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30/08/2013

Inauguration du reméandrage du Foron

 

Monsieur le Sénateur, Pierre Hérisson,

Monsieur le conseiller général, Raymond Bardet

Mesdames et Messieurs les élus,

Madame la Présidente du Sifor Renée MAGNIN, représentée par Mesdames et Messieurs les vice-présidents et délégués du SIFOR,

Mesdames et Messieurs, partenaires institutionnels français et suisses des beaux projets portés par ce contrat de rivière, (ADEME, conseil régional, conseil général, DDT, service renaturation de l'Etat de Genève… )

 Mesdames et Messieurs les propriétaires des parcelles concernées par le projet, sans qui rien n’aurait pu se faire,

Mesdames et Messieurs les représentants des associations environnementales et sportives,

Mesdames et Messieurs représentants les entreprises qui ont œuvré sur ce chantier,

Je vous souhaite la bienvenue. C’est une grande joie et un grand honneur de vous accueillir sur ce site, pour inaugurer cette opération que je qualifierai d’exemplaire et qui s’inscrit dans la longue liste désormais des belles réalisations du Syndicat du Foron.

Exemplaire car il s’agit d’un chantier où très clairement, l’homme a en quelque sorte « réparé ses erreurs ». Il y a d’ailleurs quelque chose d’un peu paradoxal là-dedans, dans la mesure où l’HOMME intervient pour RENATURER. La nature en principe n’a pas besoin de la main de l’homme pour rester « Nature », sauf bien sûr quand un site a été dégradé ou négligé. Et en effet, si l’on fait un peu l’historique de l’endroit, on remarquera le chemin parcouru depuis des décennies, et le changement de mentalités fondamental qui a permis aujourd’hui à tout un secteur de notre chère rivière de retrouver sa dimension naturelle.

Je me souviens qu’étant enfant, mon grand-père aimait beaucoup venir ici, dans ce lieu qu’il appelait comme la plupart des villageois de Saint-Cergues et de Machilly « Les ruclons ». Je pense que les connaissances en patois de la plupart d’entre vous sont suffisantes pour comprendre que ce terme désigne une sorte de décharge à ciel ouvert, un dépotoir pour le dire sans fard…

Il venait comme tout le monde y déposer une foultitude d’objets usés, fatigués, en fin de vie, et repartait généralement la voiture plus remplie encore qu’elle n’était arrivée, ayant glaner sur le chemin quelques indispensables babioles en ferraille ou en plastique, qui devaient forcément être utiles, un jour.

Tout cela pour dire que j’ai en mémoire les monceaux d’ordures, les détritus de toutes sortes qui souillaient ce très beau site.

Le cours d’eau, lui, à proximité de cela, souffrait à la fois de la pollution environnante et d’une chenalisation qui l’avait condamné à n’être plus qu’une sorte de conduite d’eaux usées. Je le dis de façon un peu caricaturale, mais on en était franchement pas loin.

Aussi, quand on voit aujourd’hui l’ampleur du travail accompli, quand on mesure ce qui a été redonné à la nature, à ce qui a été mis en œuvre pour la protéger et pérenniser son développement, on peut être fier et heureux de se dire qu’un site ait retrouvé son éclat originel, son état de nature initial, pour le plus grand bien de cette rivière dans sa partie suisse comme française, pour le plus grand bien de la biodiversité des milieux qui la bordent, et pour le plus grand bien également aussi des promeneurs désormais très nombreux qui arpentent les chemins du Foron, de ville la grand à Bons en chablais. 

Aussi, en ce jour particulier, je veux de tout cœur saluer le travail magnifique réalisé par le SIFOR, dans le cadre d’un contrat de rivière qui a redonné vie au  vallon du Foron, qui à une certaine époque était un secteur « honteux de la commune », où l’on venait jeter ses déchets, où l’on venait souiller allègrement la nature, sans éprouver quelconque culpabilité d’ailleurs, puisque tout le monde faisait ainsi.

Les temps ont changé et c’est heureux, et nombreuses sont les erreurs du passé à corriger. On peut dire que le SIFOR a œuvré depuis sa création sans relâche pour redonner un avenir à cette rivière, a œuvré pour protéger les habitants et leurs biens des caprices de ses nombreux affluents qualifiés d’ « enfants terribles des Voirons», a œuvré pour que l’eau qui y coule retrouve sa qualité, a œuvré pour favoriser le retour de la biodiversité en mettant en place toute une série de mesure et d’équipements appropriés, a œuvré enfin et c’est très important pour faire en sorte que nos habitants s’accaparent ces sites, qu’ils comprennent les enjeux très forts qu’ils représentent, et puissent à leur tour se faire les ambassadeurs de la protection de ces milieux sensibles.

De très grands résultats ont été atteints et je veux saluer l’engagement sans faille et l’enthousiasme de la présidente Mme Renée MAGNIN, qui n’est malheureusement pas des nôtres aujourd’hui, le travail de tous les élus du SIFOR, à ses côtés, et bien entendu aussi le travail remarquable d’Anne Marie et puis de Mélanie et Arnaud, techniciens de chocs, qui sont très présents sur le terrain, qui connaissent bien cette terre, cette eau et les hommes qui habitent autour...

C’est grâce à leurs compétences, grâce à leur action de proximité, au plus proche des acteurs, que le SIFOR a pu accomplir un tel travail, il me semble. Et Saint-Cergues, comme je le pense toutes les communes concernées n’a qu’à se féliciter de l’action de ce syndicat. Rare sont les syndicats où il règne d’ailleurs une telle unanimité, un tel consensus, où il règne une telle ambiance de travail,  détendue, constructive, positive, conviviale et cela est le gage évident de sa réussite.

 Saint-Cergues est en effet très gâtée par le contrat de rivière, il faut le reconnaître, et si nous inaugurions il y a deux ans la création des cheminements du Foron, sur les magnifiques pontons créés près de la roselière du marais de Lissoud, si nous inaugurons aujourd’hui cette opération de reméandrage et de renaturation, nous inaugurerons dans quelques temps également la réhabilitation du tènement de l’ancienne Casse Automobile de Saint-Cergues.

Autant d’actions fortes, qui sont au cœur des défis de nos sociétés, à savoir, comment protéger la nature sans la mettre sous cloche, sans la muséifier, mais au contraire,  en lui permettant de croître, de se développer, au plus près des gens, parmi les gens, au plus près de ceux qui ont désormais la responsabilité collective de la préserver.

Je veux donc de tout cœur remercier tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à la réussite de ce chantier, élus, partenaires institutionnels et associatifs, propriétaires fonciers, entreprises.

Je terminerai par une citation que j’aime beaucoup de Robert Hainard, un très grand naturaliste, et qui illustre bien ce que nous essayons de faire… Cette citation est la devise de la CERFF (campagne d’éducation respectueuse de la faune et de la flore), une association environnementale basée à saint Cergues, qui me pardonnera de la lui emprunter en cette circonstance :

" Un jour viendra, et plus tôt qu'on ne pense, où le degré de civilisation se mesurera non à l'emprise sur la nature, mais à la quantité et à la qualité, à l'étendue et à la sauvagerie de nature qu'elle laissera subsister. »     

Saluons donc la sauvagerie restaurée de ce site, et souhaitons redevenir quelque peu des « sauvages » nous aussi, de ces sauvages qui savent traiter toute chose avec respect, à commencer par la nature qui les nourrit et qui les fait vivre. 

Merci à tous

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