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28/01/2013

discours des voeux de la commune de Saint-Cergues, 25 janvier 2013

 

Monsieur le sous-préfet de saint-Julien, Pierre Molager,

Mme le Député, chère Viriginie,

Monsieur le vice-Président du conseil Général, Raymond Bardet,

Mesdames et messieurs les Maires,

Monsieur le président d’Annemasse Agglo, cher Georges

Monsieur le Président du SIGCSPRA, Philipe Vieu, qui nous rejoindra dans quelques minutes,

Mesdames et messieurs et chers collègues élus des communes voisines et amies,

Monsieur le DGS de l’AGGLO et membres du personnel de l’AGGLO

Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la police municipale et de l’office national des Forêts,

Mesdames et Messieurs les anciens élus,

Mesdames et Messieurs les membres du personnel communal,

Mesdames et Messieurs les Professeurs des écoles,

Mesdames et Messieurs les responsables d’association,

Mesdames et Messieurs les commerçants et entrepreneurs de la commune et d’ailleurs,

Mesdames et Messieurs les responsables et membres des comités de quartier,

Mesdames et Messieurs les correspondants de presse et journalistes,

Mesdames et Messieurs, chers concitoyens, chers amis,

C’est une joie immense de vous avoir à nos côtés ce soir, pour cet événement particulier qu’est la cérémonie des vœux, et votre présence qui nous honore, vraiment, témoigne de l’intérêt que vous portez à notre commune, à sa vie et à ses projets.

Comme je l’ai écrit dans le bulletin, il est vrai « qu’une commune c’est un petit monde », et chacun d’entre vous, à sa manière, participe à le faire tourner.

Je veux donc commencer ces quelques mots par des remerciements, c’est un exercice que je me  plais à faire car il faut que nous ayons l’élégance de saluer les actions de chacun, au moins une fois par an, car les mercis en ce monde sont définitivement trop rares.

En premier lieu, je veux remercier mes chers collègues élus du conseil municipal, qui cette année encore ont œuvré de tout leur cœur. Je prends souvent cet exemple mais je le redis car je trouve la chose formidable : notre réunion de municipalité, qui est facultative mais ouverte à tous les membres du conseil, de sorte à ce que tous les dossiers soient débattus par tous, réunit chaque semaine entre la moitié et les deux tiers du conseil. Cette assiduité et cet engagement n’ont jamais failli, et cela est admirable, puisque parfois, en fin de mandat, certains élus se démobilisent. Cela n’est pas le cas chez nous et je les remercie sincèrement de leur disponibilité et de leur enthousiasme. Depuis quatre ans, en effet, nous avons traversé bien des épreuves, nous avons donné beaucoup de notre temps, avons connu des joies et des peines, un peu comme une famille, et je veux juste leur dire toute l’estime que j’ai pour notre groupe et ma fierté de pouvoir compter sur chacun d’entre eux.

Zouzou, Magalie, Jean-Marc, Jean-Pierre, Pascale, Robert, Evelyne, Nicolas, Bernard, les deux Claude, Françoise, Marie-christine, Jean-Marc, Cathy, Brigitte, Jacques et Josiane, soyez remerciés, sincèrement.

Un maire n’est rien sans son équipe.

On peut les applaudir.

Je veux également exprimer toute notre gratitude à nos employés communaux, qui sont une trentaine à présent, et qui par leur compétence et leur professionnalisme font honneur au service public. Nous leur en demandons beaucoup, qu’ils nous pardonnent nos exigences, notre empressement parfois, qui est le fruit impatient toutefois de ce que nous voulons pour ce village.

A nos côtés ils font tourner cette commune, et je veux leur tirer un grand coup de chapeau pour l’énergie et l’engagement qu’ils mettent au profit de la collectivité.

Je veux remercier tous nos partenaires, au premier desquels je voudrai qu’on salue notre agglomération « Annemasse Agglo ».  Outre le fait que nous avons d’excellentes relations entre les douze communes, je veux dire ici tous les bienfaits que nous ont apportés les transferts de compétence, et les mutualisations. A tel point qu’aujourd’hui, il faut le savoir, certains chantiers n’auraient jamais vu le jour sans cela. Permettrez moi de prendre juste un simple exemple, révélateur ; pour l’assainissement du village du Bois, je vous prie de noter que la facture globale des travaux s’est élevée à 1.750 million d’euros. La part communale n’a représenté que 44 000 euros, témoignant de la solidarité qui existe entre nos communes… L’argument est certes probant, mais il serait injuste et réducteur de ne présenter l’intérêt de l’Agglo que sous cet angle comptable. L’agglo nous permet de travailler ensemble sur des sujets d’envergure, sur le CEVA, le tram, le BHNS, le centre aquatique intercommunal, sur tous les grands projets qui vont impacter et changer positivement le visage de notre territoire, y compris et plus encore peut-être sur nos communes plus rurales. L’agglo nous permet de partager nos expériences, de bénéficier de l’expertise et du conseil de son personnel, elle nous permet de participer pleinement au développement de ce territoire, et je veux dire ici combien le consensus est fort et permet d’avancer sur toutes nos grandes problématiques, en matière d’aménagement du territoire, de mobilité, de logement… Consensus ne voulant pas dire qu’on ne se titille pas un peu quand même, de temps en temps…

Je veux absolument remercier nos deux écoles, maternelles et élémentaires, et saluer chaleureusement nos directeurs et directrices et leurs équipes. Nous avons la chance je crois d’avoir encore cet esprit familial, cet esprit petite commune, quand bien même nous nous développons, et cette ambiance, cette proximité amicale, participe pleinement j’en suis sûr à la qualité de la vie scolaire.

Je tiens à saluer également nos correspondants de presse, qui sont un rouage essentiel dans la vie d’une commune, dans la mesure où ils font passer l’information, où ils relaient ce qui se passe sur nos territoires et permettent un meilleur lien entre les habitants. Merci donc à Jean et à Christiane.

Je veux saluer les services de l’Etat, ceux de la sous-préfecture en particulier, qui font bien plus que contrôler la légalité de nos actes, je peux dire qu’ils nous assistent, nous conseillent et sont des facilitateurs, dans bien des domaines.

Je remercie nos gendarmes, nos pompiers, nos policiers municipaux avec lesquels nous vivons parfois des moments difficiles lorsqu’il faut se rendre sur les lieux d’un accident par exemple, je salue leur courage et leur détermination au service de nos concitoyens. A propos de nos pompiers, à propos de la sécurité en général, je voudrai dire ce soir à mon ami Philippe VIEU, président du SIGSCPRA, toute mon estime pour l’ardeur qu’il met à la tâche en participant à toutes les visites de la commission de sécurité, il y en a d’ailleurs eu 3 cette année sur la commune, commissions dont le rôle est de s’assurer de la conformité des locaux accueillant du public. Merci beaucoup à toi Philippe.

Je veux saluer les entreprises qui travaillent pour la mairie, qui participent au fonctionnement de nos services publics,

Je veux saluer tous les artisans, tous les commerçants et professions libérales de Saint-Cergues, qui contribuent à rendre notre village vivant, qui attirent d’ailleurs bien au-delà des strictes frontières communales car la qualité est bien sûr au rendez-vous. A l’occasion je veux vous dire que nous serons extrêmement vigilants afin de préserver au maximum l’activité commerciale de centralité. Car tout le monde le sait, un village sans commerce, c’est un village qui meurt. Certes, toutes les arcades commerciales de Saint-Cergues sont occupées, un éventail important de professionnels travaillent sur la commune, d’ailleurs un salon de thé va bientôt ouvrir en face de l’église, mais je vous confirme que nous aurons une attention toute particulière au devenir du café des Framboises, qui est un pilier de l’animation du village, et qui est fermé depuis trop longtemps…

Enfin et pas des moindres, je veux dire toute notre gratitude à nos associations et aux bénévoles qui les font vivre, que je ne citerai pas toutes pour n’en oublier aucune. Souvent on me dit à l’extérieur qu’il y a un nombre impressionnant d’activités et d’événements proposés à Saint-Cergues, tout au long de l’année, des fêtes mémorables parfois… Je crois qu’en effet il y a dans cette commune une vraie tradition de vivre-ensemble et que du coup, nous avons un tissu associatif vigoureux, dynamique, même si parfois certains bénévoles s’épuisent… Car il est clair, que souvent ce sont les mêmes qui œuvrent dans plusieurs associations, les mêmes qui s’investissent sans compter, alors que d’autres, en parfaits consommateurs, attendent les propositions pour pouvoir les critiquer gaiement… Que ces bénévoles ne désespèrent pas, le jour viendra où les attentistes comprendront qu’il est plus beau d’œuvrer ensemble pour financer une sortie scolaire par exemple que de faire de simples chèques. Tout a plus de saveur lorsque c’est le fruit d’un travail collectif et désintéressé. Tout est plus beau lorsqu’on l’accomplit ensemble. Je veux donc remercier de tout cœur l’action de nos associations qui font de Saint-Cergues une commune pleine de vie. Tout au long de l’année, c’est avec une joie sincère que nous assistons et participons à cette kyrielle de manifestations festives, sportives et culturelles, et là encore, on se sent très fier et très heureux d’être Saint-Cerguois.

Merci également aux membres de nos comités de quartier, qui sont le relais entre les habitants et la municipalité, qui organisent ces petits évènements simples et essentiels comme les fêtes des voisins, comme les sapins de Noel, au nombre de 18 cette année et qui ont permis de réunir enfants, parents et amis pour un moment de convivialité dans chaque quartier.

Voilà chers amis pour ces quelques remerciements, auxquels je tenais beaucoup.

L’an dernier, j’avais ironisé sur la fin du monde, sur la prétendue apocalypse qu’on nous annonçait sur tous les médias pour le 21 décembre dernier… Je m’étais moqué de tous ces prophètes maudits que les catastrophes excitent et réjouissent… J’avais raillé cette soif que connait notre époque pour ce qui va mal, pour les faits divers les plus sordides, pour les drames en général…

Et bien donc la première bonne nouvelle de cette année c’est donc que nous sommes en vie. Et que malgré le défaitisme, la sinistrose ambiante, et bien nous continuons à avancer, à avoir des projets, en bref à croire en l’avenir.

Etre en vie c’est déjà beau. Ça ne suffit pas pour être heureux sans doute, mais tout de même, c’est la première des conditions… Avec ou sans crise, il faut continuer sa route, il faut bâtir le futur.

Et cette année a connu son lot de succès et de déconvenues, et sous la forme de la rétrospective, je veux évoquer avec vous 4 grands événements marquants de l’année.

Je voudrai évoquer un très beau souvenir, qui a été un moment très fort, et qui correspond à la remise officielle du sceptre d’or du développement durable, par le collectif qui nous l’avait décerné au préalable à Paris en décembre 2011, par l’intermédiaire de M. Hubert Reeves, le célèbre astrophysicien. Nous avons donc eu le grand plaisir de recevoir en mai dernier toute une délégation qui a tenu à visiter les sites qui nous ont valu cette distinction nationale, récompensant la globalité et la cohérence de la politique environnementale de la commune. Ils ont ainsi pu apprécier de visu nos expérimentations en matière de Gestion différenciée des espaces verts, gazons fleuris, prairies fleuries, utilisation de moutons pour l'entretien de parcelles communales, plantation de vergers communaux, création de ruchers communaux, actions en faveur de la biodiversité, préservation des terres agricoles et des espaces naturels via le PLU.

Cette rencontre très conviviale a permis de montrer qu’une petite commune pouvait être exemplaire en la matière, que cela ne nécessitait pas des budgets astronomiques, et que c’était également une façon somme toute assez simple pour autant qu’on y mette toute la bonne volonté de trouver des solutions locales à ce fameux désordre global, de façon très concrète, sans se limiter à un simple coup de peinture verdâtre pour dire qu’on est dans l’air du temps. La preuve c’est que nous inscrivons ces actions dans la durée, et nous voulons les pérenniser en les développant, c’est dans ce sens que nous poursuivons nos politiques d’acquisitions de parcelles forestières et naturelles, là où réside un intérêt pour la biodiversité, c’est dans ce sens que nos deux apiculteurs Guy OLLIVE et Alois BRANDLE que je remercie au passage développent le rucher communal, dont le miel pourra désormais être offert aux jeunes mariés de la commune, c’est dans ce sens que nous installons là où nous le pouvons des nichoirs à chauves-souris, à hirondelles, et que nous continuerons à utiliser, pour le plus grand plaisir des enfants et des plus grands, nos moutons pour tondre quelques parcelles communales, et je veux une fois encore remercier Yves MARQUET, agriculteur, qui nous les prête chaque année gracieusement. De la même manière, nous développons nos vergers afin de protéger ce paysage et ce patrimoine typique de nos régions, et avons cette année encore réalisé quelques acquisitions.

Autre événement marquant de l’année, c’est tout le débat qui s’est déployé à propos de la problématique du logement dans la région, et qui a été largement relayé dans la presse. J’en avais largement parlé au cours des derniers vœux, je n’y reviendrai donc pas longuement mais je voulais malgré tout réaffirmer quelques principes de base en la matière. Le premier de tous, c’est que cette région qu’on appelle désormais le grand Genève subit encore de grands déséquilibres quand bien même de part et d’autres de la frontière, il y a des avancées notables. En gros, nous vivons toujours suivant une équation que je qualifierai de trop simpliste qui consiste à nous échanger l’emploi contre le logement. On travaille en suisse, et nos amis suisses habitent chez nous. Nous les accueillions encore une fois volontiers, là n’est pas le problème. En effet, cette grande agglomération nous la voulons et il est logique dans ce contexte que les frontières tendent à disparaitre, il est logique dans ce contexte que les échanges s’intensifient. Il est logique que nous accueillons les nombreux genevois qui de fait de la rareté et de l’extrême cherté du logement à Genève n’ont d’autres solutions que de venir habiter chez nous.

Le problème, fondamentalement, c’est que notre campagne et nos zones naturelles ne valent pas moins que les leurs. Je le dis devant mon ami Joseph MEYER, maire de Jussy, qui est le maire d’une commune rurale et exemplaire du canton de Genève, puisque vous l’avez sans doute constaté, on construit du logement dans le centre de Jussy, quand bien même Jussy est, comme nous, un poumon vert. La maire de GY, Albert MOTTIER lui-même à beaucoup construit dans sa centralité…

Je le dis aussi en pensant à ce que m’ont affirmé les maires de PUPLINGE et PRESINGES, en suisse, suite aux divers articles et émissions de radio qui ont évoqué ce débat, qui m’ont tous deux dit vouloir construire des logements dans leurs communes depuis plus de 15 ans pour ne pas que leur village meure et qui buttent sans cesse contre le refus du canton…

Mais tous les maires genevois n’ont pas la même logique et les obstacles sont nombreux qui freinent la construction dans le canton, et cette année encore, bien que supérieurs à l’an dernier, les chiffres du logement à Genève sont loin d’atteindre l’objectif des 2500 logements neufs par an, tels qu’ils avaient été définis dans le projet d’agglomération N°2 qui vient pourtant d’être signé. Malgré tout, soyons optimistes, saluons cet effort !

Mais on continue à renforcer cette étrange structuration du territoire, qui veut qu’à l’inverse de toutes les métropoles du monde qui se constituent en centralité dense, périphérie moins dense, puis campagne, on constate tout autre chose en effet quand on regarde le Grand Genève par avion : une centralité urbaine dense, Genève, puis une belle campagne, la ceinture verte genevoise, puis une périphérie qui se densifie à nouveau, la partie française… Ce qui pose de nombreux problèmes en termes de mobilité et de logement donc.

Pour autant, il faut aussi que nous français ayons le courage de nous regarder en face : c’est parce que nous avons trop laissé construire, parce que nous n’avons pas su préserver notre territoire du mitage comme l’ont fait les suisses qu’il a été facile de laisser le logement littéralement manger nos espaces naturels et agricoles. Néanmoins notre SCOT est aujourd’hui pleinement opérationnel, dans ce sens que les PLU des communes de l’Agglo sont toutes en révision pour s’y conformer. Et ce SCOT dit clairement, ce qui est le bon sens même, qu’il faut densifier les centralités, construire donc là où c’est déjà construit, là où il y a les services publics, les commerces, les moyens de transport, et arrêter de bétonner à tout va au milieu des champs.

En ce sens, les deux opérations en face de la mairie sont exemplaires. Du petit collectif de qualité, pour loger plus de gens sans mettre en péril nos espaces naturels et agricoles. D’ailleurs, quand on regarde le centre bourg depuis Moniaz, quand bien même ces opérations immobilières sont neuves, on a l’impression curieuse d’un paysage d’antan, avec de grandes bâtisses blotties contre l’Eglise, à la manière dont se structuraient les villages autrefois. Il y a donc une logique là-dedans qui n’est pas récente…   

En ce sens également, c’est pour ces raisons tout à fait évidentes d’aménagement cohérent du territoire que nous avions il y a peu déclassé quatre hectares de terres constructibles en agricole. Une décision difficile, qui montre parfois combien intérêt général et intérêt privé peuvent être en contradiction, mais qui montre aussi que les élus sont là pour protéger leur territoire et que le développement, s’il est nécessaire, ne peut se faire n’importe comment et à n’importe quel prix.

Nous avons depuis lancé une révision générale du PLU, dont l’ambition première est la mise en compatibilité avec notre SCOT, c’est-à-dire qu’il sera question de maîtriser notre développement et de ne plus le subir, c’est-à-dire qu’il sera question, avec toute la responsabilité et le courage qui conviennent, de conserver à Saint-Cergues un cadre privilégié, des espaces naturels et agricoles de qualité, en limitant les potentialités constructibles aux centralités et à ce que l’on appelle les dents creuses dans certains hameaux. Je salue à cet égard le grand travail fournit par Zouzou et par la commission PLU.

C’est à ce prix que nous pourrons garder la tête haute, dans trente ou quarante ans, et que nos petits enfants pourront encore bénéficier d’espaces naturels protégés et de larges ouvertures paysagères.

Pour conclure sur le sujet, il faut je pense donc continuer à dénoncer ces déséquilibres trop forts avant qu’ils ne deviennent insupportables, il faut continuer à soutenir de toutes nos forces les grands projets structurants transfrontaliers tels que le CEVA qui sera une véritable bouffée d’air pour notre région. Et donc continuer à construire, de façon toutefois plus harmonieuse, ce Grand Genève qui est notre métropole régionale à nous aussi, français.

Puisque je vous parlais des logements en face de la mairie, je voulais évoquer brièvement le fait que parmi ceux-ci, 30 % sont des logements sociaux. Saint-Cergues un jour comptera 3500 habitants. A ce moment-là, la loi SRU s’appliquera pleinement et nous devrons alors avoir 25% de logements sociaux dans la commune. Afin de ne pas creuser plus encore notre retard (nous n’en comptons aujourd’hui que 5%) qui nous vaudra des pénalités d’ailleurs, nous avons donc soutenu pleinement l’édification de deux immeubles à vocation sociale. Cela nous permet de loger ceux de nos concitoyens qui sont salariés en euros et qui souffrent terriblement pour habiter dans une région où comme je vous le disais le logement est hors de prix. Je précise d’ailleurs que lors des commissions d’attribution, nous avons pu placer un nombre importants de demandeurs saint-cerguois, des jeunes, des moins jeunes et des retraités, avec le souci d’une vraie mixité sociale.

Autre grand événement de l’année, les virades de l’espoir, manifestation au bel esprit solidaire et qui vise à récolter des fonds pour lutter contre cette terrible maladie qu’est la mucoviscidose. Cet événement tourne chaque année sur une commune différente de l’Agglo et en 2012, c’est donc Saint-Cergues, en partenariat avec les communes de Machilly et de Juvigny qui a eu l’honneur d’organiser cette belle manifestation le 30 septembre dernier. Il a fallu des mois de préparation pour faire de cette journée une réussite et je voudrai saluer ici le travail fantastique accompli par Françoise Xambeu, responsable régionale de l’association « vaincre la mucoviscidose », qui est des nôtres ce soir, et qui depuis maintenant des années met tout son enthousiasme et toute son énergie au service de ce noble combat. On peut l’applaudir. Et je veux remercier aussi Evelyne, qui s’est beaucoup engagé sur ce dossier

Autant la cause défendue nous plonge dans une certaine tristesse, lorsqu’on voit les souffrances endurées par ces malheureux enfants, autant la journée des Virades proprement dite est un moment de fête et de joie, qui nous donne à tous l’occasion de témoigner de toute notre solidarité, dans la convivialité la plus totale. Un grand merci donc à tous les bénévoles qui ont prêté mains fortes, un grand merci aux associations et aux commerçants de Saint-Cergues et d’ailleurs qui ont joué le jeu. Cette année, malgré le mauvais temps, c’est donc plus de 38 000 euros qui ont pu ainsi être reversé à la recherche contre la Mucoviscidose.

Autre grand dossier de l’année dont je souhaitais vous parler ce soir : la 2 x 2 voies !

Rappelons que ces travaux qui constituent la première étape du désenclavement du chablais sont effectivement attendus depuis longtemps. Il faut donc saluer le fait qu’ils aient débuté, et se réjouir surtout du gain en termes de sécurité pour la commune quand le chantier sera terminé. Par la création de deux accès totalement sécurisés entre le haut et le bas de la commune, par la création d’un pont au niveau de notre stade, enjambant ce fameux et tristement célèbre carrefour qui a coûté la vie a trop de gens, et par le doublement du passage inférieur des Hutins, qu’on appelle le pont cadre entre nous, nous pourrons mieux nous déplacer, mieux aller et venir dans le village. Enfin, des équipements acoustiques de nature à atténuer le bruit de cet ouvrage qui devrait connaître à terme une circulation de 30 000 véhicules quotidiens verront le jour tout le long du tracé.

Vous avez sans doute vu dans la presse, dans les médias, les problématiques liées aux difficultés d’accès à la zone des Vouards. Je crois que malheureusement, en effet, ce chantier a quelque peu mal commencé. En effet, la concertation n’ sans doute pas été suffisante, la DREAL (direction régionale de l’équipement) ne nous a pas suffisamment rencontrés pour évoquer la fermeture de certains accès, et puis surtout, la signalétique a fait défaut pendant quelques semaines.

Cela nous a valu il est vrai quelques sueurs froides. Mais les nuisances sont inhérentes à tout chantier. C’est un mal pour un bien, rappelez-vous-en.

Depuis, vous avez pu constater que des panneaux dignes de ce nom ont été installé, une sortie provisoire depuis la zone des Vouards a été réalisée, permettant à la clientèle de se réinsérer sur la RD 1206 sans avoir à traverser le village tout entier.

Les nids de poule nombreux qui se trouvent sur les itinéraires de déviation, telle la route des champs de Bey, la route des prés courbes seront comblés, certains le sont déjà par la DREAL, puisque ces routes sont passées sous leur responsabilité le temps du chantier.

Je tiens à remercier ici tous les élus tels que notre députée, tel que notre conseiller général et ses services, ainsi que ceux de la sous-préfecture et tout particulièrement M. Le sous-préfet, très disponible et à l’écoute et qui ont permis d’organiser les indispensables réunions dont nous avions besoin pour évoquer nos difficultés avec la DREAL et y remédier.

Les commerçants ont eu très peur, je crois, et certains sont encore dans l’inquiétude. Nous réfléchissons actuellement à l’aménagement d’une entrée supplémentaire à ce qui est prévu, en fin de zone des Vouards. En fait, nous souhaitons que le projet puisse se conformer à ce qui existait auparavant. Car au-delà de la problématique des chiffres d’affaires des commerçants, que nous espérons temporaires, cela nous paraît en effet plus judicieux de disposer de deux entrées distinguant la desserte de la zone d’activités économique de la desserte du chef-lieu, zone d’activités économiques d’ailleurs en plein développement puisque un projet de zone artisanale devrait voir le jour bientôt en amont de la zone avec un hôtel **.

Nous avons joué les médiateurs dans ce dossier entre les commerçants et la DREAL. J’ai donc bon espoir qu’un compromis soit trouvé et je veux ce soir remercier les services de l’Etat et de la DREAL qui malgré le fait qu’il soit tard pour procéder à des modifications dans ce dossier accepte malgré tout la discussion. Ce dialogue constructif se poursuit et nous veillerons à défendre une position mesurée et réaliste.

Je vous demande donc à tous beaucoup de patience, car ces travaux vont durer jusqu’à 2015. Les nuisances sont inévitables, et je vous demande de garder en tête les avantages dont nous disposerons, en fin de chantier, en termes de confort et surtout de sécurité.

Voici donc les quelques événements et « dossiers chauds » sur lesquels je souhaitais revenir, parce qu’ils ont été au cœur de nos préoccupations en 2012. J’aurai pu parler aussi du traumatisme occasionné par l’envahissement et la dévastation de notre stade par un groupe de gens du voyage très défavorablement connu dans le secteur, j’aurai pu parler de notre consternation face aux nombreux actes de vandalisme, qui ont couté cette année encore une quinzaine de milliers d’euros à la collectivité…  

Je crois qu’en effet, Saint-Cergues n’est pas Saint-Tropez et qu’à ce titre, il faut plutôt être fier de prendre sa part de toutes les problématiques, fussent-elles difficiles… Nous ne sommes pas coupés des affaires du monde, et participons à notre niveau, avec nos moyens, au règlement de questions dont l’ampleur nous dépasse largement. Il faut prendre sa part de tout, car nous ne sommes pas une commune qui se regarde le nombril mais qui au contraire se tourne vers les autres…

Puisque je viens de vous parler de 2012 , il est logique à présent que j’évoque quelques dossiers et projets pour l’année qui vient.

Tout d’abord, je souhaitais vous annoncer que la nouvelle classe de l’école maternelle est opérationnelle depuis le début du mois, le bâtiment modulaire installé cet été est conservé au cas où une sixième classe ouvrirait à la rentrée prochaine. Un préau va être installé dans la cour pendant les vacances de février. Nous sommes donc en ordre de marche pour faire face à un accroissement des effectifs.

Concernant le syndicat du FORON, j’aimerais là aussi remercier Mme MAGNIN, sa présidente, ainsi qu’Arnaud et Mélanie, ses deux techniciens avec lesquels nous travaillons beaucoup. Après avoir réalisé le très beau projet des sentiers du Foron, qui connaissent un grand succès, cette année a vu se réaliser le reméandrage de cette rivière, entre Machilly et la route de la Marlot, opération exemplaire qui vise à renaturer le Foron, en recréant des zones de méandres, puisque sur cette portion, le Foron avait été chenalisé, et avait donc perdu tout intérêt en termes de biodiversité et de paysage. 

Cette année, c’est l’ancien site de la casse Jaccoud qui va être aménagé et qui va devenir une sorte de parc, dédié aux promeneurs, sur une surface de deux hectares, à proximité de notre hôtel des Abeilles et de notre déchetterie, au sujet de laquelle j’ai d’ailleurs le plaisir de vous dire qu’elle va être intégralement rénovée par notre Agglo, cette année aussi.

Des travaux de réseaux aussi sont programmés, du reste très couteux. Nous avons lancé l’assainissement et l’enfouissement des réseaux secs sur la vy du Bois, nous avons fini les travaux du quartier des poules d’eau, nous allons lancer l’enfouissement des réseaux secs le long de la 2x2 voies, nous profitons en effet des travaux de voirie pour reprendre nos réseaux à proximité. Cette dernière opération par exemple, coûte, sachez –le plus de 500 000 euros. Enfin, c’est le quartier de Borringes tout entier qui sera assaini cette année aussi. Ces travaux indispensables et très dispendieux ne se voient pas, une fois fini, et je veux en les mentionnant vous rappeler qu’en effet, la facture est lourde.

Toutefois, cela ne nous empêchera pas de lancer la construction de deux beaux projets pour Saint-Cergues, dont je tiens absolument à vous parler ce soir. . .

Le premier, c’est celui du bâtiment multi activités qui comprendra un restaurant scolaire, des locaux dédiés au périscolaire, une salle des fêtes digne de ce nom ainsi qu’une médiathèque et une chaufferie bois.  

C’est un projet majeur du mandat, puisque depuis plusieurs années, nous avons en effet planché sur le sujet, nous avons analysé les besoins de nos services et de notre population pour permettre l’édification d’un équipement en phase avec la réalité de notre village aujourd’hui.

Nous avons avec l’aide du CAUE (conseil d’architecture, d’urbanisme et de développement) élaboré un cahier des charges qui a servi de base au concours d’architecte lancé en début d’années. Pas moins d’une centaine d’architectes ont candidaté. Quatre d’entre eux ont été retenus pour proposer un projet plus détaillé, et tout récemment, nous avons désigné un lauréat, ou plus exactement une lauréate, Mme Catherine BOIDEVAIX, dont le cabinet est installé à Alex, en Haute-Savoie.

Son projet a emporté  l’unanimité  du conseil municipal et des architectes consultants associés car il nous a paru le plus en adéquation avec l’identité de notre village. En effet le projet s’intègre parfaitement dans l’environnement en incorporant de larges respirations et en respectant les vues paysagères. C’est un projet fonctionnel, dont l’architecture n’est pas ostentatoire, mais au contraire l’affichage d’une certaine modestie.

Nous espérons donc commencer les travaux d’ici un an, le temps de lancer les appels d’offre pour ce grand chantier qui devrait durer une année et demi environ. De façon générale, c’est tout le centre administratif et scolaire de notre commune qui va changer, et qui permettra d’offrir à notre village des lieux conviviaux et adaptés pour nous retrouver.

Une salle des fêtes, de 200 m² avec un espace scénique, qui pourra à l’occasion être mutualisée avec la nouvelle cantine et permettra d’obtenir 400m² de surface, dont le besoin vous vous en doutez est pressant tellement les activités associatives et communales sont débordantes.

Un nouveau restaurant scolaire donc, qui permettra d’accueillir toujours plus d’enfants dans les conditions agréables et confortables. Sous la forme du self-service, sauf pour les maternelles bien sûr…  

Des locaux dédiés à l’accueil périscolaire, puisqu’aujourd’hui celui-ci se fait dans des locaux exigus et peu adaptés. Une médiathèque qui profitera à tous, des plus jeunes aux plus âgés, et qui offrira un éventail d’activités culturelles jusqu’alors impensables à Saint-Cergues. Une chaufferie bois, enfin, qui permettra de substantielles économies d’énergie et qui alimentera tous les bâtiments communaux à proximité.

L’autre grand projet, c’est là crèche, que nous aurons le plaisir de réaliser avec les communes de Machilly et de Juvigny, qui devrait être bâtie derrière la cantine actuelle, et disposera d’une capacité d’accueil de 18 berceaux. Les études de faisabilité sont terminées, et nous allons très rapidement, là aussi, passer au concret. Je me permets de préciser que de la même manière que ce n’est pas parce que je me suis marié qu’on a refait le clocher de l’église en 2011, ce n’est pas parce que je vais devenir père qu’on fait une crèche à Saint-Cergues!

Ces lieux, Bâtiments multi activités et crèche, devraient être opérationnels courant 2015, c’est-à-dire après les prochaines élections municipales, aussi, je vous le dis en toute simplicité, mais avec sincérité, notre équipe serait très heureuse d’avoir l’honneur de les porter jusqu’à leur terme et de les inaugurer… Mais je n’en dis pas plus…

Voilà chers amis dans les grandes lignes ce qui nous attend pour 2013…

Il y aurait tant de choses à dire encore, mais je ne veux pas vous assommer, de façon générale je vous renvoie à notre bulletin municipal pour découvrir l’intégralité de nos projets…

Je voudrai vous dire, une fois encore, qu’elle est notre joie, notre fierté, d’œuvrer pour cette belle commune de Saint-Cergues. Depuis quatre ans en effet nous vivons avec ce village comme s’il était un genre de très grande famille, avec tout ce que cela comporte, la famille… Parfois, ce n’est pas simple. Les élus s’inquiètent, ne dorment pas toujours bien, mais nous avons pour ce village un amour qui nous fait lever le matin plein d’entrain.

Il subsiste ici quelque chose de très précieux, un esprit particulier, qui fait la spécificité de ce que nous sommes, une convivialité, sans doute héritée de notre passé de station climatique, avec une tradition d’accueil, d’ouverture, et aussi de fête et de savoir-vivre ! Nous œuvrons pour que ce village soit vivant, qu’il rayonne, et c’est un plaisir, je vous le dis.

Je veux donc vous adresser à toutes et à tous nos meilleurs vœux, je vous souhaite une très belle année, une bonne santé, et beaucoup de bonheur. Dans une société qui confine de plus en plus à l’égoïsme, où triomphe le chacun pour soi, sachons comme ce soir nous retrouver, partager ensemble… La saveur de la vie est dans le partage.

J’aurai enfin une pensée pour tous ceux qui nous ont quitté cette année, et tout particulièrement je pense à Mme Hélène STILLEBACHER, pour tous ceux qui ont souffert, traversé des épreuves, j’espère du fond du cœur que 2013 sonnera comme un nouveau départ.

Et puis vous me permettrez, enfin, de remercier des gens qu’on ne remercie vraiment pas assez. Ces gens, ce sont les épouses et les époux des élus que nous sommes. Ils subissent nos inquiétudes, nos joies hystériques, parfois, nos retards incessants, nos absences répétées… Puissent-ils nous pardonner notre enthousiasme… Merci à toi, ma Viviane.

Bonne année à tous, chers amis.

Merci à tous.

 

 

25/01/2013

Se mettre a être fier de notre territoire ! (intervention cérémonie des voeux d'Annemasse Agglo)

 

Bien chers tous,

Vous l’avez vu dans ce petit film, notre territoire a de solides atouts, et l’exposition de photos ci devant démontre si l’en est la beauté des paysages de notre agglo et la qualité de ses espaces naturels et de loisirs. Le lien est tout trouvé avec ce dont je souhaitais vous parler ce soir.

En effet je vous l’ai dit tout à l’heure en préambule, nous allons évoquer ensemble une démarche un peu particulière.

Cette démarche, c’est celle du marketing territorial. Je sais que parmi vous certains vont bondir, imaginant déjà que notre agglomération va se lancer dans une campagne publicitaire outrancière, à la manière dont les poissonniers haranguent le chaland,  à la manière dont on vend, à grands renforts d’études de marché quelques babioles dont personne n’a pourtant besoin.

Moi-même, lorsque j’ai entendu parler pour la première fois de ce type de démarche, j’ai instinctivement pensé qu’il y avait forcément là-dedans quelque chose de putassier, d’un peu bling-bling, comme on dit, qui allait nous forcer à nous travestir et à exagérer nos atouts, pour nous « vendre » à on ne sait qui…

Mais, peut-être comme vous ce soir, je n’avais pressenti que les éternels préjugés dont on affuble le terme de marketing, qui renvoie systématiquement à quelque chose de l’ordre de la guerre économique, de la concurrence excessive, voire de la publicité mensongère.

En effet, au mot marketing est accolé le mot TERRITORIAL. Et du coup, c’est un marketing particulier que voilà. Un marketing au service du territoire. Bref, un marketing dont le but est de promouvoir le territoire.

Et pour faire la promotion de quelque chose, il faut bien entendu en connaître les contours, les forces, les faiblesses, bref, il faut se livrer avec lucidité à un diagnostic, à un constat primordial sur lequel reposent les bases de notre travail à venir. Je le répète, un constat lucide, ce qui veut dire sans angélisme, mais sans cynisme non plus.

Lancé par l’Agglo, L’office du tourisme et la Maison de l’économie et du développement, cette démarche, qui s’inspire des exemples de nombreuses agglomérations telles que LYON, Montpellier, Poitiers, vise en effet à améliorer l’image d’un territoire, tout d’abord par rapport aux perceptions qu’en ont ses propres habitants, ensuite à l’égard de l’extérieur, par rapport à ses voisins, à sa région, à son pays pourquoi pas. Car nous savons tous que de l’image véhiculée dépend l’attractivité et donc la réussite d’un territoire.

A ce moment, on comprend assez rapidement qu’il ne pourrait suffire de décider qu’on est formidables et qu’il n’y aurait qu’à le hurler du matin au soir. A ce moment-là au contraire on comprend qu’il faut s’interroger, en profondeur, sur la réalité de notre territoire, sur ce que nos habitants en pensent, sur ce que l’extérieur en pense, sur les enjeux qui sont les nôtres, sur nos atouts, nos faiblesses, nos projets et leur avenir. Et dès lors on quitte le jargon strictement économique auquel renvoie le terme de marketing. Au contraire, on plonge dans le sentiment, dans l’amour ou le désamour que peut inspirer une région, on se demande, tout simplement d’où l’on vient, qui l’on est et où l’on va, on se pose les fameuses questions existentielles, et en d’autres termes, on quitte le marketing pour embrasser quelque peu la psychanalyse… C’est finalement un peu une sorte de quête identitaire, ce marketing territorial…

Et l’exercice est passionnant. Pour ce faire, une réflexion intense a débuté parmi les services des institutions qui ont lancé la démarche, mais aussi parmi les conseils municipaux que nous avons rencontrés. Nous avons sondé des habitants, nous avons aussi réuni différents collèges de personnalités considérées comme des acteurs majeurs de notre territoire, dans le domaine culturel, dans le domaine économique, touristique, pour entendre ce qu’ils avaient à nous dire de cette région dans laquelle ils travaillent et participent pleinement au développement. Car la démarche a également ceci de particulier qu’elle ne s’encombre pas de savoir si l’on appartient au public ou au privé, au contraire la démarche en effet est largement partenariale, transversale, elle se veut fédératrice et entend réunir toutes les forces vives qui partagent une même vision et une même ambition et s’emploient avec vigueur à rendre plus attractif et plus qualitatif un territoire.

Lors de ces échanges nous avons constaté plusieurs choses tout à fait remarquables. 

La première de toute c’est que notre territoire souffrait d’un déficit d’image, de nombreux clichés ont encore la dent dure, en effet, ce qui bien sûr nous fait du tort. La ville centre n’a certes pas un cœur historique comme Annecy, par exemple, nous n’avons pas non plus de grands lacs, ni de stations thermales ou de montagne, certains de nos habitants mettent peu les pieds en ville abondant les préjugés dont on affuble malheureusement injustement certains quartiers… Nous serions pour certains des cités dortoirs, engorgées par les voitures et peuplées de travailleurs frontaliers qui n’auraient cure de l’endroit où ils vivent… Nous ne serions qu’un vaste supermarché pour nos amis suisses… Nous serions condamnés à survivre dans l’ombre de Genève, mangeant les miettes que celle-ci consentirait à nous abandonner…

Et le paradoxe, bien sûr, dans tout cela, c’est que les mêmes qui tiennent de tels propos disent ne pas vouloir pour autant quitter ce territoire, bien au contraire. 

Parce qu’au-delà de ces clichés, il y a une qualité de vie et des avantages comparatifs indéniables. 

Le premier de tous étant sans doute l’exceptionnel dynamisme économique de la région, dont Genève est la locomotive, qui résiste mieux qu’ailleurs à la crise. Nul doute que cet atout essentiel est la première de nos forces. Même si naturellement ce dynamisme, s’il n’est pas maîtrisé, peut également générer des nuisances voire des difficultés en matière de logement ou de mobilité par exemple. Même si ce dynamisme se fait principalement sur le développement commercial, au détriment parfois de l’économie de production, en d’autres termes l’industrie, qui est en recul malheureusement partout, et qui nécessite beaucoup de volontarisme pour la préserver et essayer de la développer. C’est dans ce sens d’ailleurs qu’une réflexion est menée, avec la Med et le service économie de l’Agglo, démarche qui nourrit pleinement celle du marketing territorial.

L’autre fait marquant, c’est qu’au-delà de ce problème d’image, il y a également un déficit de connaissance quant à ce qui existe et fonctionne pourtant très bien chez nous. Partout sur notre territoire, il y a en effet de nombreuses petites pépites, comme d’excellents lieux de culture par exemple, je pense entres autres à Château rouge, à la villa du parc, à ce que la commune de Lucinges a fait autour du livre d’artistes, au cinéma d’art et d’essai de la MJC centre, il y a un nombre considérables d’événements culturels et populaires, d’activités associatives d’une grande diversité, ainsi également qu’un nombre important de commerces de qualité, comme d’excellents restaurants aussi...  Je ne vais bien sûr pas tout lister mais juste dire que parfois on ne se rend pas compte de la très grande qualité de ce qui existe déjà… et lorsqu’on se livre à ce travail d’inventaire, de diagnostic, on réalise qu’on a pas à rougir, qu’on a pas à se sentir dévalorisé… Il y aura donc au préalable un important travail de faire-savoir… Ce qu’en tant qu’agglo nous faisons via le bulletin intercommunal entres autres, et ce que l’OT fait également, tout au long de l’année en relayant les événements et activités proposées dans notre région. 

Car ce qui nous caractérise aussi malheureusement très bien, et on en revient à la psychanalyse, et vous me pardonnerez pour ces propos un peu personnels, c’est que peut-être nous souffrons d’un certain complexe d’infériorité, par rapport à Genève, en premier lieu, par rapport à Annecy, ensuite, et peut-être par rapport aux autres intercommunalités en général.... Pourtant, bien que l’Agglo ne compte que 80 000 habitants entre guillemets, c’est un territoire qui de par ses spécificités géographiques et donc par la proximité de la Suisse connaît des problématiques qui correspondent plutôt à celles d’agglomération de 500 000… Il faut donc répondre à ces besoins spécifiques. Tout cela n’est pas un luxe, les grands équipements structurants et infrastructures à venir ne sont que ce que la nécessité commande. Il n’y a pas lieu de fanfaronner, cela est clair, mais il n’y a pas lieu non plus de tomber dans une sorte de modestie honteuse. Nous devons assumer nos ambitions, qui ne sont pas de la grandiloquence ou de l’ostentation mal placée, mais la traduction des besoins qui se font jour ici, chez nous, et qui sont conséquents c’est vrai.

De la même manière, nous pouvons transformer ce prétendu lien de vassalité à Genève en force en se positionnant dans sa complémentarité. C’est exactement ainsi que s’inscrit l’action de la Cité de la solidarité internationale, qui profite de l’existence de la Genève internationale en permettant à des ONG de siéger ici, à proximité des OI basés en Suisse. C’est pour cette raison notamment que notre territoire se positionne pour accueillir un événement international majeur, sous l’égide des Nations Unies et plus particulièrement de l’UNITAR, dont la thématique sera axée sur les partenariats publics privés dans le développement durable, et permettra peut-être à notre région de se faire un nom à l’image de DAVOS ou PORTO ALLEGRE, toute proportion gardée…. C’est exactement ainsi aussi que l’office du tourisme nous définit à juste titre comme partie prenante du Grand Genève, pour y développer le tourisme d’affaires, en complémentarité, encore une fois, avec notre grande sœur helvétique. C’est dans cette optique encore que verra le jour, nous l’espérons, une école transfrontalière d’infirmière, sur le site de l’ex-hôpital.

Alors oui, c’est vrai, nous n’avons pas le lac Léman, pas le lac d’Annecy… Mais nous avons tout de même le lac de Machilly…. Au-delà de la plaisanterie, il est tout à fait vrai que notre agglomération offre de superbes paysages, du Salève aux Voirons, comme l’illustrent ces photos… qu’elle compte de nombreux itinéraires de promenade et sites remarquables… Oui, nous n’avons pas les sommets alpins, les stations de ski à la mode, les stations thermales, oui, nous ne sommes pas une grande ville telle que Genève, mais nous sommes à la croisée de tous les chemins qui y mènent ! Et cette situation géographique est un atout stratégique majeur. Car en s’inscrivant dans la complémentarité de ces régions voisines et amies et en y additionnant les spécificités que nous avons à proposer, il y a de quoi faire vivre et se développer un beau projet de territoire.

Et puis peut-être que plus profondément, ce qu’il y a de plus passionnant ici, c’est qu’assez largement nous sommes encore en construction, en devenir. D’autres territoires sont déjà très structurés et déjà presque un peu figés, comme muséifiés… Ce n’est pas notre cas, notre agglomération est jeune, notre territoire regorge de projets d’envergure, et du coup devient un lieu d’expérimentation, une terre d’opportunités et d’avenir.

En effet, comme je vous le disais, notre Agglo est encore jeune et son identité est encore floue, à bien des égards. Mais cette agglomération a de nombreuses compétences, et surtout, elle porte ou participe activement à de très grands projets, comme le CEVA, le tram, BHNS, le projet Etoile gare, le futur centre aquatique, la CSI, et j’en passe… Dans les communes également, les centre bourgs se confortent et se développent… Autant de projets structurants, qui répondront aux enjeux qui sont les nôtres, autant de projets qui vont durablement changer notre visage et notre façon de vivre ce territoire et qui nécessitent donc une abondante pédagogie.

Et le Marketing territorial, face à tout cela, n’est pas qu’une simple campagne de communication. Le marketing territorial est une démarche d’accompagnement de la mutation de notre territoire, du changement de visage de notre agglomération, un vecteur de sens, pour acter que nous sommes passés du subi au maîtrisé, pour montrer que tous ces projets sont en cohérence et s’inscrivent dans une logique d’aménagement du territoire, telles que les principes en ont été posés dans le SCOT et déclinés dans nos 12 PLUS. 

Face à ces enjeux, qui sont énormes, il nous faut donc susciter l’adhésion des habitants. Il faut les embarquer avec nous dans cette vision que nous proposons. Leur montrer que nous ne nous développons pas en saupoudrant de ci de là le territoire de projets qui seraient sortis de je ne sais quel chapeau du fait de quelconque lubie d’élus, mais qu’au contraire, tout cela suit une logique harmonieuse au service d’une meilleure qualité de vie. L’adhésion des habitants, c’est l’indispensable prérequis qui permettra à terme de rayonner au-delà de nos frontières. Car on ne peut pas demander à être aimé sans s’aimer soi-même. Pour cela, il faut avoir la foi en ce que nous faisons, et se mettre à être fier, de ce qui est en train de se passer ici. Et pour cela, il nous faut des outils, et cet outil, ce liant, cet indispensable fil rouge, ce sera le marketing territorial, qui donnera peut-être un nom, un slogan, une signature à notre territoire; une image, en tout cas, en adéquation avec la réalité de nos ambitions, derrière laquelle nous pourrons fédérer notre enthousiasme, dans un même élan.

Merci à tous.