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16/08/2013

Cérémonie de LIBERATION de SAINT-CERGUES 15 août 2013

Monsieur le Vice Président du Sénat, mon cher Jean-Claude,

Monsieur le Vice Président  du Conseil Général, mon cher Raymond,

Messieurs les Maires,

Mesdames et Messieurs les anciens combattants et victimes de toutes les guerres et leurs porte-drapeaux,

M. Tochon, qui a participé aux combats des Bois Davaud,

Mesdames et Messieurs les élus,

Mesdames et Messieurs, chers amis,

 

Chaque année, c'est toujours la même émotion qui nous éprend lorsque nous commémorons ce qui s'est passé ici, en août 1944, il y a maintenant 69 ans. Une émotion très vive, car au beau milieu de cette campagne magnifique, au beau milieu de cette verdure ou aujourd'hui nous venons respirer le calme et apaiser nos esprits, de jeunes hommes pour ne pas dire des enfants sont morts pour nous, morts pour que cette terre recouvre sa LIBERTE.

Ils ont fait leur la célèbre devise du maquis des Glières, celle de Tom MOREL, " VIVRE LIBRE OU MOURIR". Quatre mots à la simplicité déconcertante, quatre mots à la résonnance néanmoins terrifiante, car cette devise n'était pas loin s'en faut qu'un effet de style ou qu'un slogan. Elle était au contraire l'expression la plus aboutie de leur détermination et de leur sens du sacrifice, elle était l'expression la plus absolue de leur courage et de ce qu'ils étaient prêts à mettre en œuvre pour combattre la barbarie nazie.

Ceux qui aujourd'hui n'ont de cesse de hurler à la liberté pour les causes ou les motifs les plus futiles devraient se remémorer avec force le prix qui a été payé en ces heures sombres pour cette liberté. Et imaginer quelque peu la vie qu'ont enduré ces hommes traqués par les allemands, par la milice, vivant dans le froid, avec souvent la faim au ventre, en danger de mort permanent.

Dans une Europe écrasée, dans une France exsangue, divisée, déchirée, dans les ténèbres les plus totales, des poignées d'hommes ont osé braver la nuit à la lumière d'une maigre chandelle. Et de cette infime étincelle pourtant est née l'espoir, et cet espoir a irradié le pays, le continent, pour ne pas dire le monde entier.

Et hameau par hameau, village par village, ville par ville, sont tombés les remparts de l'ordre nazi, à la grâce de combats, qui tous, à leurs échelles, de l'escarmouche entre quelques soldats aux débarquements alliés de Normandie  et de Provence, ont contribué à libérer le monde de l'asservissement et de la honte, ont contribué à rendre à notre pays sa dignité et son honneur.

Les hommes dont nous ne racontons pas l'histoire meurent deux fois, tués par les balles d'abord, mais surtout par l'oubli, ensuite. Car un peuple sans mémoire n'a pas d'avenir, il nous faut veiller, inlassablement, à rappeler les faits, à dire ce qui s'est produit. L'oubli est notre adversaire, notre ennemi à nous, qui jouissons d'une vie confortable, qui découle de la somme des combats menés au préalable de nos existences.

Car raconter l'histoire c'est donc faire revivre ceux qui l'ont faite, je veux rappeler ce qui s’est passé ici les 15 août et 16 août 1944.

Le 15 août, alors que les troupes alliées et françaises débarquent en Provence, les FFI de Haute-Savoie lancent l’ordre d’insurrection générale. Dans la droite ligne de ce plan, les FTP de de la vallée de Boëge sont chargés de prendre le bastion allemand de l’hostellerie savoyarde, à Machilly, afin de couper Thonon et Evian d’Annemasse.

Dans la nuit 3 compagnies, la 93-15 du lieutenant Franquis, la 93-24 à laquelle appartenait notre ami Jean Verbois et nos quatre braves, et la 93-22 se préparent au combat. Les groupes se scindent et alors que va bientôt débuter l’assaut à Machilly, d’autres se postent derrière l’hôtel « bon accueil », rue des Allobroges et aussi au bois Davaud pour couper l’arrivée d’éventuels renforts en provenance d’Annemasse.

A 7h15, le 16 août, de très violents combats s’engagent à l’Hostellerie savoyarde, les FTP assaillent avec vigueur la position ennemie. La garnison allemande du Pax à Annemasse, alertée, envoie des renforts qui sont stoppés nets à l’Hôtel « Bon Accueil », sous le feu nourri des résistants. Contraints au repli, les allemands décident de gagner le poste frontière, mais dans la descente de la gare de saint-Cergues, le groupe de FTP qui stationnait au bois Davaud les prend à partie et parvient à détruire un de leurs deux camions. Durant ces combats, hélas, quatre jeunes FTP perdent la vie, à court de munitions et n’ayant pas eu le temps de gagner la Suisse.

Pierre BAULMEL, 20 ans

Louis GROBEL, 23 ans

Roger CROSS, 20 ans

Georges JOLOWIEZ, 16 ans

Nous ne vous oublierons jamais, et nous mesurons avec une infinie gratitude ce que nous vous devons à vous, nos fils, nos frères, nos cousins. Grâce à votre ténacité,  à votre vaillance, grâce à votre sacrifice, les allemands durement frappés n’oseront pas rejoindre Machilly, et grâce à vous, les oppresseurs hisseront le drapeau blanc à l’hostellerie, à 12h30. Grâce à vous Saint-Cergues et Machilly furent les deux premières communes libérées du département. Grâce à vous, c’est un vent d’espoir qui souffla à nouveau sur nos terres.

Notre rôle à nous, qui sommes là, aujourd'hui, sous le soleil et le vent est de nous rappeler l'énorme prix payé par ces jeunes gens pour cette chose désormais évidente, simple et belle mais ô combien fragile qu'est la liberté.

Comme le disait Winston CHURCHILL, "un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre". Pour que ces sacrifices n'aient pas été vains, pour que ses vies disparues aient un sens, nous ne cesserons de dire aux générations qui se suivent qu'un jour, en ce monde dit civilisé, ici même, des enfants sont morts, pour nous.

Merci à tous, de tout cœur, d'être là pour eux.  

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