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10/03/2014

A quoi sert Annemasse Agglo ?

 

index.jpgLe rapport des citoyens de nos douze communes à leur agglo ressemble parfois à s’y méprendre au rapport qu’entretiennent une bonne part des français avec l’Europe. De la méfiance, de la défiance, presque. Le sentiment que quelque chose nous a échappé, que quelque chose nous a été confisqué, qu’un morceau de notre souveraineté a été vendu ou transféré ailleurs. Quelque part nous aurions été déshabillés, amoindris, au profit d’une entité informe qui gouverne de loin et impose ses diktats administratifs dans une langue et selon des méthodes qui ne sont pas du coin. Des « Machins » à la De Gaulle, qui se sur-empilent, qui éloignent toujours plus le citoyen des vrais lieux de pouvoir.

Ces clichés ont la dent dure et sont parfois répandus par les élus eux-mêmes, quand bien même ils émargent aux indemnités de ces prétendus LEVIATHAN modernes. Cela ne dérange pas certains en effet de tout voter comme un seul homme à l’Agglo et de se défausser dans leurs communes par de sempiternels : « ce n’est pas moi c’est l’Agglo ».

Il convient à mon avis de dire ce qu’est Annemasse Agglo, quelles sont ses missions, quelles sont ses réalisations et ses projets. Parce que la réforme récente des modes de scrutin va permettre au citoyen de mieux identifier ces nouvelles collectivités, de choisir directement qui y siègera. Auparavant en effet, les conseillers communautaires étaient élus par les conseils municipaux, cette fois, clairement, et cela a son importance psychologique, le mode d’élections des conseillers communautaires permettra de se sentir plus proches de ces collectivités aussi indispensables que mal connues et mal aimées.

index  1.jpgAnnemasse Agglomération-Les Voirons est née en 2008, de la fusion de deux communautés de communes, la communauté de communes des Voirons (CCV) qui regroupait les communes de Machilly, saint-Cergues, Juvigny, Cranves-Sales, Bonne et Lucinges, et la communauté de communes de l’agglomération Annemassienne (2C2A), qui regroupait les communes d’Etrembières, de Gaillard, Ambilly, Annemasse, Vétraz-Monthoux et Ville-la-Grand. Notre communauté d’agglomération est donc jeune. Elle est la deuxième du département par la taille, compte 85 000 habitants et foisonne de projets.

Elle foisonne de projets parce qu’en parvenant enfin à cette taille critique au-delà de laquelle on a enfin une vision globale du territoire et de ses enjeux, il a été possible de mesurer le retard accumulé en termes d’infrastructures ces dernières décennies et de dépasser les aveuglements divers et variés auxquels on est contraint lorsque l’on s’accroche à une vision purement communale des choses sans regarder ce qui se passe et se fait ailleurs.

La première des vertus de l’Agglo, c’est donc bien de prendre de la hauteur, de partager les expériences, de confronter des solutions et des problèmes, pour tenter, et c’est la seconde vertu à mes yeux, de les résoudre à plusieurs en mutualisant nos moyens.

Annemasse Agglo porte de nombreuses compétences, que lui ont transférées les communes. Aux compétences traditionnelles des agglos telles que l’Eau, l’assainissement, la gestion des déchets se sont ajoutées l’économie, la culture (Ecole des Beaux Arts du Genevois, soutiens à des manifestations culturelles…), le sport (Nouveau centre aquatique, équipements sportifs transférés, soutien aux associations…), les Transports (CEVA, TRAM, Bus à Haut Niveau de Service, lignes de Bus régulières, Pôle d’échange multi-modal…), l’Habitat, la Gérontologie (EHPAD des Gentianes à Vétraz et de la KAMOURASKA à Gaillard, soutien aux associations œuvrant dans ce domaine…), la jeunesse (centre de loisirs de la Bergue…), le tourisme (Office du Tourisme), les solidarités (politique de la ville, action sociale, centre d’hébergement d’urgence, populations nomades sédentarisées, cité de la solidarité internationale…), l’accès au droit (maison de la Justice et du Droit)…

L’Agglo est donc un facteur essentiel de cohérence pour nos douze communes. Elle a créé plusieurs documents-cadres thématiques dans lesquels s’intègrent et se déclinent les actions communales et pour n’en citer que quelques-uns :

- Le Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT) qui s’impose aux documents d’urbanisme communaux et qui aura permis de mieux organiser le territoire notamment en maîtrisant le développement des zones bâties, en préservant les espaces naturels et agricoles, en densifiant les centralités.

- Le Document d’Aménagement Commercial (DAC) qui vise à mieux rationnaliser les implantations économiques en les sectorisant de façon cohérente.

- Le Plan de Déplacement Urbain, qui fixe les objectifs en matière de mobilité, de transports publics, de modes doux (piétons, vélos…)

- Le Programme Local de l’Habitat, feuille de route du logement sur l’agglo.

- Le Plan Air Energie Climat Territorial, qui vise à réduire notre facture énergétique et à améliorer la qualité de vie des habitants.

L’ensemble de ces documents de référence nous permettent, dans chaque commune, d’agir de façon cohérente.

A côté de ses compétences qui sont donc désormais propres à l’Agglo, existent ce que l’on appelle des services mutualisés. Il ne s’agit pas de compétences transférées, mais de compétences communales mutualisées par certaines mairies pour se doter d’une capacité de réponse plus importante, à moindre coût. C’est le cas du service de la voirie mutualisée, qui regroupe les 6 communes des Voirons, il en va de même pour la police intercommunale des Voirons. Les communes en restent totalement responsables. Un nouveau service a vu le jour pour pallier au désengagement de l’Etat, en matière d’instructions du droit des sols (Permis de construire, déclarations préalables, certificats d’urbanisme). 8 communes ont créé ce service pour répondre à la fin de cette mission jusqu’alors assurée par les services de l’Etat.

La loi nous contraindra bientôt à faire plus d’efforts encore en termes de mutualisation. Le but affiché étant de rationaliser les coûts de fonctionnement des collectivités locales.

territoire.jpgUne agglomération donc très engagée, porteuse de nombreuses compétences, et qui fait face à des spécificités quasi-uniques en France. En effet, notre situation géographique nous place dans la continuité urbaine du canton de Genève, et de fait, nos problématiques sont plutôt celles d’une agglomération de 400 000 habitants. Car nous sommes au cœur d’un bassin de vie, le Grand Genève, qui représentera un million d’habitants en 2020. Un grand dynamisme économique, dont la locomotive est Genève, une grande cherté et rareté des logements, une économie trop basée sur le commerce au détriment de l’industrie, et des inégalités sociales qui se creusent. Il y a bien en effet un revers de la médaille à cet Eldorado… D’où l’importance en effet qu’une attention toute particulière soit prêtée à la cohésion sociale.

De façon générale, l’union fait la force, c’est incontestable, et pour peser face à Genève, pour être en mesure de rééquilibrer les choses, il faut ce poids que représente l’Agglo. Pour peser face à Annecy, également, qui peine parfois à comprendre nos problématiques.

Les candidats aux municipales devraient faire de l’agglo un thème essentiel de leur campagne, car l’agglo c’est nous ! Ce n’est pas une treizième mairie déconnectée des 12 autres, elle est composée des élus des 12 communes. Et pour les communes telle que Saint-Cergues, qui pèsent peu en termes démographiques et donc en termes de représentation, y participer activement est essentiel.

Certains pensent, surtout d’ailleurs ceux qui n’y siègent pas, que l’Agglo c’est la gabegie, c’est l’excès, la démesure. Je dirai que notre agglo est à la taille de nos enjeux et des défis que nous avons à relever. Tout ce que nous lui avons transféré n’est plus à la charge des communes, et les marchés publics sont évidemment plus intéressants quand on les passe pour 85 000 habitants que pour 3500. Cela nous a permis de nous entourer de compétences professionnelles essentielles à cette taille de bassin de vie. Cela nous a permis également de penser l’aménagement du territoire à une échelle beaucoup plus pertinente.

Si je devais prendre un seul exemple ce serait celui-là : sans l’agglo, Saint-Cergues n’aurait jamais pu se payer 3 chantiers d’assainissement considérables en un mandat… (Le bois, les Poules d’Eau, Boringes)… Même si cet argument de pur calcul est fondamentalement trop réducteur.

En tant qu’élu, il est très sain de partager ses expériences avec des élus d’autres communes. Cela évite de reproduire des erreurs, cela permet d’échanger et de prendre du recul, ce qui est vital parfois.

Et on doit dire que jusqu’à maintenant, c’est un consensus assez exceptionnel qui a régné, sous la présidence de Robert Borrel et de Georges Deléaval ensuite. Elus UMP, centristes, PS ou sans étiquettes votant unanimement, souvent. Mon vœu pour le prochain mandat est que cet esprit perdure, que l’agglo ne devienne jamais le théâtre d’affrontements politico-politiciens stériles.

Le processus de l’intercommunalité est inéluctable, et on parle déjà de fusionner des communautés d’agglomérations en Pôles métropolitains. La loi contraint aujourd’hui les villes isolées à se joindre aux intercommunalités environnantes, il faut se réjouir qu’à Annemasse Agglo, ce choix se soit fait de façon délibérée, et en avance donc, sur les autres régions. C’est à la mesure, aussi des retards qui sont les nôtres, en matière de transport, notamment. Et ces mouvements de concentration des pouvoirs et des compétences au sein des agglos vont de pair avec les étages qu’on entend supprimer au niveau des départements et des régions. Si tel devait être le cas, alors il faut voir l’intercommunalité comme un rapprochement du citoyen et du pouvoir in fine, puisque ce qui était administré à Lyon ou à Annecy le serait à Annemasse.

Ceci dit, la commune reste pour moi la première porte d’entrée pour le citoyen. Elle est la base de notre architecture démocratique et doit le rester, parce qu’elle est la proximité même, au plus près de tous. Mais les grands enjeux doivent être discutés à ces échelons-là.

Le grand défi puisque les agglos montent en puissance, c’est de les humaniser. De passer d’un mode quelque peu froid, fonctionnel, institutionnel, descendant, à une certaine horizontalité, tournée vers le citoyen. D’assumer pleinement le rôle joué sur la vie des gens en ayant avec eux des rapports directs et chaleureux. A leur montrer que l’agglo n’est pas un monstre administratif fou qui rêve de dévorer les communes, mais bien un outil précieux au service des communes.  

En fait, le défi, c’est de donner de la cohérence à notre région, qui s’est construite souvent de façon un peu anarchique.

Le défi c’est de se mettre un tout petit peu à être fier de notre territoire, qui est en pleine mutation et qui se structure, enfin… Car trop nombreux sont encore ceux qui pensent que nous ne sommes que des cités dortoirs sans vie et sans identité.

Le défi, c’est de maîtriser notre développement, de ne plus le subir, et de se mettre avant tout à penser à notre qualité de vie. Et l’agglo, incontestablement, est l’échelon pertinent.

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