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11/11/2014

commémoration de l'armistice du 11 novembre 1918

    

Mesdames et Messieurs les élus

Monsieur le Curé,

Mesdames et Messieurs les anciens combattants,

Mesdames et Messieurs les victimes de toutes les guerres et leurs portes drapeaux,

Mesdames et messieurs les membres du conseil municipal,

Mesdames et Messieurs les professeurs des écoles,

Mesdames et Messieurs les représentants de la gendarmerie et de la police municipale,

Mesdames et Messieurs les responsables d’association,

Mesdames et Messieurs, 

Chers enfants, chers amis,

Merci infiniment à tous d’être là.

La commémoration de la première guerre mondiale résonne toujours, un siècle après son commencement, d’une intensité particulière dans le cœur des français. Car elle n’est pareille à aucune. Elle a marqué de profonds sillons dans l’inconscient collectif national. Pour tous, elle est le symbole de l’absurdité de la guerre. Par sa violence effrénée, par sa dimension globale, elle a franchi dans l’horreur un nouveau cap, marquant l’irruption d’une technologie meurtrière sur les champs de bataille, marquant la création d’une industrie toute entière au service de la mort. Jamais depuis la guerre n’aura paru plus inhumaine.

En chacun de nous persiste le souvenir des poilus, de ces braves hommes arrachés à leurs foyers, venus de leurs provinces, et survivant dans la boue, parmi un déluge de feu, de gaz et d’acier, à combattre un ennemi invisible, au creux des tranchées humides et froides. Ces hommes qui combattirent avec ferveur, qui obéirent aux ordres aveugles, qui tombèrent par milliers pour quelques mètres dérisoires à prendre sur l’ennemi. Ces hommes ne comprenaient plus pourquoi on les envoyait mourir, souvent ils eurent le sentiment de combattre pour rien, se sentant parfois plus en empathie avec les soldats allemands, victimes comme eux des affres de la diplomatie, qu’avec leurs généraux qui se livraient une monstrueuse et gigantesque partie d’échecs depuis leurs confortables états-majors.

Cette fraternisation se matérialisa particulièrement à la fameuse trêve de Noel de 1915, où par la grâce des chants entonnés par quelques-uns, les ennemis se retrouvèrent sur le no man’s land, au milieu d’une campagne dévastée, pour échanger quelques victuailles, discuter, faire des parties de football, jusqu’à ce que leurs hiérarchies, scandalisées par cette bulle d’humanité au milieu des ténèbres y mirent un terme, quelques jours plus tard.

Cette guerre laissera le souvenir d’un épouvantable gâchis, d’une monstrueuse cicatrice dans les populations. Des villes et villages entièrement rasés,1.4 millions de morts ou disparus en France, des centaines de milliers d’invalides, dont les gueules cassées furent le tragique emblème. Une génération sacrifiée, une France qui sortit certes victorieuse, mais à quel insoutenable prix.

Cette guerre, faut-il le rappeler s’est déclenchée suite à l’assassinat, par un jeune extrémiste serbe, de l’archiduc François Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, le 28 juin 1914, à Sarajevo, en Bosnie Herzégovine. Par le jeu des alliances entre les nations, une mécanique infernale s’est déclenchée faisant entrer en guerre, tels des dominos, l’ensemble des pays. Les causes de cette terrible guerre sont aujourd’hui bien identifiées. La première guerre mondiale fût une guerre de débouchés économiques, une guerre pour le partage du monde, une guerre des nationalismes et des séparatismes, une guerre des empires coloniaux pour le contrôle des échanges mondiaux.

A ces raisons bien viles répondent le cri de douleur des hommes et des femmes qui ont malgré toute l’absurdité du conflit répondu à l’appel de leurs pays. Et c’est l’honneur de tous les soldats de combattre pour leur patrie, même si malheureusement les buts de guerre sont sans noblesse. Car le soldat est toujours innocent de la guerre qu’il fait. Car il l’a fait pour d’autres, qui en tricotent les raisons et les buts.

C’est à ce soldat que nous rendons hommage, à celui qui ne fait que son devoir, qui obéit, qui obtempère malgré le froid et la nuit et qui sacrifie sa vie pour une cause qui le dépasse, fût-elle insensée. A travers lui nous honorons la mémoire de tous ceux qui un jour ont dû prendre les armes, à tous ceux qui aujourd’hui encore sont engagés sous les drapeaux.

C’est en cela, profondément, que votre présence nombreuse en ce jour est importante. Elle symbolise l’attachement des français à défendre la mémoire de ceux qui sont morts pour leur patrie.

C’est en cela surtout que la présence des enfants est merveilleuse. Car vous les enfants , porter notre avenir. Car il vous appartient de vous souvenir de temps que vous n’avez comme moi pas connu, pour que jamais ne se reproduisent de telles horreurs.

Car la guerre est en chacun de nous, car la violence est une partie de l’homme autant que la bonté et la tolérance, il est fondamental de se rappeler ce qui est advenu pour ne pas voir rejaillir sur nous les monceaux d’atrocités que nos aïeuls ont dû supporter.

Et retenir que le premier combat que tout à chacun doit mener est ce combat contre soi-même, ce combat contre cette partie de nous qui s’appelle la haine, la colère, la rancœur…  

Maurice Gagnon, un écrivain canadien a dit  « Il n'y a pas de gloire à la guerre. Seulement des ruines, du sang, des morts, de la destruction.  »

Souvenons-nous de cela, les guerres, personne ne les gagne vraiment. Car le prix à payer, toujours, est trop élevé.

Merci à tous.

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