c'est celle de François Bayrou, qu'on pourrait assimiler à un suicide, tellement le fait d'avoir annoncé son choix de voter à titre personnel pour François Hollande l'a tuer, et avec lui tout le MODEM. J'ai soutenu cet homme en 2007 et au premier tour dernier parcequ'il a fait je pense le meilleur diagnostic de notre société et qu'il a prouvé à maintes reprises son indépendance et sa probité. Et je dis sans hésiter qu'il a fait pour le deuxième tour une énorme erreur en rendant public son choix, dans un scrutin il est vrai qui s'était mué en référendum pour ou contre N. Sarkozy.

A côté de ces évaporations, nous avons assisté à quelques naissances, dont la plus symbolique est celle de la petite nièce de Marine Le Pen, Marion, qui à 22 ans est la plus jeune députée de l'Assemblée, à l'instar de son illustre grand père, qui parvint à se faire élire à 26 ans, avec Poujade. Deux députés, dont le fameux Collard, avocat des causes médiatiques, représentent donc le FN à l'assemblée.

 Le temps de la recomposition a sonné, et la France a besoin plus que jamais d'un centre large, ouvert, non dogmatique et rassembleur. J'attends de tout mon coeur les propositions des hommes et des femmes de bonne volonté.

 

 

 

Commentaires

Bonjour Gabriel,
Je ne suis pas d'accord avec toi quant au choix de bayrou de rendre public son vote de deuxième tour, C'est certes un choix qui peut être acté comme une erreur politique dans une perspective de rester en place, mais dans une perspective d'honnêté et de conformité aux valeurs du centre, le choix de bayrou est le bon choix. Ce qui m'étonne un peu dans le discours des militants, sympathisants et élus centrites, c'est l'accord sur le fait que Nicolas Sarkozy et l'UMP ne correspondaient plus aux valeurs du centre, mais cette frilosité à voter contre Sarkozy et l'UMP.
bien cordialement
Lionel Bally, Militant centriste.

Écrit par : bally | 21/06/2012

Bonjour Lionel,

Il est vrai que Bayrou, en annonçant son choix personnel a pris une décision historique : c'est la première fois qu'un leader du centre appelle à voter pour un candidat de gauche à un second tour de présidentielles. Une décision qui peut être vue comme courageuse et qui prouve que le centre n'est pas systématiquement inféodé à la droite.

Seulement François Bayrou a tellement honni le programme socialiste, surtout sur le plan économique et social, et s'est tellement fait le chantre de la lutte contre les déficits que personne n'a compris, au delà d'un choix bien noble "pour les valeurs" son ralliement à la candidature de François Hollande.

La vraie indépendance commandait à mon sens de dénoncer le glissement droitier de Sarkozy et l'irresponsabilité du programme socialiste, et donc de se taire quant à toute consigne de vote.

Bayrou en prenant parti après n'en avoir pris aucun pendant des années a signé son arrêt de mort politique, et avec lui celui du Modem et du "centre pour la France", dont on connaît malheureusement les résultats électoraux.
Pendant toute la campagne, les gens m'ont demandé si j'étais un socialiste, pendant toute la campagne, le MODEM a été assimilé dans l'opinion publique à un satellite du PS...
Ce positionnement si "héroique" soit-il pour certains a été à mon sens totalement contre-productif.

Il y a un moment où il faut se demander quel est le but de l'action politique. Se draper dans des postures altières et donneuses de leçon qui conduisent à l'isolement et à l'échec, où influer autant que possible sur les majorités en place, en se donnant les moyens d'accéder au pouvoir.
Je prône l'indépendance, mais là aussi et comme en toute chose, il ne faut pas être sectaire.

Écrit par : Gabriel Doublet | 21/06/2012

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