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19/05/2014

Genève flingue le grand Genève

  

Hier le peuple genevois a parlé.

Genève ne cofinancera pas les P+R en France voisine. Dont acte.

La portée politique de ce scrutin est considérable, comme le reconnait M. LONGCHAMP, président du conseil d’État. Une campagne où les partis favorables au projet ont laissé tout le champ libre au Mouvement des Citoyens Genevois (MCG).

Un MCG qui s'en est donné à cœur joie, en faisant croire que Genève allait s'engager à financer la totalité des équipements indispensables à la mobilité régionale, en France voisine.

Un MCG qui a pu une fois n'est pas coutume traiter les frontaliers et les français de mendiants, de voleurs d'emplois et de profiteurs.

Un MCG qui a laissé croire que les fameux fonds frontaliers étaient un cadeau offert gracieusement à la France, et que la contribution spécifique genevoise était tout simplement une sorte de vol.

Un résultat qui laisse entendre que le peuple genevois ne veut pas du Grand Genève.

Or, c'est quoi le Grand Genève : c'est le fruit de la volonté politique de la confédération helvétique (et de la majorité des élus de la région), désireuse d’encourager les territoires importants à se structurer avec leur région, comme le font toutes les métropoles du monde avec leur périphérie, et quand bien même il y a une frontière. Pour ce faire, Berne alloue des subventions très significatives aux territoires concernés.

Le projet d'agglomération franco-valdo-genevois (ancien nom du Grand Genève) vise ainsi à corriger les grands déséquilibres qui affectent notre région, en axant principalement le travail sur les questions de mobilité, tout cela au profit de toute la région, et donc évidemment en premier lieu de Genève.

Pour ce faire, toute une série de mesures ont été pensées, validées par les élus suisses comme français pour que la périphérie genevoise fonctionne mieux avec sa ville centre.

Alors que le MCG a réussi à faire croire au peuple genevois que la France ne faisait aucun effort financier, il faut rappeler que la France paie les 3/4 de ces mesures, soit 750 Millions de francs. Genève devait en financer un quart, soit 240 millions au rythme de 24 Millions par an pendant dix ans.

Les fonds frontaliers servent à compenser les charges supplémentaires induites par l’afflux massif de populations en France voisine, travaillant et payant leurs impôts à Genève, suisses comme français, et qui privent leurs communes d’accueil des dotations versées par l’Etat français au titre de l’impôt sur le revenu. Les fonds frontaliers servent à payer les écoles, les services publics municipaux dont profitent notamment les suisses venus s’installer chez nous. (Pour exemple, à Saint-Cergues, nous comptons 900 frontaliers dont 500 citoyens genevois. Les résidents suisses en France voisine ont d’ailleurs approuvé à 74 % le cofinancement des P+R.)

La contribution spécifique genevoise, qui était le vrai enjeu de la votation d’hier visait donc à cofinancer à hauteur de 25 % les projets d’intérêt transfrontalier en France voisine (les P+R n’en étant que le premier et bien modeste volet). Ces 24 millions de francs annuels sont à mettre en relation avec les 720 millions d’impôts prélevés à la source directement par le canton de Genève, desquels il faut retrancher 230 millions de francs reversés à la France au titre des fonds frontaliers et qui laissent apparaître une fois l’opération accomplie un « résultat net » de 490 millions de francs environ pour le canton.

490 Millions qui vont dans les caisses de Genève, qui est le seul canton romand a procédé de la sorte. Autrement dit l’accord de 1973, s’il est naturellement favorable aux collectivités locales françaises qui préfèrent que l’argent soit investi ici plutôt qu’à Paris, l’est plus encore à Genève. Même le MCG a compris la chose. Cela relativise l’éternel argument selon lequel Genève est une vache à lait !

Il n’était donc pas illogique de prélever ces 24 millions sur les impôts payés par les frontaliers pour cofinancer les infrastructures dont notre région a désespérément besoin. D’autant plus que les frontaliers ne consomment pas ou très peu de service public en Suisse. Les dizaines de milliers de citoyens genevois qui ne vivent plus à Genève sont autant d’économie pour le canton.

Le grand conseil avait validé le principe de ces 240 millions, cette enveloppe avait même conditionné la signature du projet d’agglomération par les français, pour qui ce cofinancement est indispensable à la réalisation des grands projets de ce territoire.

Nul ne sait ce qui va advenir maintenant. Il y a un contexte général anti-français, il y a des idées simplistes et fausses qui se sont répandues faute de contradiction. Il y a une dynamique de région fortement ébréchée. Et des voitures, encore et toujours, qui s’embouteilleront à Genève.

Genève si l’on en croit les résultats d’hier, ne veut pas jouer son rôle de métropole régionale. Le peuple a donné une gifle à ses élus.

Reste au MCG à nous dire comment régler tous les problèmes de mobilité et de logement dans la région.  

Commentaires

Monsieur,

Le "Grand Genève" ne peut se construire qu'en prenant conscience les des uns et des autres et surement pas les uns au détriment des autres. Et pour l'instant c'est ce qu'il se passe.

Je crois que Genève a déjà investie suffisamment dans la farce qu'est le CEVA et dans ses P+R inutilisés par les travailleurs transfrontaliers.

Nous avons dû à tort et à travers le cantons étendre les "zones bleues" car les places blanches à durée indéterminée sont utilisées jours et nuits par les voitures françaises et qui ne font qu'échanger leurs véhicules privés par leurs véhicules professionnels. Tout cela encore une fois au détriment des Genevois.

Nous ne sommes évidemment pas contre la construction de P+R de votre côté de la frontière mais il serait déjà bien que ceux qui sont dans la périphérie genevoise, aux abords donc des frontières soient utilisés par les frontaliers, à qui au passage en louant une de ces places est gracieusement offert ou presque un abonnement de TPG valable des 2 côtés de la frontière ce qui n'est pas le cas pour les genevois.

Oui Monsieur, vous avez raison une partie des impôts prélevés aux frontaliers reste sur le territoire genevois, mais dois-je vous rappeler, comme vous le faites si bien, que beaucoup des enfants de vos compatriotes utilisent aussi nos infrastructures scolaires. Que les frontaliers peuvent étudier dans nos écoles, se soigner dans nos hôpitaux, utilisent nos routes, nos infrastructures sportives etc etc et oui Monsieur comme vous nous avons besoin de ces impôts pour entretenir nos infrastructures, qui cela dit en passant tombent en ruines.

Et entant admin. d'une PME qui subie à longueur d'année la concurrence déloyale de mes concurrents français qui viennent travailler sur le territoire genevois sans s'annonce à la commission paritaire et qui du coup n'applique pas la CCT ou les salaires minium dans notre branche sont de 4500.- CHF/mois et x13 ou qui ont simplement ouvert une BP pour facturer depuis GE et ainsi bénéficier des avantages sans les inconvénients des tracasseries douanières… Comment faisons-nous pour survivre ?

Alors vous voyez Monsieur, nous avons chacun notre croix à porter et notre vision de territoires, fiscalité, mobilité et politique étant si différentes que je peine à comprendre comment vous voulez que nos 2 pays, car ce sont bien 2 pays différents et pas juste des régions d'un même pays puissent tous partager …. y.c. leurs dépenses.

Si vous avez réellement l'envie que cela fonctionne commencez par financer et construire vos P+R et incitez vos compatriotes à laisser leurs véhicules aux frontières et utiliser les transports en communs.

ABE

Salutations

Écrit par : Ana Roch | 19/05/2014

Un bien bel article qui accompagne une bien triste nouvelle...

Écrit par : Arnaud Schmid | 19/05/2014

Il y a des limites à la désinformation:

Chere Ana Roch, vous vivez dans quel monde ??? Vraisemblablement pas dans le Grand Genève !!!

Les P+R ne sont pas vides, au contraire les places sont sur liste d'attente !

N'êtes-vous jamais entré dans un P+R ? Les immatriculations sont à 99,9% françaises, y compris celles des ressortissants Suisses qui habitent en France !

Le CEVA, vous semblez ne pas savoir de quoi il s'agit !
Si du coté français il est présenté comme un accès rapide à Genève, il se trouve qu'il va avant tout bénéficier aux résidents Suisses ! En effet sur les 8 gares, 1 seule est en France ! Les 5 suivantes sont sur le territoire suisse dans des zones de forte densité d'habitation (et non de travail) dont le but sera de charger des passagers résidents Suisses et de les poser dans les 2 dernières gares (Praille et Cornavin). Donc dans ce sens, la majorité des passagers seront donc des Suisses !
Regardez sur Google Earth, vous verrez que sur ces 5 gares naissent des quartiers entiers, visant encore plus a densifier sur ces arrêts de rammassage de Suisses.
Dans l'autre sens, la Gare de Cornavin rammassera les Suisses venant par le train de la côte et de Vaud... et aucun Français !
Si vous appeler cela un farce, sachant que 80% de passagers du Ceva seront Suisses, est-ce bien eux que vous prenez pour des dindons !

Le prix du P+R incluant un abonnement de TPG soit-disant "gracieux", quelle naïveté ! Etes-vous si crédule pour ne pas avoir déjoué la ficelle marketing du prix pour faire avaler la pilule. Car en effet le coût de l'abonnement est bel et bien inclu, hé oui !... Dans la vie rien n'est jamais gratuit !
Et pour le coup, cet abonnement combiné (parking+transport en commun) est le plus cher de toute l'Europe, toutes capitales incluses (Londres, Rome, Paris, Berlin, Bruxelles... ). Comme les P+R ne sont pas utilisés par les résident Suisses, demandez-vous bien qui est la vache à lait ?

Les "places blanches à durée indéterminée sont utilisées jours et nuits"... ben non, la nuit elles sont utilisées par les véhicules professionels des entreprises suisses et non par des véhicules immatriculés en France! Et si elles sont là c'est parce que là encore les entreprises suisses se déchargent sur leur personnel pour identifier les lieux de stationnemnt nocturne, s'économisant ainsi de devoir prévoir et payer un stationnement sur le site de l'entreprise pendant la nuit... Alors là ou ailleurs il faut bien les garer quelque part ces véhicules Suisses, ce quelque soit le pays dans lequel réside son chauffeur ! D'ailleurs si celui-ci était résident Suisse, et bien ces véhicules encombreraient la nuit les parkings des immeubles, donc toujours en Suisse ! Etonnant que cela ne vous ai jamais effleuré ? Maintenent que vous avez les yeux ouverts, faites donc un petit calcul pour évaluer l'économie que fait votre entreprise sur ce poste...
Pour le coup, même si le jour elles ne sont pas utilisées par les Suisses, ces fameuses places bleues ont justement toutes été situées dans des zônes non-résidentielles. Comment pouvez vous croire que les Genevois se languissent de places de parc, loin à la fois de leur lieu de résidence et de travail ?

Les cas de concurrence déloyale que vous évoquez sont le résultat de trous dans la réglementation Suisse que certains exploitent comme "optimisation fiscale". Pour mémoire, il s'agit du concept que les banques genevoises ont pendant tant d'années promu auprès de leur richissimes clients étrangers, ce sur le dos du fisc mondial, et qui a conduit entre autre à créer la richesse de Genève !!!
Pour le coup, c'est l'arroseur arrosé, sauf que dans votre cas il ne s'agit que de quelques rares exceptions... Considérez-vous alors comme un dommage collatéral...

Alors cessons ce baratin sur les pays et leur différences... Il y a bien plus d'affinités culturelles, historiques et de langue entre les Genevois et les frouzes, qu'avec les suisses allemands !

Écrit par : Taborgnon ! | 19/05/2014

Le forum d'agglomération du Grand Genève, récemment installé, a suscité un engouement auprès de la société civile qui y a envoyé des représentant(e)s . C'est bien le signe que la société civile croit à ce Grand Genève .

D'accord les urnes contredisent ça, mais il est si facile de faire campagne sur les peurs , le rejet, et le porte monnaie !

Ce sont aussi les limites du système de consultation ...
Il faudrait soit voter pour allouer une somme à la mobilité sur xx années et le pouvoir en place peut programmer des travaux de façon cohérente
Soit on vote pour ou contre quelque chose en ayant les conséquences qui en découlent précisées .Avec estimation des coûts.

Les électeurs avaient-ils réellement conscience que Pas de parkings relais = pollution = pb de santé publique ?

Et la maladie ne fera pas de différence de nationalités : elle touchera les plus jeunes , les plus âgés et les plus faibles.
Drames humains (42 000 morts par an en France globalement, je n'ai pas les chiffres locaux) ) et coût social : frais de santé, jours non travaillés etc
Et si on appliquait les directives : pas de sport ou de récréation en plein air passé certaines valeurs des concentrations de polluants ? (Actuellement l'information ne parvient même pas aux directeurs/trices d'école , en France en tous cas)
Vision à court terme et gros gâchis. Mais nous partisans du OUi avons nous su communiquer ?

Écrit par : Catherine Walthert Selosse | 20/05/2014

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