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31/01/2015

Discours des Voeux à la population, " nous sommes encore un village ", 30 janvier 2015

 

Je vous prie tout d’abord d’excuser M. Jean-Paul Amoudry, sénateur honoraire, M. Raymond Bardet, vice-président du conseil général, M. Bernard Boccard maire de Cranves Sales, M. Christian Dupessey, Président d’Annemasse Agglo.

Madame la sous-préfète de saint-Julien,

Mme le Député, chère Virginie,

Monsieur le sénateur, cher Loïc,

Monsieur le Conseiller Régional et président d’Annemasse Agglo, Cher Christian,

M. le maire de Jussy, M. le maire de Presinge, M. le maire de Bonne, M. Le maire de Gaillard, M. le maire de Machilly,

Mesdames et messieurs et chers collègues élus des communes voisines et amies,

Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la police municipale et de l’office national des Forêts,

Mesdames et Messieurs les anciens élus,

Monsieur le DGS de l’AGGLO et membres du personnel de l’AGGLO,

Mesdames et Messieurs les membres du personnel communal,

Mesdames et Messieurs les Professeurs des écoles,

Mesdames et Messieurs les responsables d’association,

Mesdames et Messieurs les commerçants, artisans, entreprises partenaires,

Mesdames et Messieurs les agriculteurs, Messieurs les apiculteurs communaux,

Mesdames et Messieurs les responsables et membres des comités de quartier,

Mesdames et Messieurs les correspondants de presse,

Mesdames et Messieurs, chers concitoyens, chers amis, et en espérant n’avoir oublié personne,

C’est une joie immense de vous avoir tous à nos côtés ce soir, et votre présence nous honore, vraiment.

Les vœux dans une commune sont toujours un moment particulier. C’est l’occasion en effet de faire le point, de dresser le bilan de l’année écoulée et d’évoquer les pistes et les projets à suivre, c’est l’occasion aussi pour une équipe municipale de rendre des comptes, d’expliquer ses choix et de montrer sa vision pour l’avenir. Et au-delà, c’est clairement aussi l’occasion de passer un moment qui se veut convivial, surtout au moment du buffet autour d’un verre, c’est tout à fait clair, et Dieu sait si ce genre de moments, dans le contexte que nous connaissons, hélas, sont précieux.

Aussi je tiens d’emblée à vous remercier tous, tous ceux que je viens de citer dans ce long préambule de salutations républicaines, car tous, à votre niveau, dans vos activités respectives, contribuer à faire de ce village que nous aimons tant une commune belle et surtout vivante. Une commune qui n’est pas une cité dortoir, une commune où il y a de la vie, une commune où il fait bon vivre. Soyez conscients et assurés de notre profonde reconnaissance, pour tout ce que vous faîtes, tout au long de l’année, pour le bien de tous. Car c’est bien l’ensemble de nos actions, conjuguées, qui font ce village.

En passant en revue mes anciens discours des vœux, et oui il y en a quelques-uns car je suis de moins en moins un jeune maire, j’ai fait deux constats :

Le premier c’est que je suis généralement beaucoup trop long. Ce soir je vais donc essayer de raccourcir. Je dis bien essayer. Dites-vous néanmoins que cela est à la mesure de la passion sincère, véritable, que nous éprouvons avec ce conseil pour la vie de ce village.

Le deuxième, c’est que je les ai souvent commencés en vous disant nous allons vivre une année marquée par l’incertitude… Et chaque année, l’incertitude perdure, change de forme ou d’objet, mais elle perdure.

Aussi, cette année, pourrais-je commencer, afin d’être original, en disant que nous abordons une année qui sera marquée par une profonde incertitude.

D’une incertitude cette fois tout à fait certaine. En tout cas moins incertaine que les incertitudes posées l’an dernier. Au-delà de la boutade, c’est le signe assez profond que nous vivons des époques un peu folles, marquées par une perte importante des repères, des valeurs, processus ayant démarré il y a fort longtemps, et que nous avons un peu le sentiment, quand on regarde les affaires du monde, de l’Europe ou celles de la France, qu’il manque du sens. Entre les réformes, qui sont nombreuses, entre les coupes drastiques dans les dotations versées par l’Etat aux collectivités, entre les mouvements de fiscalité, entre l’avalanche de normes qui s’écroulent sur nous chaque jour un peu plus, entre la réforme territoriale qui veut nous marier avec les auvergnats contre qui je n’ai rien bien sûr sinon qu’il faudra imaginer de nouvelles recettes pour nous y retrouver en tant qu’hommes et femmes d’un prétendu même territoire, je ne sais pas, peut-être les Diots à l’Aligot, où alors la fondue à la Fourme d’Ambert… Entre Le franc suisse qui varie et qui génère autant d’extases que de désespoir, Entre le Grand Genève qui patine quelque peu, et bien il est parfois périlleux de se frayer un chemin, de tracer une route en toute sérénité.

Et puis il y a eu surtout en ce début d’années des évènements terribles, que je n’ai pas besoin de nommer, tellement ils nous ont horrifiés et bouleversés. En la matière nous sommes au-delà de l’incertitude. Nous sommes au contraire dans la certitude, dans la certitude que nous avons dans ce pays un très gros problème de vivre ensemble, si des français s’en vont en guerre faire le JIHAD et s’en reviennent assassiner notre liberté d’expression et certains de nos concitoyens au seul prétexte qu’ils sont juifs.

Mais s’il y a eu un 07 janvier que nous n’oublierons jamais, il y a eu aussi un 11 janvier qui fût historique. A l’horreur de ces attentats barbares la France et son peuple ont répondu comme jamais. Et ce fût à la fois étrange et merveilleux, lors de ces rassemblements, de ressentir presqu’une forme de joie, alors que ce qui les motivaient était affreux. Une forme de joie car nous avions besoin de nous retrouver en tant que peuple et que cela faisait longtemps, très longtemps que cela ne nous était pas arrivé. Pour une fois, au lieu de rester devant notre télévision à nous repaître et à maudire les malheurs du monde, nous nous sommes tous mobilisés pour être ensemble, unis, dans le chagrin et la peine, oui, mais unis. Et c’est cela sans doute, ce dont nous avons le plus besoin. Se rappeler que nous ne sommes pas le dernier des peuples, se rappeler que nous en avions aussi hélas vu d’autres. Et y trouver du courage pour relever les défis qui nous attendent. Et y trouver aussi de quoi relativiser nos petits maux du quotidien. Et y trouver l’envie, surtout d’essayer d’avancer, de rompre avec la sinistrose, qui est la vrai mal de notre pays. 

Malgré tout cela, en effet, la vie continue, et il le faut. Et 2014 aura été année bien remplie, riche, pour notre commune, marquée par des réalisations d’importance.

Marquée aussi par le renouvellement de votre équipe municipale, puisque certains n’ont pas souhaité poursuivre, et je veux saluer ici les années qu’ils ont passé au service de la commune. Du coup je veux rendre hommage également à ceux qui nous ont rejoint et qui depuis une dizaine de mois s’impliquent, participent pleinement à la vie de la commune.

Je suis très fier d’eux, des anciens comme des nouveaux, et je redis, une fois encore, à quel point un maire n’est rien sans son équipe, à quel point il serait illusoire de penser qu’un seul peut tout. Chacun participe selon ses désirs, sa disponibilité à tous les dossiers auxquels est confrontée la commune. Comme nous l’avions fait précédemment, nous avons gardé le principe d’une municipalité ouverte à tous les élus, et chacun, de façon facultative, y vient comme il le peut ou comme il le veut. Et tous les jeudis soirs, nous sommes nombreux. Nous y passons deux, trois heures des fois, mais aucun sujet n’est réservé à quelques-uns, tout est discuté ensemble, et lorsque mensuellement nous avons notre conseil, tout le monde sait de quoi nous parlons. Cela est très précieux. Je peux vraiment compter sur eux, en toute confiance, et je les en remercie du fond du cœur, pour le temps qu’ils y consacrent et l’enthousiasme qu’ils y mettent.

Et tout notre travail d’élus ne pèserait pas lourd s’il n’y avait des agents, dans cette commune, pour assurer au quotidien les missions de service public qui nous incombent. Qu’ils soient tous chaleureusement remerciés, pour leur implication, autour de notre DGS, Stéphanie Bonnet-Besson.

C’est ensemble effectivement que nous essayons de faire tourner cette commune, que nous préparons son avenir.

Mais avant de parler d’avenir, revenons à 2014.

Comme je vous le disais, il y a beaucoup à dire. Je ne pourrai pas parler de tout bien sûr, pour cela, il y a le bulletin, qui est exhaustif, mais simplement évoquer quelques dossiers, révélateurs et symboliques.

Le premier de tous, vous vous en doutez, c’est celui de la 2 x 2 voies. Un chantier colossal, sans précédent dans notre commune, qui nous a tous impacté, qui nous a forcés à des multiples détours, dans la boue et les nids de poule, qui nous a retardé, qui nous a gêné, au quotidien, mais dont nous avions tous compris le bienfondé… Rappelons-nous le nombre de morts catastrophique que ce tronçon a généré, depuis sa création dans les années 60… Rappelons-nous de l’extrême dangerosité du carrefour du stade, une véritable roulette russe, à chaque traversée. L’expression « plat de Saint-Cergues » était hélas un synonyme d’accident grave… je me souviens encore de cette nuit d’hiver où avec Zouzou nous avons été appelé à constater la mort d’un jeune couple, tué par un fou du volant qui les a percuté de plein fouet, à contresens… Rappelons-nous en effet que depuis des décennies la commune réclamait une amélioration de cette inacceptable situation. Certains s’en souviennent, il y avait eu du temps de Louis VUILLOUD une manifestation, et le village avait bloqué ce fameux carrefour pendant une matinée… Et il a fallu du temps et bien des péripéties pour que ce dossier avance, étant intimement lié à celui du désenclavement du Chablais. Aujourd’hui cela est fait. Avec deux ans et demi de travaux et huit mois d’avance, c’est la commune toute entière qui s’en trouve réparée, recousue… Aujourd’hui nous disposons d’accès parfaitement sécurisés entre le haut et le bas de la commune, c’est un travail remarquable qui a été accompli et je veux remercier ce soir l’Etat, le Conseil Général et la région, qui ont financé cet équipement indispensable, et remercier plus particulièrement Laurent Levasseur, pilote de ce chantier, qui a été toujours disponible et réactif. Toutes les équipes qui ont travaillé sur ce tronçon, commençant souvent très tôt et finissant bien tard leurs journées ont fait preuve d’un grand professionnalisme.

Depuis l’inauguration, fin novembre, on peut voir quelle fluidité et quelle aisance auront apporté ces améliorations à notre commune et à ceux qui nous traversent. Bien sût tout ne s’est pas fait sans mal, et je suis certain désormais que les difficultés manifestées par quelques commerçants de la zone des Vouards appartiennent au passé. Alors puisque nous sommes dans ce secteur, je dois vous dire quelques mots de la nouvelle zone des Vouards, par laquelle on rentre dans Saint-Cergues en venant d’Annemasse, car vous avez tous remarqué que d’importants travaux de viabilisation s’y déroulaient.

En effet, il y a là 1.6 hectare de zone artisanale, zone qui existait de longue date et qui ne bougeait pas, les uns et les autres attendant probablement la réalisation de la 2 x 2 voies. Nous nous sommes livrés à un travail très fin d’organisation de cette zone, au niveau de notre PLU, pour qu’il ne puisse pas se passer n’importe quoi sur le secteur. Nous avons donc décidé de dédier la zone à de l’artisanat, en laissant une porte ouverte à l’hôtellerie, dont l’absence fait tant défaut à saint-Cergues. Il est confirmé aujourd’hui qu’un hôtel deux étoiles supérieures ou trois étoiles s’y implantera. Des artisans, également, le tout avec une architecture qualitative, afin que notre entrée de commune ne ressemble pas hélas à ce qui se passe trop souvent ailleurs, avec des alignements inhumains de grandes boîtes à chaussures rectangulaires en tôle.

Et puis vous savez tous qu’un commerce particulier a tenté de s’y implanter, je veux bien sûr parler de Mac Donald, qui a fait déjà beaucoup parlé. Mac Donald a essuyé un premier refus de notre part, puis, nous avons essayé de ne pas réagir en village gaulois, de se poser clairement la question de savoir si malgré tous les clichés que véhicule ce type d’enseigne, il n’y avait pas quelque chose d’intéressant dans leurs propositions. Afin de prendre du recul, et de nous aider à la décision forcément sensible car Mac Donald n’est pas une enseigne comme les autres, nous avons commandé une étude d’opportunité d’implantation à la maison de l’économie et du développement.

A la suite d’un débat très long, très passionné au sein du conseil, la majorité à décider de dire oui à  cette implantation. D’abord parce que philosophiquement dans un pays où on ne cesse de dire qu’il faut laisser respirer les entreprises, il nous semblait qu’en ostraciser une en particulier parce qu’elle ne serait pas assez qualitative était un peu douteux, témoignait en tout cas du luxe de cette région si pour des raisons d’image on se permettait de torpiller des projets devant lesquels, dans d’autre régions de France, qui ne connaissent pas notre développement, on aurait déroulé le tapis rouge. Ensuite parce que derrière il y a de la création d’emploi, fussent-ils précaires, et que quand on connaît le taux de chômage qui affecte notre pays, il ne faut guère hésiter. Cela profitera aux jeunes de la commune et aux moins jeunes qui ont besoin parfois de petit boulot d’appoint. Enfin parce qu’il est établi clairement que ce type de commerce agit comme une locomotive sur les zones d’activités dans lesquelles ils s’implantent.Les flux générés profiteront à tous, et conforteront l’activité de toute la zone. Enfin, encore une fois, l’architecture sera de qualité.

Mais cette décision, sachez-le, n’a pas été simple à prendre, car derrière, il y avait une question, très noble qui pointait. L’un d’entre vous me l’avait posée, il y a quelques temps, et cela m’a marqué : avec les ponts, les tunnels, les infrastructures de la 2x2 voies, avec des lignes de bus qui traversent désormais notre commune, depuis l’automne, et cela est formidable, avec la centralité, qui se densifie, avec un restaurant Mac Donald qui s’implante, notre paysage quotidien change, et de fait, sommes-nous encore un village ?

Cette question est extrêmement pertinente. Et je réponds, sans hésitation, OUI, nous sommes encore un village, même si nous sommes 3300 et quelques-uns, car en effet, la production de bébés va bon train à Saint-Cergues, et vous savez que je m’y suis personnellement employé, avec l’aide de ma femme, j’en conviens.

Oui nous sommes encore un village, et tout le travail accompli dans la cadre de la révision du PLU vise à le rester. La philosophie de ce PLU est simple. Prendre notre part, une part raisonnable du développement de la région, et sanctuariser des lieux sensibles tel que le vallon du Foron et les coteaux des Voirons. Densifier la centralité, pour épargner d’autant les zones vertes, pour qu’il y ait une place importante qui soit laissée à l’agriculture et à la nature.  Faire du logement social pour les salariés en euros qui éprouvent les pires difficultés à se loger, pour qu’il n’y ait pas, caricaturalement, que des riches qui puissent vivre dans ce village. A cet égard je veux remercier Marie-Christine Balsat pour son implication dans ces dossiers. Pour rappel, nous avons doublé le parc en un mandat. Car un village c’est cela aussi, c’est la mixité, la mixité des âges, des catégories socio professionnelles, des origines. Et ne pas densifier à tout prix, n’importe comment, mais tout faire à taille et à échelle humaine, vivable, aérée.

Protéger les zones naturellement sensibles, déployer une politique environnementale ambitieuse, comme vous le savez, afin de mettre en avant les beautés que la nature nous réserve ici, comme en témoigne le film qui vous a été présenté en préambule de la soirée.

Et ces enjeux ne sont pas simples à défendre, car en cette matière plus qu’en toute autre, l’intérêt général vient s’achopper aux intérêts privés. Vous savez que nous sommes en lutte contre un promoteur, depuis des années, qui projetait de construire de très nombreux logements dans un secteur hors de la centralité, sur l’une de nos dernières trames vertes. C’est une lutte, un combat de tous les instants, pour défendre la qualité de vie et un développement harmonieux de la commune. Il faut prendre des décisions courageuses, et nous en avons déjà pris, si nous voulons, justement, rester ce beau village que nous sommes.

Et oui nous sommes encore un village parce qu’il y a de la vie ici. Parce que nous fonctionnons encore de façon familiale, qu’on se connaît bien, qu’on se côtoie à de multiples occasions dans les fêtes, les événements, les activités organisées ou proposées par les associations ou la mairie, dans les commerces qui se développent dans la commune, autour des écoles qui fourmillent de vie.

Et rien n’est plus précieux que cet esprit-là. Si le PLU à un but, c’est bien de garantir notre qualité de vie, en n’hypothéquant pas l’avenir. Et je veux donc remercier le travail réalisé dans ce cadre par Zouzou et la commission PLU.

Il y a de grands projets qui ont été mené à bien cette année, et qui font écho à ce souci que je viens de vous formuler, il y a de grands projets, également qui seront menés en 2015. Avant toute chose je tiens à remercier Robert Bosson et la commission des travaux, dont l’engagement est total pour porter l’ensemble de nos réalisations, qui sont nombreuses.

D’abord, les marais de Lissoud, cette opération exemplaire de réhabilitation d’une ancienne casse automobile, menée par le Syndicat du Foron que je tiens à remercier vivement, car en quelques années, leur action enthousiaste aura changé profondément le visage du vallon du Foron. Je veux remercier aussi pour l’occasion Jean-Marc Combette qui en est l’un des vice-présidents. A la suite de la création des cheminements piétonniers du Foron, qui connaissent un grand succès, amplement mérités, s’est ajouté la renaturation et le reméandrage d’une partie de ce cours d’eau au moulin des marais. Et ce qui vient d’être fait aux marais de Lissoud est magnifique. D’abord, il s’agissait de confiner les pollutions par un sarcophage de glaise, qui nous a été livrée par Genève, terres extraites du chantier du CEVA, ce qui sur le plan symbolique et dans la dynamique de construction de l’agglomération transfrontalière est assez fort. Ensuite, il s’agissait d’offrir aux promeneurs un espace de plus de deux hectares, agréable, et comme certains ont déjà dû le voir un espace qui a été particulièrement travaillé, avec ses alignements de pierre de style druidique, avec ses enchevêtrements de troncs, des paysages en tout cas, incitant au jeu et à la rêverie.

Tous ces travaux bien menés expliquent pourquoi, puisque nous sommes dans le secteur, notre déchetterie n’a pas encore été rénovée. Il fallait attendre que soit effective la livraison de 30 000 mètres cubes de terre pour la réhabilitation des marais de Lissoud pour commencer les travaux. Et c’est donc bien cette année que notre déchetterie sera rénovée par l’agglo, et avec elle, la route qui y mène. C’est tout un secteur avec les aménagements que nous avons fait il y a quelques temps devant le centre technique municipal qui se sera profondément amélioré.

Ensuite, cette année, notre agglomération a achevé en 6 ans le troisième chantier d’assainissement d’envergure sur la commune. Le quartier de Borringes est fait, après le quartier des Poules d’eau et le Bois. Désormais 75 % de la commune est couverte par le réseau public d’assainissement.

Et puis quelques dossiers qui nous ont fortement mobilisés…

Le premier de tous aura été un souci terrible, une inquiétude vive, pour chacun d’entre nous. Je veux bien sûr parler du départ en retraite de notre dernier médecin, le docteur Sonnet, dont je veux saluer ici encore l’engagement, pendant toutes ces années au service de nos habitants. Il aura fallu se mobiliser comme jamais pour arriver à lui trouver un remplaçant. La situation vous la connaissez tous. La France ne produit pas assez de médecins généralistes, deux par an et par département… une étude récente menée sur le territoire de l’agglo a montré qu’un tiers environ des médecins vont partir en retraite dans les 5 ou 6 prochaines années… Nous avons tout essayé, tout tenté, jusqu’à cette opportunité exceptionnelle, qu’il ne fallait pas rater, d’acheter un local qui se libérait en rez-de-chaussée face à l’Eglise. Le conseil à réagit très vite et à l’unanimité à acheter cet espace. Espace qui depuis a été aménagé et accueille le Dr BERRACHED, depuis le mois de septembre, et le Docteur MALCOEFFE depuis début janvier. Deux médecins que je remercie d’avoir choisi Saint-Cergues. Qui ont rassuré notre population. Et à qui nous souhaitons le meilleur. Je voudrai vous dire, que sur ce dossier, nous pouvons nous estimer heureux. Toutes les communes ne font pas cet effort d’investissement, plus de 400 000 euros, achat du local et travaux compris. Et parfois toutes les communes ne parviennent pas, malgré tous les efforts déployés, à trouver preneur. C’est chose faite heureusement à Saint-Cergues et nous pouvons donc respirer. Je remercie au passage le sénateur honoraire Amoudry, qui a subventionné ce projet, via sa réserve parlementaire.

Autre dossier, plus léger, celui de la prévention routière, qui a beaucoup fait parler ! Nous n’imaginions pas, lorsque nous en avons eu l’idée, que ces quelques panneaux humoristiques amèneraient chez nous la quasi-totalité des télévisions nationales et locales, de la presse écrite et des radios. Ce qui a percuté dans l’opinion, c’est le ton de cette campagne, le fait que pour parler d’une chose grave, nous nous servions de l’humour, plutôt que je jouer sur la culpabilisation, la peur du gendarme ou les images violentes, qui n’atteignent plus personne tellement elles se sont banalisées… L’ambition était de faire réfléchir, et le fait est qu’on a beaucoup parlé de prévention. J’ai le plaisir d’ailleurs de vous annoncer que la ligue contre la violence routière de Haute-Savoie, très intéressée par notre démarche, ambitionne d’organiser un événement, cette année, à Saint-Cergues, à destination des enfants prioritairement.

Bien entendu, ces quelques panneaux ne résoudront pas à eux seuls les problèmes que nous rencontrons à ce titre. Mais c’est bien une conjugaison d’actions là aussi, qui pourra permettre quelques améliorations. Aussi nous continuerons donc les projets qui vont aboutir cette année, enfin, de sécurisation du carrefour des Curtines, aux droits du CD 15, carrefour dangereux entre Juvigny et Saint-Cergues, et surtout nous entamerons la première phase de sécurisation de l’entrée Nord du Village, qui comprendra la création de trottoir et un plateau surélevé aux droits de la rue de la croix de Terret, première phase qui inaugurera la sécurisation complète des accès piétons et vélos jusqu’à Machilly, axe qui deviendra très important lorsqu’en 2019 Machilly sera une gare CEVA.

Autre dossier, dont je souhaitais brièvement vous parler : Le club Joie de Vivre, le club de nos ainés, qui réunit chaque fois plus d’une cinquantaine de personnes, qui était voué à la disparition, tant Mme GURTLER, sa présidente, peinait à se trouver un remplaçant. Nous n’avons pas voulu que ce club disparaisse, faute de bénévoles pour le faire tourner, et c’est donc là aussi, tout à fait unanimement, que la commune a décidé de le municipaliser en l’intégrant aux activités du centre communal d’action social, animé par Pascale Burnier, que je remercie. Ainsi nos aînés peuvent toujours se réunir, peuvent toujours organiser quelques voyages, et surtout, peuvent toujours passer du bon temps ensemble, autour de quelques délicieux gâteaux et de parties de carte endiablées… Merci à Evelyne Février qui essaie comme vous le savez de les dorloter au mieux.

Enfin, dernier dossier, celui de la réforme des rythmes scolaires, qui aura généré beaucoup de réunions avec les enseignants, les parents d’élèves, que je veux tous remercier pour leur implication, ainsi que Catherine Mouchet, conseillère déléguée aux affaires scolaires. Cela n’a pas été simple à mettre en place, et notre organisation, sans être parfaite, aura fait le choix de la qualité des contenus, et je suis heureux que tout cela ne soit pas de la pure et simple garderie. La chose nous a été imposée, on peut le regretter, mais nous avons joué le jeu, afin que les enfants en tirent des bénéfices.

Pour 2015, j’ai déjà largement défloré le sujet, et ce qui nous mobilisera le plus, bien sûr, sera la construction du bâtiment multifonctionnel, démarrée cet automne. Je rappelle et nous en mesurons ce soir la nécessité combien la commune a besoin de nouveaux locaux. Cet équipement bien intégré dans son environnement, à l’architecture simple, discrète, offrira des locaux dédiés au périscolaire, une nouvelle cantine, mutualisable avec une salle des fêtes digne de ce nom, et une belle bibliothèque. Le tout sera alimenté par une chaufferie bois qui par la création d’un réseau de chaleur permettra de chauffer tous les équipements publics de la centralité. C’est le projet phare du mandat, qui permettra bien des choses, qui répondra à bien des besoins. Nous avons clairement été ambitieux sur la qualité du projet, sur sa dimension, afin qu’il puisse longtemps répondre au développement de la commune. Et cette ambition a été récompensée par des subventions d’un montant assez exceptionnel. Notre bibliothèque, par exemple, a reçu le maximum qu’il était possible de recevoir de la Direction régionale de la Culture, soulignant l’exemplarité du projet et je veux remercier ici Savoie Biblio, organisme du conseil Général qui nous a particulièrement aidé, ainsi que Jean-Pierre RODA, ancien adjoint à la culture qui a fait un travail remarquable, aux côtés de notre bibliothécaire. Le bâtiment périscolaire est lui aussi largement subventionné par les caisses d’allocations familiales, enfin, sur l’ensemble du projet, nous avons reçu un soutien très fort de l’Etat et je tiens à remercier Mme la sous-préfète et ses services pour le montant alloué, ainsi que le Sénateur Carle, qui a jouer les bons offices dans ce dossier. Je veux remercier le conseil général, qui via le Fonds de Développement des territoires nous a alloué une somme importante, ainsi que Mme le Député Virginie DUBY MULLER, qui a mobilisé sa réserve parlementaire pour nous soutenir. Enfin, je me dois de remercier la région, qui nous accorde une aide exceptionnelle pour la réalisation de la chaufferie bois. Bravo à Magalie Briffaud et à la commission Finances, pour l’ardeur qu’ils mettent à rechercher ces aides. Bravo également à Claude Schneider, en charge du suivi de la construction de ce bel équipement.

C’est un projet majeur, qui va offrir à tous, à nos enfants en particulier mais pas uniquement des locaux adaptés, modernes, fonctionnels. Nous pourrons y faire des choses impensables jusqu’alors, en termes de culture, d’événements, de fêtes, et tout cela au service du vivre ensemble. Les travaux vont durer encore un an et demi. Une fois livrés, ces locaux en libéreront d’autre, tels que la cantine actuelle, qui pourra servir à l’école maternelle, dont les effectifs sont très soutenus. Je précise que face à l’amputation d’une partie du parking rue des écoles, dans l’urgence, la municipalité, en concertation avec les associations de parents d’élèves à créer un nouveau parking de 50 places, qui permettra de répondre aux besoins.

Vous le voyez, Saint-Cergues évolue, se modernise, s’équipe.

Et tout cela ne serait pas possible sans la collaboration très fine que nous menons avec nos grands partenaires. Je les ai déjà cités s’agissant de l’Etat, de la Région, du département,  des parlementaires, mais le  premier de tous, évidemment c’est l’Agglo.

Avec Christian Dupessey, comme vous le savez, nous formons un binôme dans la continuité du binôme que formaient Georges Deléaval et Robert Borrel. C’est un plaisir de travailler, avec tous les maires, tous les membres du bureau, tous les conseillers communautaires, dans l’intérêt général, en faisant fi de nos étiquettes respectives, au seul bénéfice de ce territoire qui fourmille de projet et qui change à vue d’œil.

L’agglomération porte des projets passionnants, d’envergure, comme le tram, le pôle d’échange multimodal, qui va reconfigurer totalement la gare d’Annemasse pour la dimensionner au CEVA, qui sera en service en 2019 et qui permettra de donner un grand souffle aux déplacements dans la région. En espérant qu’il permettra de réduire les flux impressionnants qui nous traversent tous les jours, route de Moniaz et route de Juvigny notamment. Des projets passionnants comme le Bus à Haut Niveau de Service aussi, dont la réalisation aboutit, les parkings relais…

A côté de cela, notre agglomération assume un nombre très important de compétences, l’eau, l’assainissement et en cette matière, je veux remercier le travail colossal accompli sur la commune en quelques années, ce que seuls nous n’aurions jamais pu faire, l’Agglo c’est aussi le développement économique, l’aménagement du territoire, en matière de culture, il y a bien entendu l’EBAG, dont une des antennes se situe à Saint-Cergues, et il y a bien sûr aussi château Bleu, magnifique centre aquatique, entré en service l’an dernier. C’est aussi bien sûr les transports, et il faut saluer l’arrivée des lignes de bus régulières, qui nous desservent depuis l’automne. C’est aussi des compétences en matière de solidarités qui sont indispensables au maintien des équilibres dans ce territoire, où les inégalités sont comme vous le savez très fortes. L’Agglo c’est donc aussi la proximité.

A l’heure où les financements vont se raréfier, je veux souligner l’intelligence de ceux qui nous ont précédés et qui ont vu l’utilité de se réunir autour de compétences larges. D’abord parce qu’on est évidemment plus fort à 12. Et notre agglomération pèse dans le département, pèse dans l’ARC et dans le Grand Genève. Ensuite parce qu’à 12 on réfléchit mieux, on a une vision bien plus globale des choses et on s’inscrit, avec sa spécificité, dans une dynamique qu’on ne soupçonne pas si l’on reste dans le repli et fermé sur soi.

Notre Agglo appartient comme je vous le disais à L’ARC, Association régionale de Coopération qui réunit toutes les collectivités françaises membres du Grand Genève. Il y a dans cette instance des enjeux fondamentaux qui se jouent, et qui détermineront l’évolution de la région dans son ensemble. Là aussi, les élus œuvrent sans ne tenir compte de leurs appartenances politiques respectives, le but étant de parler d’une seule voix à Genève. Et Dieu sait s’il est important, à l’heure où nous parlons, d’afficher un visage uni de la partie française face aux problèmes que traverse la région. Le projet d’agglomération transfrontalier, Le grand Genève, pour l’expliquer brièvement, c’est le moyen de résoudre les problèmes de transport, de mobilité, de logement, qui nous affectent de part et d’autres de la frontière. C’est la solution aux bouchons, aux engorgements terribles que connaît Genève. C’est la solution pour que notre région se développe harmonieusement et non de façon anarchique. Pour cela nous nous étions tous mis en ordre de marche, suisses et français, pour permettre l’investissement dans des projets structurants, indispensables à la région. Et vous savez que depuis le mois de mai, suite à un référendum, le peuple genevois a repoussé, d’une très courte majorité, le principe du cofinancement sur le sol français des parkings relais. Cette première mesure qui aurait dû être une formalité a été un coup de tonnerre pour la construction de la région. Sous l’impulsion d’un parti populiste qui hélas fait de bons scores à Genève, le principe même de la coopération transfrontalière a été remis en cause. Et puis surtout, faute de contradiction, ce parti a pu répandre un certain nombre de contre-vérités et de mensonges qu’il sera très difficile, sans une épaisse pédagogie, de contrecarrer. Il va nous falloir réexpliquer les fondamentaux, pour convaincre l’opinion publique genevoise du bienfondé de ce projet. Redire que le Grand Genève, ce n’est pas une lubie de quelques élus locaux, mais bien le fruit d’une volonté de la confédération helvétique que ses grandes métropoles organisent leur développement avec leurs périphéries, comme le font toutes les villes du monde. Redire que le Grand Genève, ce n’est pas une aumône versée aux français, ce n’est pas une opération humanitaire à destination de la France, mais bien une responsabilité pour la ville centre, de cofinancer les infrastructures qui lui profitent en premier lieu, sur le territoire qui l’environne. Qui lui profite en premier lieu parce que si nous faisons le tram, si nous faisons le Pôle d’échange multimodal, le bus à Niveau de service, la réduction du trafic dans le centre de Genève sera très importante. Ce sera également autant de pollution en moins, dans ce bassin marqué par des records alarmants pour la santé publique. Et puis ce n’est pas non plus une aumône car les français, toutes collectivités confondues, mettent énormément d’argent pour réaliser ces projets, alors qu’ils servent d’abord à l’acheminement de la main d’œuvre dont Genève a tant besoin pour faire tourner son économie, et dans cette main d’œuvre, il y a bien sûr les nombreux suisses qui habitent en France voisine.

Parfois les crises sont vertueuses, en ce sens qu’elles réinterrogent les méthodes et les moyens mis en œuvre. Elles sont vertueuses car elles permettent de revenir à l’essentiel, à l’essence même des projets. Depuis cette période difficile, les échanges sont très nombreux avec nos collègues suisses et la volonté de relancer la machine est là. Il faut le dire, la quasi-totalité des partis politiques genevois est pro-grand Genève, car ils savent bien que Genève ne peut se projeter dans l’avenir sans avoir des liens très étroits avec sa périphérie, qui est son potentiel de développement en matière de logement et de main-d’œuvre. Ils le savent comme nous savons notre chance infinie de vivre dans un territoire incroyablement dynamique, dont la locomotive est Genève, comme nous savons que nous ne pouvons rien sans Genève.

Au-delà, Le grand Genève est déjà une réalité, des centaines de milliers de personne le vive tous les jours, en traversant la frontière pour une raison ou pour une autre, c’est déjà une réalité aussi dans nos amitiés, dans nos familles, et c’est peut-être cela le plus important. A cet égard je veux vous dire quelle joie nous aurons cette année, à nous réunir, les 20 et 21 juin prochains, avec nos communes voisines et amies de Jussy, de Machilly, de Presinge et de Juvigny pour, à Moniaz, sur la frontière, pour faire une très belle fête, tous ensemble. En ignorant délibérément les débats actuels, les pour ou les contre Grand Genève, nous ferons une vraie fête, la fête de cinq villages, 5 villages voisins, suisses et français, qui connaissent les mêmes réalités, qui sauront se réunir pour célébrer ce qui nous rassemble au-delà de cette frontière et qui sauront faire partager et rayonner les belles amitiés qui nous lient déjà.  

 

Je me rends bien compte, dans tout ce que je vous ai dit ce soir, qu’il y a beaucoup d’éléments incertains, qu’il y a beaucoup de défis à relever. Cela pourrait paraître un peu délicat, d’essayer de naviguer dans cet océan turbulent. Pourtant, c’est dans les épreuves, dans la difficulté, qu’il faut que la volonté soit la plus franche, la plus intangible, la plus déterminée.

Ce sentiment que nous éprouvons dans notre pays de ne pas savoir où nous allons, de se demander en permanence quelles sont les perspectives, est une source d’angoisse, pour nous tous. C’est inquiétant, en effet, de savoir que les français sont les plus grands consommateurs d’antidépresseurs au monde.

Et cela n’est sans doute pas un hasard. Car les français ont du mal avec leur histoire, ils ont du mal avec leur présent. Ils ont du mal avec la place que peut-être nous n’occupons plus de la même manière dans le concert des nations. Ils ont du mal avec les conséquences de la mondialisation, qui un peu partout déstabilisent les peuples et provoquent des mouvements de repli, ou d’amour-propre blessé. Et nous passons notre temps à nous maudire, à conspuer notre Etat, nos valeurs, nos élus, nos voisins, nos semblables. Et nous pensons et c’est largement répandu que tout était mieux avant, qu’aujourd’hui tout est vain, futile, que tout le monde est pourri, corrompu. Et nous ne croyons plus en rien, et nous pensons que derrière tout fait se cache forcément un complot insidieux, preuve s’il en est que l’on est perdu et qu’un climat de défiance omniprésent nous ravage.

Cela me fait penser à un écrivain, Léon Bloy, qui voyait dans le blasphème la forme la plus aboutie de l’amour que l’on pouvait porter à Dieu. Car insulter Dieu c’était d’une façon comme lui crier son intense besoin qu’il se montre, qu’il apparaisse, qu’il console et qu’il nous aime.

C’est un peu sans doute ce que vit notre société. Elle semble tout insulter car elle a besoin que ce tout, que le pays, que l’Etat lui envoie des signaux rassurants. Cette défiance très forte des citoyens à l’égard de leurs institutions est peut-être le signe que jamais, ils n’en ont eu autant besoin. Besoin qu’elles incarnent à nouveau un avenir, une solidité pour traverser les épreuves, une moralité, une exemplarité.

Alors ce que je veux vous souhaiter pour la nouvelle année est simple. Je nous souhaite de retrouver un peu de fierté, un peu d’amour pour soi et pour les autres, un peu de joie partagée, un peu de tolérance.

A tous ceux qui ont traversé des épreuves, à tous ceux qui ont souffert cette année, je souhaite une année douce, réconfortante.

A toutes et à tous, merci de votre écoute, merci de votre patience, et comme chaque année, j’ai évidemment échoué dans ma volonté de faire moins long…

Bonne et heureuse année 2015 à toutes et à tous.

Merci.

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