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09/05/2016

discours 71 ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale

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Mesdames et messieurs les responsables et membres des associations d'anciens combattants et leurs porte-drapeaux,

 

Mesdames et Messieurs les membres du conseil municipal,


Mesdames et Messieurs,

 

Chers amis,

 

Merci à vous d'être là, en cette matinée de mai, pour célébrer le 71ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale.

 

71 ans désormais qui nous séparent et nous éloignent d'une période où le monde s'est perdu, où l'humanité toute entière s'est noyée dans les limbes des extrêmes, où ce qu'il y a de plus précieux en nous a été assommé, réduit à néant par quelques idéologies de la mort qui se sont répandues tel un cancer parmi les âmes et les cœurs et les ont rongé.

 

71 années de paix en Europe, une goutte infime de sérénité dans cet océan de guerres et de conflits, de meurtrissures incessantes qu'est l'histoire de notre continent à travers les siècles.

 

71 ans que les canons se sont tus, ici, à la grâce de cette volonté de mettre un terme à la violence infinie qui secoua les cieux de 1939 à 1945 et provoqua 55 millions de morts de par le monde.

 

Grâce à l'Europe, cette nouvelle Europe dévêtue de haine qui s'est construite sur des idéaux généreux. Europe célébrée demain, le 10 mai et qui quoi qu'on puisse en penser, aura offert à ses enfants le plus beau des cadeaux, celui de la paix, celui de l'avenir sans batailles, sans meurtres de masse, sans fléaux guerriers, sans la peur de perdre ses enfants, sans la peur de perdre ses parents au combat. N'oublions jamais que nos aïeux, qui ont traversé tant d'épreuves, qui ont vu tout s'effondrer, ont construit la paix dont nous jouissons aujourd'hui.

 

Comment donc une telle flambée d'horreurs à t-elle pu être possible ?  Comment a t-on pu perdre toute humanité au point de trier les hommes et les femmes tel du bétail, comment à t-on pu assassiner, torturer, exterminer en masse des peuples qui avaient le seul tord d'être soi-disant différents ?

 

 

Comment les régimes totalitaires les plus odieux ont-ils pu s'emparer de démocraties si anciennes, comment les peuples les plus braves, les plus intelligents, les plus mesurés, ont-ils pu céder si facilement aux sirènes populistes, aux rengaines ancestrales et simplistes des boucs émissaires, aux haines faciles ?

 

Parce que ceux qui ne savaient pas étaient au comble du désespoir, dans une Europe en proie à une crise économique sans précédent, et parce que ceux qui savaient étaient au comble du renoncement.

 

Renoncement par lequel on a laissé des dictatures infâmes s'installer en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Japon, par lequel on a fermé les yeux en priant le ciel que cela n'aille pas plus loin... 

 

Renoncement par lequel nos élites ont regardé la bête nazie grandir chaque jour un peu plus en baissant les yeux, et renoncement par lequel, épris de pacifisme, ils ont préféré cédé lâchement au pire des despotes à venir pour éviter une guerre pourtant inévitable.

 

Les fameux accords de Munich de 1938 en sont le plus puissant symbole. Là où hausser le ton aurait peut-être permis d'éviter le pire, les grandes démocraties s'agenouillèrent pitoyablement devant l’inacceptable, validant l'invasion d'une partie de la Tchécoslovaquie par les nazis, dont le programme mortifère était pourtant tristement connu, contre une vague promesse de non-agression future.

 

Lorsque Daladier, président du conseil, tout honteux de revenir à Paris après de telle lâchetés se voit accueillir en héros sur le tarmac de l'aéroport, il lâcha cette formule célèbre, témoignant de sa surprise : «  Ha les cons, si ils savaient! ».

 

Traumatisé par la guerre de 14-18, personne en effet, ne voulait de guerre. Mais à trop vouloir l'éviter, alors qu'il était encore temps de tuer le monstre dans l’œuf, ce que leur lâcheté a provoqué fût plus épouvantable encore.

 

Ce suprême manque de courage et de lucidité fut résumé parfaitement par Winston Churchill, qui n'était alors pas encore aux affaires : «  vous avez voulu éviter la guerre au prix du déshonneur. Vous avez le déshonneur et vous aurez la guerre. »

 

Des paroles qui résonnent hélas cruellement justes.

 

Renoncement, aveuglement, erreurs de nos états-majors qui ont conduit à laisser faire, à penser que non, ça n'arriverait jamais, à se retrancher derrière cette ligne Maginot, célèbre forteresse imprenable qui ne servit à rien, les nazis passant par là où on pensait qu'ils ne pourraient pas passer, effondrement de notre armée, déroute, exode...

 

Renoncement d'une majorité de la classe politique, qui préféra survivre en se reniant à Vichy, autour d'un vieux héros qui se fit jeune traître pour l'occasion...

 

Les dictateurs, les extrémistes, les radicaux de tout poil n'occupent jamais que la place qu'on leur laisse.  Si l'on se compromet pour ne pas mourir, on mourra de plus belle.

 

La ligne Maginot est un superbe symbole. Combien de ligne Maginot avons-nous en tête encore aujourd'hui ? Combien d'horreurs dont nous pensons être préservés ne se répandront pas sur nous, si nous ne sommes pas plus vigilants ? Si nous pensons que non, ça ne peut pas arriver, confortablement assis dans nos certitudes, certitudes qui sont notre pire ennemi ?

 

Pensions nous que les attentats de Paris pourraient véritablement arriver ? Pensions nous que les votes extrêmes, dans notre pays, atteindrait de tels sommets ?

 

Nous devons toujours avoir en tête ce que le renoncement, quel que soit son niveau, sa gravité, son degré de conséquences induit pour notre avenir. Rien de bon en tout cas.

 

Car pendant la seconde guerre mondiale, c'est heureusement le courage, l'abnégation de quelques-uns, la folie de quelques-uns pourrait-on dire, folie éprise d'idéaux et de liberté, qui permit de redonner espoir à des nations entières, de redonner l'envie de se battre, de ne pas se résigner, avant que les alliés et leurs armées vinrent nous soutenir.

 

C'est la folie merveilleuse d'un De Gaulle, exilé solitaire à Londres et qui inlassablement exhorta le monde à se réveiller. C'est la folie merveilleuse de ces braves, de ces résistants, qui dans nos villes, nos campagnes, prirent tous les risques pour saboter, déjouer les plans nazis, avec un malheureux fusil et une immensité de bravoure.

 

Bravoure de ceux qui cachaient des enfants juifs, qui ravitaillaient les maquis, qui libérèrent nos communes du joug allemand, qui redonnèrent un peu d'honneur à ce pays, après ces cascades de renoncement.

 

Bravoure de ceux qui du monde entier sont venus libéré la vieille Europe, sont venus mourir sur les plages du débarquement en Normandie ou en Provence, ont tenu bon à Stalingrad, ont déferlé sur une Allemagne aux abois pour la victoire finale.

 

Au-delà de ce centaines de milliers de soldats, qui se sont héroïquement battus sur tous les fronts, c'est d'abord à ces quelques hommes et à ces quelques femmes qui au cœur des ténèbres se sont levés pour dire non, ont allumé une lumière dans la nuit, que nous devons profondément notre liberté.

 

Ceux qui n'avaient pas renoncé. Et c'est ceux-là, plus que jamais, qu'il faut aujourd'hui célébrer et remercier.

 

 

Merci à tous

24/10/2014

Le MCG a t'il tué le Grand Genève ?

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Toutes les villes du monde ont des rapports étroits avec leurs périphéries. Toutes les centralités du monde organisent leur développement avec ce qui les entoure, plus ou moins directement. En matière de mobilité, d’aménagement du territoire, il n’est pas une centralité qui ne puisse se projeter dans l’avenir sans réfléchir à ce qui l’entoure. 

A Genève, canton qui a 100 kilomètres de frontière avec la France et 4 seulement avec le reste de son pays, la Suisse, l’idée devrait, plus qu’ailleurs, être comprise. Car ce territoire exsangue ne peut se penser sans prendre en considération ce qui l’environne, en l’occurrence, la France voisine.

Et pourtant, c’est ici même, dans ce lieu si propice que cette idée universelle, simplissime, parvient le moins à gagner ses esprits.

Et pourtant, tout avait bien commencé. Il y a quelques années, la confédération helvétique a lancé un programme de structuration de ses grandes agglomérations, Zurich, Bâle, Genève… Cette politique visait à aider les centralités, justement, à organiser leurs développement avec leurs périphéries, afin que celui-ci soir plus harmonieux, plus équilibré.

Dans notre région, le projet a été porté par des élus particulièrement enthousiastes et moteurs, et on se souvient avec un peu de nostalgie aujourd’hui des grandes heures que nous offrirent les deux Robert, robert CRAMER en suisse et Robert BORREL en France, tous deux convaincus du bienfondé de la chose et œuvrant sans relâche pour corriger les déséquilibres provenant de l’existence de la frontière et surtout de l’insuffisance d’une pensée commune quant à l’avenir de notre région.

C’était l’époque où le Grand Genève ne s’appelait pas encore ainsi et où il répondait au doux vocable de « projet d’agglomération franco valdo genevois », jargon technocratique si l’en est.

De grandes idées en sont sorties, partant de constats unanimement partagés.

Essentiellement, il fallait travailler sur la mobilité, permettre aux flux pendulaires toujours plus importants de bénéficier d’infrastructures de transport à la hauteur des enjeux, afin de réduire les débits incessants de voitures dans les villages et les villes de France et de Suisse avant que d'aller s’embouteiller à Genève.

Il fallait travailler sur le logement, car Genève traversait une crise sans précédent, générant l’exil plus ou moins forcés de milliers de genevois en France voisine, qui pour ce faire, a largement bétonné ses campagnes et accepté de supporter les très lourdes charges afférentes. Ce phénomène a aggravé encore les problématiques de mobilité, les gens habitant de plus en plus loin de leur lieu de travail.

Il fallait questionner l’emploi, l’économie, pour ne pas que les emplois à valeur ajoutée ne se trouvent qu’à Genève, et que la France ne soit pas que le « supermarché » de Genève.

Bref, il fallait tout faire pour rééquilibrer les choses, et pour cela, un programme d’actions ambitieux a été mis en place. Le projet d’agglomération numéro 1, puis le projet d’agglomération numéro 2.

En même temps, bénéficiant d’un contexte économique très favorable, qui est une chance merveilleuse pour toute la région, Genève a créé beaucoup d’emplois, et le nombre de frontaliers a considérablement augmenté (86 000 à ce jour, dont une part importante sont des suisses résidant en France).

Récemment, à l’ « encore bonne époque », assumant l’asymétrie des capacités financières des partenaires, (ce qui est une évidence dans le cadre d'une relation centre/périphérie) Genève a posé le principe de la constitution d’un fonds spécial pour les projets d’intérêts transfrontaliers, la fameuse « contribution spécifique genevoise » 240 millions d’euros sur 10 ans.

Le principe de cette contribution est simple :  (chiffre 2013)

1 Genève collecte par le prélèvement à la source de l’impôt sur les revenus des frontaliers 721 millions de francs , alors que ces frontaliers consomment très peu de services publics en Suisse.

2 Genève reverse, par le mécanisme des fonds genevois 260 millions aux départements français de l’Ain et de la Haute Savoie, afin de compenser les charges générées par l’établissement des frontaliers suisses et français en France et qui ne paient pas l’impôt sur le revenu en France. Reste 460 millions dont il est logique compte tenu de leur provenance qu’ils puissent au moins en partie servir à la création d’infrastructures transfrontalières.

Il est assez normal en effet que Genève participe par exemple au financement des moyens de transport de la main d’œuvre dont elle a impérieusement besoin pour faire tourner son économie.

3 Cette contribution est un cofinancement. En aucun cas il ne s’agit d’ « offrir » des infrastructures aux français. Elle correspond à une prise en charge partielle des coûts, auxquels viennent d’ailleurs s’ajouter des subventions très importantes de la confédération. Pour 24 Millions par an sur 10 ans, Genève pouvait sérieusement se désengorger...

En résumé et en prenant l’exemple de la prolongation du Tram sur Annemasse, Genève aide la France à le financer. En le faisant, puisque la politique d’agglomération suisse est une politique d’effets leviers, elle bénéficie de subventions importantes de Berne (204 millions pour l'ensemble des projets).

Néanmoins, l’ensemble des projets d’agglomération situés sur la partie française sont financés aux deux tiers par la partie française. Genève et la Suisse apportent donc un tiers de ces financements pour bâtir les infrastructures dont la cité de Calvin a tant besoin notamment pour désengorger son centre. Il faut noter à cet égard l'effort considérable des collectivités locales françaises qui ont décidé de "mettre le paquet" sur tous ces investissements structurants.

Ce n’est franchement pas un mauvais calcul pour le canton, dans la mesure où ces 24 millions par an de contribution spécifique ne sont qu’une part infime de ce que Genève garde en caisse sur l’impôt des frontaliers prélevés à la source.  Avec le système particulier de prélèvement de l’impôt à la source qui n’existe qu’à Genève (et au Tessin), le canton s’en tire financièrement très bien.

En matière de mobilité toujours, avec le CEVA, l’extension des lignes de tram, la création et le développement de lignes de bus performantes et des P + R du côté français tout s’organisait pour que les gens enfin laissent leurs voitures dans le garage. Moins de bouchons, moins de pollution à Genève, pour un coût somme toute très raisonnable.

SAUF QUE…

Depuis quelques années, un parti populiste a semé le trouble… Et le 18 mai dernier il a réussi à mettre un coup d’arrêt à l’ensemble de ces projets, au service pourtant de la qualité de vie, de part et d’autre de la frontière. Un parti qui a fait son beurre de la haine du frontalier, décrit comme un colon arrogant qui vient se remplir les poches avec mépris. Un parti largement soutenu par de frais naturalisés qui se veulent plus « suisses que les suisses », sans doute désireux qu’on ne soit pas généreux avec les autres autant qu’on l’a été avec eux-mêmes. Un parti qui représente la deuxième force politique du canton et qui est devenu le surmoi de toute la classe politique genevoise, qui ne sait trop comment le combattre. Ce parti c’est le Mouvement Citoyen Genevois, ni de droite ni de gauche comme tous les mouvements d’extrême droite, et flirtant assez régulièrement avec la xénophobie la plus outrancière.

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En effet, le 25 mai dernier, alors que le grand conseil avait validé le principe du cofinancement en France voisine de plusieurs Parking relais, première étape du versement de cette fameuse contribution spécifique, le MCG a lancé un référendum qui a abouti au résultat malheureusement connu. Au cours de ces votations, seul le MCG ou presque s’est exprimé, laissant le champ libre à toutes les manipulations, contre-vérités voire mensonges éhontés qui se sont étalés sans véritable contradiction.

Depuis, le Grand Genève est à l’arrêt. Les élus genevois ont été surpris par cet échec et dès lors en effet, se demandent comment ce qui devait être une formalité pour une somme relativement modique pourrait se dérouler autrement s’agissant d’investissements beaucoup plus lourds, tel que le cofinancement du Tram d’Annemasse.

Les élus genevois (sauf le MCG et l'UDC bien sûr) s’étaient engagés à verser ces sommes, expression même de la solidarité due par la ville centre à sa périphérie, et condition sine qua none d’une véritable amélioration des problématiques de la région.

Les collectivités locales françaises voient mal dès lors comment réaliser ces projets sans Genève, alors qu’il s’agit tout de même principalement d’organiser et de mieux gérer les flux de transport en direction de Genève…

Néanmoins les votations récentes concernant la traversée de la Rade ont prouvé qu’il était possible d’infliger un cuisant échec au MCG, qui militait pour se payer une rade à 1.2 milliard de francs alors que 6 mois plus tôt, il hurlait à la ruine du canton quand il n’était question que de verser 3 Millions de francs pour 5 P+R !

Sur la Rade, les conseillers d’Etat, les élus en général sont montés au créneau, ont combattu la vision exclusivement centrée sur la voiture du MCG et ont gagné, haut la main, à presque 65 %.

Ce qui prouve que la pédagogie et le courage sont les seuls remèdes. Il va falloir déconstruire tous les clichés et les mensonges véhiculés par le MCG depuis des années, il va falloir se rendre compte que notre avenir est commun, et doit être organisé tous ensemble, sans quoi, cette région va droit dans le mur. Il va falloir, élus suisses et français nous battre pour que cette région ait un avenir.

Sans quoi Genève va perdre de précieux points dans la course mondiale à laquelle elle se livre avec succès depuis des décennies.Car si Genève abandonne son rôle de métropole régionale, compte tenu que son développement n’est possible qu’en lien étroit avec les territoires français voisins, elle rencontrera de grosses difficultés à défendre son statut de capitale mondiale, en d’autres termes, en méprisant le régional, la Genève internationale sera sur le déclin.

L’histoire de la région, pour ceux qui la connaissent est trop belle pour la saborder sur l’autel d’un populisme abêtissant qui flatte ce qui existe de pire en nous.

Ce qui est en jeu, c’est notre destin, qui est forcément commun.

Certains aimeraient tout simplement mettre un mur entre nous.

Je suis le maire d’une commune frontalière, qui jouxte Jussy, commune suisse avec qui nous entretenons des relations exceptionnelles.

Ma commune compte plus de 500 citoyens suisses, qui y vivent bien, qui participent pleinement à la vie du village, qui y sont visiblement bien accueillis et qui se demandent souvent ce que fait Genève de leurs impôts, à l’instar de l’excellente association « Genevois sans frontière ».

Je suis le mari d’une genevoise, et le père d’une petite suisse, et ces questions de relations entre les deux parties de cette magnifique région me bouleversent. Car jamais, elles n’ont été aussi incertaines, alors que la voie était toute tracée pour enfin changer les choses, ici.

Et pourtant, le Grand Genève, c’est nous. C’est d’ores et déjà une réalité pour les dizaines de milliers de personnes, tous les jours, suisses ou français, qui pour une raison ou une autre, traversent cette frontière.

C’est du gagnant-gagnant à l’état pur, mais encore faut-il, apparemment, le prouver, et le bon sens, en une époque où les populismes ne jouent que sur l'émotion et la haine, est une valeur en voie de disparition.

 

 

 

 

18/06/2014

commémoration de l'appel du 18 juin 1940

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Mesdames et messieurs les anciens combattants, mesdames et messieurs les élus, chers amis,

En cette année particulière où nous commémorons les 70 ans de la libération de la France, et où nous rendrons un hommage appuyé aux résistants qui ont combattu pour la libération de Saint-Cergues le 15 août prochain aux bois Davaud,

Nous célébrons aujourd’hui le 74ème anniversaire de l’appel du 18 juin du Général de Gaulle, texte par lequel en une fraction de secondes la France n’était plus vaincue, texte par lequel tout un pays s’est mis à reprendre espoir. C’est l’occasion de célébrer le courage et la volonté de l’homme qui a su dire NON, et qui de Londres, a fait battre le cœur lourd et consumé d’une France qu’on disait alors écrasée.

Nous ne devons jamais oublier cette leçon, qui sembla une folie en son temps. Que pouvait donc ce général de brigade inconnu face à une Europe meurtrie, sous la botte d’une barbarie sans nom. De Gaulle a vu plus loin que la défaite française, il a vu plus loin que l’orgueil, que la vanité et la dictature nazie, il a décidé, simplement, de ne pas accepter la terrible réalité et de travailler immédiatement au redressement de son pays. Et ce général inconnu a redonné son souffle et sa foi a toute une nation.

C’est de cette capacité à dire non, à ne pas tout accepter, que dépend en réalité tout notre socle démocratique. C’est de ce courage extraordinaire que nous devons nous inspirer, pour que dans les moments les plus durs, dans les moments où tout semble perdu nous sachions voir l’infime lumière qui irradiera bientôt les ténèbres, l’infime éclaircie qui disloquera bientôt les nuages les plus noirs.

L’appel à se lever, à dire non, est un symbole pour tous les résistants, pour tous ceux qui dans l’adversité ne baisse pas les bras, pour tous ceux qui ont des valeurs et qui ne supportent pas de les voir bafouer.

Nous rendons hommage aujourd’hui, reconnaissants et admiratifs du courage de ceux qui se sont battus, ragaillardis par cet appel, et qui ont tout sacrifiés pour leur idéal. Je rends hommage à toutes celles et ceux à qui je dois ma liberté, moi qui appartient à une génération qui a eu la chance infinie de ne jamais avoir à combattre. C’est dans ces moments que nous devons mesurer sur quelle montagne de sacrifices nous sommes assis et que nous devons saluer l’abnégation, le dévouement sans faille de ceux qui comme un seul homme ont répondu à ce vibrant appel.

Car comme Le général De Gaulle l’a dit « La fin de l'espoir est le commencement de la mort ».

 

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