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08/05/2014

commémoration de l'armistice du 8 mai 1945

 

Mesdames et Messieurs,

Chers amis, je vous souhaite la bienvenue et je salue votre présence, tellement importante en ces instants particuliers où nous repensons avec émotion à ces heures terribles qui ont meurtri notre nation. En honorant la mémoire de ceux qui ont combattu pour la France, vous faîtes votre devoir de citoyen, de citoyen qui sait ce qu’a coûté la liberté dont nous jouissons aujourd’hui.

Nous sommes réunis en effet pour célébrer le 69ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945, pour commémorer la fin d’un conflit dont l’horreur a dépassé l’imagination et pour rendre hommage à ceux qui dans cet océan de ténèbres se sont levés pour défendre la liberté au péril de leurs vies.

Il y a 69 ans, l’Allemagne nazie capitulait enfin, après une guerre dont l’ampleur a été sans précédents. Sans précédent par le nombre de victimes, qui dépasse le chiffre inconcevable de 55 millions d’êtres humains. 55 millions de vies détruites, absorbées par ce monstre insatiable qu’est la guerre. Sans précédent par l’importance des destructions matérielles, laissant une Europe, un continent tout entier, en ruine. Sans précédent par les abominations qui ont été infligées aux populations civiles. Sans précédent par le niveau de barbarie atteint, qui a fondé l’extermination de millions d’hommes et de femmes, sur le seul et ignoble prétexte qu’ils étaient différents.

Le temps passe, et nous oublions parfois dans le confort de nos vies, le sacrifice de celles et ceux qui ont répondu à l’appel du général de Gaulle, par qui un vent d’espoir a soufflé sur une France écrasée, humiliée, sur une France indigne qui signa l’armistice à Rethondes et pactisa avec l’ennemi, mais sur une France, aussi, qui n’attendait qu’un signe pour reprendre le combat. Car oui, s’il y eu bien des monstres en ces années noires, il y eu aussi dans ce conflit des hommes exceptionnels qui donnèrent le meilleur d’eux-mêmes.

A l’aube des prochaines élections européennes, il n’est pas inutile de se rappeler que depuis 1945, notre continent n’a plus connu de guerre. On peut en penser ce que l’on veut de l’Europe, on peut la fustiger, la critiquer, la vouer aux gémonies, on peut estimer qu’elle est trop libérale, qu’elle est trop rigide, qu’elle est trop ci ou trop ça… N’empêche que cette Europe, telle qu’elle s’est construite aura permis à la paix de régner sur nos terres depuis 69 ans. C’est la plus longue période ininterrompue de paix jamais atteinte par notre continent depuis ses origines. La construction européenne, quoi qu’on en pense, aura au moins permis cela, de vivre en homme et en femme libre, de protéger nos enfants, nos familles, nos peuples et nos pays de la dévastation perpétuelle à laquelle nos aïeux se sont livrés pendant des siècles.

Des ruines de nos villes, des cadavres entassés des champs de bataille, de l’horreur des chambres à gaz ont jailli une volonté absolue de ne plus jamais voir se reproduire de telles atrocités. C’est sur ce refus de la barbarie que l’Europe s’est construite. Alors rendons-lui au moins cette grâce. Mais ne soyons cependant pas trop naïfs.

Car aujourd’hui, aux portes de notre union, en Ukraine, les bruits de botte retentissent, car aujourd’hui, au sein même de nos états, des mouvements politiques radicaux, xénophobes, se revendiquant des idéologies les plus sombres prennent de l’ampleur. Les nationalismes, car nous sommes en crise, reviennent à la surface, et arrosent de mensonges, de solutions simplistes ceux qui souffrent et ne savent plus à quels saints se vouer. Par les urnes, des mouvements politiques particulièrement inquiétants font leur entrée dans les parlements et c’est ainsi par exemple que l’on a pu voir un parti néo-nazi arriver en force dans les institutions grecques récemment. Dans de nombreux pays de l’est, des groupuscules arborent des symboles fascistes sans aucune forme de honte, et vont même jusqu’à remporter de ci de là des élections. En France, certains militants et candidats d’un fameux parti dont je tairai le nom se sont fait prendre, la main dans le sac, avec des drapeaux ou des objets à croix gammée, témoignant leur admiration pour ce qui, pourtant, a détruit des millions de vie.

N’oublions jamais en effet, qu’Hitler a été porté au pouvoir par les urnes, n’oublions jamais que les nazis ont été démocratiquement élus. Ils ont su suscité l’adhésion massive d’un peuple en proie au doute  par une avalanche de solutions simplistes, ahurissantes de bêtise mais surtout ahurissantes d’inhumanité, par des propos haineux, en quête permanente de boucs émissaires, désignés responsables de tous les maux, et qu’il suffisait d’expulser ou de supprimer, purement et simplement, pour que tous les problèmes se règlent. C’est des urnes, en effet, que l’horreur a jailli et il ne faut jamais l’oublier.

Les extrêmes-droites d’Europe, quel que soit leur niveau de « déguisement » sont en train de s’allier un peu partout. Il faut voir derrières les masques, il faut gratter le maquillage prétendument respectable dont elles se fardent pour mieux passer auprès des opinions publiques. Elles prolifèrent sur le terreau de la misère sociale, du chômage, du désespoir, désignent elles aussi des boucs émissaires, et ceci impose la plus totale des vigilances. Car nos démocraties confortables s’endorment. Car au lieu d’aller voter, on préfère aller en promenade ou s’abrutir devant la télévision, car au lieu d’essayer de comprendre la complexité du monde qui nous entoure, on préfère croire aux solutions simplistes, qui évitent il est vrai de trop se creuser la tête. Car au lieu de s’engager, de prendre position, de défendre des principes, on préfère cracher sur tout, on, préfère tout condamner, tout critiquer et traverser la vie dans un égoïsme fabuleux en se moquant du sort des autres tant que soi, on tire son épingle du jeu.

Face à ce phénomène, il faut inventer notre résistance à nous. Une résistance contre la passivité, une résistance contre cette lassitude, contre cette ignorance coupable, contre ce cynisme, contre cette dépression généralisée des peuples qui conduirait certains, si nous n’y prenons pas garde, à aller vers le pire.

Le devoir de mémoire, l’histoire, sont les armes qu’il nous faut. Car ce sont des choses vivantes. Contrairement à ce qu’en pensent toujours plus de citoyens, l’histoire n’est pas un musée poussiéreux, qui concentre la somme de tout ce qui n’arrivera plus. L’histoire au contraire est le musée de ce qui pourrait encore arriver. Elle est une vigilance permanente qui permet, du haut des siècles observés, d’éviter les écueils, de ne pas tomber dans les mêmes épouvantables travers.

Voilà pourquoi ces cérémonies sont si importantes. Voilà pourquoi il est formidable que le 16 mai prochain, 1000 écoliers de la région dont deux classes de Saint-Cergues aillent prendre les chemins de la résistance, en vallée verte, pour tenter de se rendre compte de ce qu’a été le courage et l’abnégation de celles et ceux qui ont dit non et se sont élevés contre la barbarie. Voilà pourquoi aussi j’espère que vous viendrez nombreux le 15 août prochain aux Bois Davaud, commémorer le 70ème anniversaire de la libération de notre commune, qui fût avec Machilly le premier village libéré de Haute-Savoie.

Je terminerai par cette citation lumineuse du Général de Gaulle :

«  Le patriotisme c’est aimer son pays. Le nationalisme, c’est détester celui des autres. »

Merci à tous.

 

Commentaires

Monsieur le Maire
A l’heure où trop de vos homologues hauts savoyards se sont contentés de lire le communiqué officiel du 69e anniversaire de la Victoire du 8 mai 1945 paraphé par Monsieur Kader ARIF, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire, votre message a le mérite de souligner le particularisme du rôle joué par la résistance dans notre département « libéré par lui-même». Premier magistrat du « premier village libéré de Haute-Savoie » vous contribuez ainsi à perpétuer la mémoire de cette période tragique.
Cependant on peut regretter que dans le titre de votre message et dans le corps de votre discours vous affirmiez vouloir « célébrer le 69ème anniversaire de l’armistice du 8 mai 1945 ». Or, sauf erreur, lors de ce conflit, d’armistice il n’y eu que celui honteux de juin 1940. Le 8 mai est célébré la capitulation sans condition de l'Allemagne nazie. A votre décharge cette approximation historique est largement répandue, même parfois dans les services officiels de l’Etat !...
§ http://www.liberation.fr/societe/2010/04/28/l-elysee-reinvente-l-armistice-du-8-mai-45_623297
D’autre part, comme beaucoup vous reprenez à votre compte l’argument consistant à affirmer que « cette Europe, telle qu’elle s’est construite aura permis à la paix de régner sur nos terres depuis 69 ans ». On pourrait tout aussi bien dire, à l’instar du Général De Gaulle, que vous citez par ailleurs, que c’est parce que qu’il n’y a plus eu de guerre entre la France, l’Italie, l’Allemagne et l’Angleterre, que l’Europe a pu se construire. Admettez que si vous y voyez la cause certains puissent y voir la conséquence. De plus, français, nous ne saurions oublier les guerres «pas sur nos terres» d’Indochine et d’Algérie, celle-là même qui ne voulait pas dire son nom…Et comme vous le dites avec raison «ne soyons cependant pas trop naïfs », l’équilibre est fragile.
Vous pouvez dire que « La construction européenne, quoi qu’on en pense, aura au moins permis cela, de vivre en homme et en femme libre… », mais il ne vous aura pas échappé que dans la chronologie de cette construction on a commencé par assurer la liberté de circulation des marchandises en délaissant quelque peu l’ « âme européenne » ce qui conduit aujourd’hui pour un trop grand nombre de citoyens à un désintérêt quand ce n’est pas à un rejet.
Quand à affirmer « que les extrêmes-droites d’Europe, sont en train de s’allier un peu partout » c’est peut-être prendre des raccourcis. Certes il y a une montée en puissance des nationalismes exacerbés par la crise, un partage et une convergence de l’idéologie xénophobe mais justement ce trait de caractère spécifique les rend objectivement et concrètement antagonistes de quoi contrarier sensiblement des alliances durables. Pour illustrer le propos, serait-il raisonnable d’envisager une alliance des partis nationalistes des deux cotés de notre frontière franco-suisse ?

Écrit par : Pellet André | 20/05/2014

Bonjour M. PELLET et merci pour votre message.

Mea maxima culpa. Vous avez raison, l'expression armistice est erronée, puisqu'il s'agit en l’occurrence d'une capitulation sans condition. Pan sur le bec, comme dit le canard enchaîné.

Sur l'Europe et la paix, j'entends les nuances que vous apportez à mon propos, mais je pense aussi, comme le pensait SCHUMANN, que c'est bien en liant nos différents intérêts que l'envie de nous détruire, peut-être nous a quitté.

Sur l'alliance des extrêmes droite, je crains malheureusement que le scrutin de dimanche en dise long. D'autre part, pour répondre à votre propos jugeant déraisonnable une alliance des partis nationalistes des deux côtés de notre frontière franco suisse, je dois vous dire qu'existe un groupuscule, appelé le mouvement des citoyens de savoie qui s'entend formidablement bien avec le MCG suisse... Allez comprendre.

Écrit par : Gabriel Doublet | 22/05/2014

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