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24/02/2012

Voeux de la municipalité 2012

 

 

Monsieur le Sénateur et vice Président du Sénat, Jean-Claude CARLE,

Monsieur le Député Claude BIRRAUX,

Monsieur le Conseiller Régional et maire d’Annemasse, Christian Dupessey,

Monsieur le vice-Président du conseil Général, Raymond Bardet,

Messieurs les Maires de Machilly, Juvigny, Bonne, Lucinges, Fillinges

Monsieur le Président du SIGCSPRA, Philipe Vieu,

Mesdames et messieurs et chers collègues élus des communes voisines et amies,

Monsieur le DGS de l’AGGLO et membres du personnel de l’AGGLO

Messieurs les représentants de la Gendarmerie, de la police municipale et de l’office national des Forêts,

Mesdames et Messieurs les anciens élus,

Mesdames et Messieurs les Professeurs des écoles,

Mesdames et Messieurs les responsables d’association,

Mesdames et Messieurs les commerçants et entrepreneurs de la commune,

Mesdames et Messieurs les membres du personnel communal,

Mesdames et Messieurs les responsables et membres des comités de quartier,

Mesdames et Messieurs les correspondants de presse et journalistes,

Mesdames et Messieurs, chers concitoyens, chers amis, qui êtes désormais 3171 selon les derniers chiffres…

Votre présence nous honore, et je vous remercie d’être là, ce soir, pour partager ensemble ce moment traditionnel et bien agréable de convivialité. C’est une récompense, pour nous, que de vous voir si nombreux, témoignant du vif intérêt que vous portez à la vie communale, à ce qui touche au présent et à l’avenir de notre beau village.

Avant toute chose, avant tout propos, solennellement, j’aimerais commencer par des remerciements et saluer ceux qui œuvrent, au quotidien, pour cette belle commune. Mes collègues élus sont en effet de véritables passionnés  qui ne comptent pas leur temps pour que ce village avance. Je salue leur engagement, leur courage, car nous avons du nous battre, et nous nous battrons encore, je salue leur détermination et leur fidélité aux lignes que nous nous sommes fixées.

Danielle Cottet, première adjointe, qui préfère qu’on l’appelle Zouzou, et je la remercie pour son action au sein de la commission d’urbanisme, tâche bien difficile et très délicate, ainsi que pour les importants travaux de réhabilitation du cimetière, qu’elle a parfaitement piloté.

Magalie Briffaud, notre deuxième adjointe en charge des finances, grande argentière de la commune qui veille au grain avec beaucoup d’attention...

Jean-Marc Peutet, adjoint en charge des affaires scolaires, qui s’est aussi beaucoup investi dans le dossier des vergers communaux…

Jean-Pierre Roda, adjoint en charge de la culture, qui après avoir piloté la municipalisation de la bibliothèque va avoir à s’atteler au projet d’établissement de la future médiathèque, mais j’aurai l’occasion d’y revenir plus tard…

Pascale BURNIER, adjointe en charge du personnel communal, tâches éminemment importantes si tant est que notre mairie est devenue une petite entreprise d’une trentaine de salariées, à présent.

Robert Bosson, notre nouvel adjoint en charge des travaux, qui a beaucoup de dossiers à suivre, car il est vrai que les réalisations ont été nombreuses, cette année encore… (Clocher de l’église, PAV enterrés, aménagement de la Place de l’ancienne fruitière (ancienne « place Velez »), travaux de voirie aux Tattes, à la Gare, réfection des barrières du pont chemin de Pavillon, importants travaux d’assainissement au village du Bois, aux poules d’eau, travaux de mise en conformité de notre éclairage public, et puis toutes les petites choses du quotidien…

Je profite que nous parlions des travaux pour vous parler brièvement de la 2 x 2 voies : il est vrai que je n’osai plus vous en parler ces derniers temps, car à chaque fois que j’annonçais le commencement du chantier, tout se voyait repousser de  6 mois… Mais cette fois c’est bien parti, et nous en prendrons pour trois ans, et nous gagnerons au final deux accès parfaitement sécurisés entre le haut et le bas de la commune (un pont vers le stade et doublement du pont cadre) et ce sera tout ce qui sera gagné, car en terme de trafic, cette mise à 2 x 2 voies permettra simplement d’arriver plus vite dans les bouchons, à Annemasse...  fin de la parenthèse…

Je voulais saluer également Evelyne FEVRIER, qui n’a pu être avec nous ce soir, conseillère déléguée qui cajole nos quartiers et organise de bien beaux  moments de joie dans la commune…

Nicolas Balverde, conseiller délégué, qui nous a apporté son expertise d’ingénieur en environnement, qui a beaucoup contribué à l’obtention du sceptre de cristal dont je vous parlerai plus loin,

Bernard BALSAT, qui est en quelque sorte le précurseur de la cause environnementale à Saint-Cergues, qui a été très longtemps adjoint et qui a souhaité laissé son poste pour se consacrer à ses fonctions à l’agglo et dans certains syndicats intercommunaux, tout en continuant à diriger la commission environnement…

Et de façon générale, puisque je ne peux pas tous vous citer, je vous dis, mes chers collègues, toute ma joie de travailler avec vous au service de ce beau village. Je vous salue tous, car adjoints, conseillers délégués ou conseillers, votre engagement est total. En effet, notre réunion de municipalité, qui présente l’originalité d’être ouverte à tous, réunit tous les jeudis soirs entre la moitié et les deux tiers du conseil, ce qui est exceptionnel… Je veux vous dire que je suis fier de vous et vous dis merci, ce fameux mot que les élus n’entendent pas souvent… Nous sommes une équipe soudée et c’est grâce à la ferveur de tous.

Je tiens également car sans eux rien n’est possible, à remercier chaleureusement nos employés municipaux, qui déclinent au quotidien et au fil de l’année les missions que nous leur confions, je les remercie de leur dévouement et de leur patience à notre égard, tant il est vrai que nous fourmillons d’idées et que nous avons tendance à les submerger de travail. Ils ont fait le choix du service public, ce qui est un noble choix.

A ce propos, deux de nos employés fêtent leurs vingt ans de service public cette année, deux employés que tous vous connaissez bien, tant ils font partie du paysage de la commune…. La première est indissociable de la mairie, elle en connaît tous les rouages. C’est un petit bout de femme à fort caractère, réputée curieuse, elle est au quotidien à mes côtés, et elle me fait le grand honneur de me supporter… C’est Christiane ARMAND, qui depuis le 1er mars 1989 travaille à la mairie…   Le deuxième, on le voit souvent dans les espaces, verts, à planter des fleurs, à désherber, bref, à œuvrer pour la beauté de notre cadre de vie, c’est quelqu’un de gai et de souriant, je veux bien sûr parler d’Alain BRIAND qui œuvre à Saint-Cergues depuis le 1er juillet 1992… Qu’ils soient tous deux remerciés pour leur fidélité au service public et pour la mission qu’ils accomplissent au bénéfice de notre collectivité.

Alain Briand n’a pas pu être là ce soir, aussi, nous lui remettrons sa médaille plus tard. Christiane ARMAND, en revanche, est bien présente, et je vais demander à ZOUZOU de bien vouloir l’« épingler ».

REMISE DES MEDAILLES

Bien… Après ces récompenses et ces remerciements auxquels je tenais beaucoup ; à présent, je voudrai m’excuser d’avance pour ce discours qui risque d’être un peu long, que j’ai essayé de réduire un tant soit peu mais la chose est difficile, tant il y a à dire sur notre Saint-Cergues et sur notre région… vous me connaissez et vous me pardonnerez, j’ose l’espérer…

Je voudrai en fait que le moment que nous allons passer ensemble détonne quelque peu avec ce qu’on nous inflige, quotidiennement, à travers les lignes des journaux, par les ondes radio, par la télévision, le satellite le câble ou par internet, je veux parler de ce bombardement insupportable de catastrophes en tout genre, de faits divers les plus atroces, de mauvaises nouvelles les plus désespérantes, de tout ce qui fait que notre société a embrassé un degré de morosité encore jamais atteint et qu’elle ne semble mettre en valeur que les drames,  les ratages les plus complets.

Il ne s’agit bien sûr pas de dire que tout va bien, il faudrait être aveugle pour prétendre le contraire, mais plutôt de dénoncer une certaine façon de voir les choses toujours sous le plus mauvais angle. Car semble t’il certains se régalent du spectacle de l’échec, certains pratiquent le sarcasme avec délice. Il est vrai que le défaitisme est une maladie bien française, si tant est que notre peuple a un goût certain pour le désastre, pour l’auto-flagellation, pour la sinistrose.

Allons-nous sauver l’Euro ?  La Grèce, l’Italie, le Portugal et l’Espagne ? Et la France ? Le chômage va t’il encore dramatiquement progresser ? La crise économique va-t-elle tous nous emporter, dans un déferlement, dans un cycle infernal d’émeutes, de drames en tout genre ? Pour ce qui est du triple A, en revanche plus de question à se poser, la messe a été dite… Allons-nous succomber aux dérèglements climatiques, à la pollution, aux tsunamis, aux tremblements de terre, aux explosions nucléaires ? Avons-nous à craindre une résurgence du terrorisme international ? Allons-nous, tristes européens devenir une sorte de musée pour les milliardaires des nouveaux mondes ceux là même qui produisent et consomment désormais à outrance ? Le monde va-t-il en définitive si mal ? Tout est-il si noir ?

A tous les niveaux de notre pays, il n’est plus un jour ou le découragement ne le dispute pas à la lassitude. Ce virus du moral en berne, cette infection de la sinistrose contamine jusqu’aux cœurs les plus hardis, qui n’osent plus croire en l’avenir. Il fût un temps où l’on moquait les cyniques, où l’on fustigeait les défaitistes, aujourd’hui, c’est exactement l’inverse : Celui qui croit en l’avenir est un naïf, un utopiste, un doux rêveur, il semble donc décidé et officiel que le futur ne puisse être que terrible, donnant un merveilleux prétexte à ceux qui  surfent sur la haine et sur la peur…

Que s’est-il donc passé pour que la France perde à ce point sa joie de vivre, son enthousiasme, sa ferveur ? Sommes-nous à ce point accablés ? Serions-nous devenus trop gâtés, pour être blasés à ce point ? Ne serions nous pas en train de nous écœurer nous-mêmes de nos propres excès ? N’avons-nous plus soif de rien pour tout dévaloriser en bloc comme nous le faisons ?

Témoignant de cet état avancé de perte de confiance en soi, de perte d’envie, de perte de désir, le monde occidental n’en finit plus de fantasmer sa propre destruction… Vous aurez peut-être remarqué le nombre incalculable de films catastrophe produits récemment, et parmi eux un film terriblement éloquent à cet égard : 2012, film que vous avez peut-être déjà vu, dont vous avez certainement entendu parler en tout cas. 

Il n’y a pas un jour en effet  où l’on ne puisse lire, entrevoir, entendre une référence insidieuse à cette catastrophe annoncée à grands renforts de propagande hollywoodienne. Je veux bien sûr parler de cette théorie fantasque selon laquelle quelques grandes civilisations dont les mayas auraient prédit et annoncer la fin des temps pour la fin de cette année, au solstice d’hiver soit Le 21 décembre 2012 prochain. La terre serait alors dévastée par des forces naturelles dépassant l’entendement…

Cette paranoïa hallucinante qui se répand sur le monde peut prêter à rire, j’en conviens.  Elle est pourtant l’expression de quelque chose de très profond, dans le fait même qu’autant d’êtres humains succombent à ces idées étranges, dans le fait qu’autant d’entre nous, à l’échelle planétaire croient en la fin des temps.

La science fiction agit comme un révélateur des difficultés, des rêves, des frustrations et des espoirs d’une époque… La peur de la fin du monde exprime donc elle aussi quelque chose sur notre temps… Et 2012, année soi-disant apocalyptique, est riche de sens. Parce que peut-être jamais nous n’avons autant été dans l’incertitude, jamais nous n’avons eu autant peur de l’avenir, peur de la façon dont tourne et tournera le monde, peur du réchauffement climatique, des guerres et révolutions qui ont secoué récemment l’actualité, peur d’une situation économique qui se dégrade de jour en jour, peur d’une situation financière extrêmement précaire, et peut-être aussi, de façon générale, peur d’un système qui creuse les inégalités, royaume des écraseurs et des écrasés, royaume des ascensions fulgurantes et des descentes aux enfers. C’est l’instabilité le maître mot de ces angoisses, qui conduit, sur fond de crise globale tout à chacun à se sentir en permanence dans une forme d’insécurité et d’incertitude. La génération à laquelle j’appartiens n’a entendu que cela : des parcours de vie qui ne sont plus linéaires, de plus en plus chaotiques…

Pour autant, chers amis, nous en sommes tout de même à la 183ème annonce recensée de la fin du monde, depuis la fin de l’empire Romain. Des mauvais prophètes il y en a eu et il y en aura encore…

Il nous faut retrouver un peu de fierté et d’espérance. Etre lucides, c'est-à-dire debouts, avec les yeux ouverts, mais sans jamais sombrer dans le cynisme, dans le sarcasme qui fait dire à certains que tout est fichu, que rien ne sert à rien, que tout est vain…

Il nous faut réhabiliter l’enthousiasme, avoir foi, un tant soit peu, en l’avenir quand bien même il s’annonce difficile ! Il faut, avec détermination, s’atteler à la tâche, sans nier les maux dont souffre le monde, mais au contraire en les prenant à bras le corps et en mettant en valeur le positif qu’on peut tirer de toute situation. Et s’atteler à cette tâche, cela commence à notre niveau.

Dans cette ligne d’idées, vous le savez, notre commune a reçu une distinction exceptionnelle, au plan national, cette année, au titre de sa politique environnementale. Une politique qui se veut ambitieuse, exemplaire, et bien au-delà d’un certain marketing qui consiste à repeindre les façades en verts, à prendre quelques « mesurettes » dans l’air du temps pour faire « mode », pour faire croire qu’on est subitement devenu un protecteur de l’environnement.

Nous avons vécu un moment très émouvant en recevant ce prix chez Jean TIBERI, à la mairie du Vème arrondissement de Paris, des mains de Hubert Reeves, ce grand astrophysicien qui précisément est un optimiste, un optimiste lucide qui tout en tirant les sonnettes d’alarmes sait se réjouir encore de ce qu’il y a de beau en ce monde et de positif en cette société.

Ce sceptre de cristal du développement durable, nous l’avons gagné parce que nous avons pris des options franches, claires, et qui ne font pas dans la demi-mesure. Parce que le souci de préserver l’environnement est le leitmotiv de toutes nos actions et projets. Parce que sans céder justement au catastrophisme ambiant, il est essentiel de répondre à ces problématiques. Il en va de notre responsabilité d’homme.  

Ainsi, à titre d’exemple car je n’ai pas le temps d’être exhaustif, nous avons créer de nouveaux vergers, pour sauver d’anciennes espèces fruitières, moins productives, mais tellement plus gouteuses, nous avons remplacer sur certaines parcelles la tondeuse par les moutons et Dieu sait si cette idée à fait sourire, à ses débuts , moutons généreusement prêtés par Yves Marquet, agriculteur que nous avons un peu « subtilisé » à Fillinges ; nous avons décidé de proscrire l’utilisation des pesticides, nous avons mis en place la gestion différenciée des espaces verts communaux, en créant des prairies et des gazons fleuris, demandant moins d’entretien et favorisant la biodiversité. Cette année nous avons également récolté notre premier Miel, avec nos apiculteurs bénévoles Guy Ollive et Alois Brandle, que je tiens à remercier chaleureusement. D’autres ruchers seront bientôt développés et cela sera l’occasion de toute une pédagogie à destination des écoles. De façon générale, dans tous nos marchés publics, nous donnons priorité aux entreprises les plus vertes, c’est ainsi que pour la restauration scolaire par exemple nous avons choisit un prestataire exemplaire, qui ne travaille qu’avec des producteurs locaux, avec des produits de saison, labellisés ou bio.

Un « hôtel à Abeilles », et oui cela s’appelle comme ça, a été implanté près de la déchetterie, à destination des abeilles sauvages et aux fins d’en assurer la biodiversité également. A proximité se trouvent les chemins du Foron dont le succès est grandissant, j’en profite d’ailleurs pour remercier encore une fois les membres du Syndicat du Foron et leur présidente, Mme Renée Magnin ; 2 projets sont d’ailleurs en cours pour l’année qui vient, le reméandrage du Foron vers le moulin des marais, pour redonner au cours d’eau son aspect naturel et un important travail de confinement et de réhabilitation du site des marais de lissouds, où se trouvait l’ancienne casse automobile.

Nous développerons encore ces beaux projets l’année qui vient avec le même souci de faire se confondre les intérêts de l’homme et ceux de la Nature, ce qui est selon moi la véritable définition de l’écologie. 

Enfin, et je crois que c’est là que notre action est la plus concrète pour la préservation de notre belle région, nous avons et allons encore travailler sur notre PLU afin de le mettre en conformité avec notre Schéma de Cohérence Territoriale, (sorte de PLU des PLUS), afin de préserver les espaces naturels et agricoles, qui ne représentent plus que 10 % de la surface de notre agglomération. En d’autres termes nous refusons le développement anarchique et revendiquons les prescriptions d’un SCOT qui préconise de densifier les centralités, en d’autre terme des centre ville, plutôt que de favoriser le mitage d’une région qui sur ce point a beaucoup et trop souffert. L’enjeu est de taille et nous sommes à la croisée des chemins : Soit nous contrôlons notre urbanisme, soit nous ouvrons les vannes et nous nous retrouverons submergé par une bétonisation galopante qui défigurera ce village et qui fera exploser les besoins en terme de service. Nous sommes identifiés comme poumon vert, et notre cadre de vie est relativement préservé, lorsqu’on le compare à d’autres secteurs de la Haute Savoie, il ne tient qu’à nous de prendre conscience de l’impérieuse nécessité de faire en sorte que Saint-Cergues reste un village charmant, où la nature a encore ses droits. N’oublions pas que nous sommes encore une station climatique, et ce depuis 1929, et que ce titre est une invitation à conserver précieusement la richesse et la qualité de notre cadre de vie.

Ce sceptre de cristal est la consécration d’une vision globale, cohérente, qui découle du travail entrepris par les élus et par celles et ceux qui aiment et croient en notre commune. Cette récompense justifie, valide et solidifie les mesures que nous avons engagé, cette reconnaissance est une fierté pour nous tous, mais c’est surtout une invitation à conserver ce cap et à aller encore plus loin.

Vous savez sûrement que nous avons repasser en agricole certains terrains constructibles… Cela n’est bien sûr pas simple. Cela ne se fait pas comme ça, ce n’est pas le fait du prince. Nous l’avons fait pour sauver la dernière trame verte de ce village qui est trop éloignée du centre et parce que ce tènement était clairement en incompatibilité avec le SCOT. Nous avons également en accord avec les futurs acquéreurs du château de Neydens (le domaine voisin) au dessus de la Gare, supprimé 90 % environ de la constructibilité de cet espace, ce qui nous a permit de sauver en tout 4 hectares. Tout cela n’est pas évident, car ici peut-être plus qu’ailleurs, l’intérêt général se confronte aux intérêts privés. A ce sujet d’ailleurs une petite anecdote exprimera peut-être mieux que tout cette difficulté à faire comprendre l’effort que nous avons à faire en la matière.

Il y a quelques semaines, je me rendais à la Boulangerie. Je me gare, et en sortant de la voiture, une dame que je connais me tombe dessus, pour ne pas dire, se met à m’engueuler : « Qu’avez-vous fait de notre Saint-Cergues ! Qu’est ce que c’est que toutes ces constructions face à la mairie ? A la place de l’hotel de France ! On est plus un village, on bétonne, on bétonne ! Il faut arrêter cela ! » Je l’ai écouté, puis j’ai tenté de lui expliquer ce que je viens de vous dire, à savoir : pour éviter de consommer plus encore des terrains agricoles et naturels, il est logique de densifier les centres, à proximité des services publics et des commerces, c’est autant d’hectares préservés. Mais la Dame en question ne l’a visiblement pas entendu de cette oreille ! Elle m’a quitté et je suis allé faire mes courses, un peu interloqué. Quelques jours après, et là attention, je crois que cela illustre parfaitement cette difficulté que nous avons à comprendre les enjeux qui sont les nôtres, cette même dame a pris rendez vous en mairie pour me voir. Elle s’assoit dans mon bureau, en s’exprimant d’un  ton beaucoup plus chaleureux que la dernière fois que je l’avais vue, et me dit, avec un très joli sourire : « Dites moi, Monsieur le Maire, mon fils est de retour dans la région. Il ne parvient pas à trouver de logement, alors je me disais, puisque j’ai des terrains agricoles dans ce coin, j’aimerais bien enfin si vous pouviez… qu’ils deviennent constructibles, hein, vous pourriez faire quelque chose ?… ».

Le paradoxe dans toute sa splendeur… Cette dame ne veut pas qu’on change son Saint-Cergues, mais en même temps, elle aimerait que je déclasse des terrains pour y faire ce qu’elle ne veut pas que les autres fassent. Comprenez que nous devons tous admettre que si nous ne nous raisonnons pas, en d’autres termes, si nous ne comprenons pas la nécessité de réduire la voilure de notre PLU qui est trop permissif, ce village, où plutôt l’esprit de ce village, n’y survivra pas. C’est de la responsabilité de tous de freiner notre développement et de le maîtriser, c’est un combat difficile et  courageux, pour qu’au final, nous n’ayons pas à rougir du cadre de vie que nous léguerons à nos enfants, pour que nous n’ayons pas honte de ce qui aura été infligé à ce village.

Bien sûr, cette anecdote illustre la problématique de logement dans notre région, et sans vouloir redire ce que je vous ai dit l’an dernier en cette même occasion, il faut évidemment se tourner vers Genève pour comprendre les raisons de notre surchauffe immobilière. Le canton ne produit toujours pas assez de logements pour couvrir les besoins de sa population, et c’est un euphémisme, croyez-moi.

Je le dis naturellement sans stigmatiser nos amis suisses qui vivent chez nous et que nous accueillons volontiers, mais qui font un peu figure de réfugiés du logement, tant la pénurie immobilière est importante du côté suisse. Cela ne peut naturellement plus durer ainsi et nous avons bon espoir que le projet d’agglomération franco valdo genevois qui présidera aux destinées d’un millions d’hommes et de femmes en 2030, que l’ARC, association de coopérationrégionale seront les enceintes judicieuses pour régler ces déséquilibres dangereux pour l’avenir de notre belle région.

A l’heure d’un certain repli, ou chacun voudrait vivre séparer des autres dans son quartier, c’est pourtant à ces échelons que nous trouverons des solutions et des réponses bénéfiques à tous…  Car lors de ces rencontres franco suisses, nous échangeons avec des collectivités de l’Ain, du Chablais, du Genevois, et c’est l’occasion de réaliser que tout le monde, encore, n’a pas pris la mesure de ce qui est en train de se jouer ici et qui deviendra irréversible si nous ne stoppons pas cette frénésie du développement à tout prix. Dans le cadre du projet d’agglomération franco-valdo genevois, j’ai le plaisir de travailler avec des élus français et suisses, autour de la problématique des corridors biologiques, et c’est une joie de constater que les choses avancent dans la nécessaire préservation de notre région, qui plus est dans ce bel esprit transfrontalier. La collaboration est totale mais ne doit pas masquer ce que je vous disais plus haut : A savoir qu’il reste que la campagne genevoise est un sanctuaire, verrouillé de toute part, et que la nôtre perd des hectares chaque année pour loger la population d’un canton qui semble pour l’heure encore peu s’en préoccuper. Et certaines collectivités françaises donnent raison à Genève en ouvrant leur constructibilité toujours plus : Pourquoi donc Genève se donnerait-elle la peine de produire plus de logements si les élus du côté français continuent à se développer sans discernement ? A l’heure où je vous parle, Le canton de Genève élabore son schéma directeur, il s’agit d’un outil de planification de la construction pour les 10 ans à venir, et qui prévoit 50 000 nouveaux logements. Bien ! Enfin, nous voyons poindre une ébauche de solution, sauf que dans la Tribune de Genève datée de mercredi, nous apprenons que beaucoup de communes genevoises ont annoncé qu’elle refuserait ce plan…  l’inquiétude reste donc entière.

Au niveau de notre agglomération, Annemasse Agglo, je tiens à saluer le travail remarquable accompli cette année et qui va dans le sens de ce que je viens de vous dire, je veux parler de tout ce qui est mis en œuvre pour répondre aux déséquilibres de cette région, de tout ce qui peut structurer notre territoire et permettre de mieux y vivre. C’est par exemple le nouveau Programme Local de l’Habitat qui vient d’être adopté, et qui a pris je crois parfaitement la mesure de ces problèmes, contrairement à d’autres régions de la Haute-Savoie qui continuent à construire de façon anarchique et irresponsable. Je pense en tout cas qu’aujourd’hui, au sein de l’agglo, tout le monde a conscience de ces difficultés et que les réponses sont en cours, qu’elles viennent, en témoignent tous les projets portés par notre Agglo, C’est le CEVA, le tram, le BHNS, c’est le projet Etoile-Gare, c’est la cité de la solidarité internationale, c’est l’office du tourisme, autant de projets qui vont changer le visage de notre Agglomération. C’est aussi la défense de l’emploi à valeur ajoutée afin que nous ne soyons pas l’éternel supermarché de Genève, et pour qu’il y ait plus de créations d’emploi de notre côté de la frontière, car nous les français sommes aussi des réfugiés en quelque sorte, en Suisse, en matière d’emploi. Enfin c’est peut-être surtout une certaine réappropriation d’un territoire dont on ignore ou on minore souvent les richesses et les atouts.

Nous avons en effet de quoi être fiers de ce que nous sommes, de ce dont nous disposons en terme de services, d’offres commerciales, d’offres touristiques, culturelles, d’espaces naturels, de loisirs, et pourtant souvent l’on entend des propos très négatifs à l’encontre de cette région, qui ne serait qu’une région d’argent, vouée à l’argent et au service de l’argent, le tout au milieu de cités dortoirs, où il n’y aurait pas de vie… Voilà pour le coup des propos pessimistes, voilà pour le coup, l’expression la plus parfaite de ce fameux défaitisme français à l’échelle de notre région, qui a tendance, par cynisme, à tout teindre de noir. Il faut croire en cette région pourtant, il faut se dire qu’elle est en plein bouleversement et que le travail de l’Agglo est de nous permettre d’affronter sereinement les défis qui sont les nôtres. Nous nous structurons, nous faisons face, ensemble, avec nos onze communes amies à ces enjeux et c’est le seul moyen d’atteindre un jour une certaine harmonie, tant le dynamisme qu’est celui du genevois français peut être son pire ennemi, s’il n’est pas maitrisé… Je tiens donc ici à saluer et à remercier tous les élus et les services de l’Agglo, qui au quotidien nous accompagnent dans ces défis dont l’ampleur nous dépasse largement, avec qui nous partageons expériences et expertises.

Nous avons sans doute la chance il est vrai d’habiter une région qui subit moins violemment que d’autres les affres de l’économie mais qui toutefois n’est pas hors du monde, loin s’en faut et il faut rappeler que chez nous les inégalités se creusent que le chômage a dépassé la barre symbolique des 30 000 demandeurs d’emploi en Haute-Savoie récemment…

Puisque j’ai commencé ces quelques mots dans la thématique du catastrophisme, je ne résiste pas à la tentation d’évoquer Karl Kraus, un intellectuel autrichien quelque peu visionnaire, qui disait qu’il n’était nul besoin de fantasmer la fin du monde, selon lui, puisqu’elle était déjà arrivée… En mettant ses propos au goût du jour, la fin du monde, le véritable apocalypse, c’est l’être humain d’aujourd’hui, qui vit confiné dans sa maison, dans sa bulle, qui ne parle plus à personne sans que cela ne passe par un ordinateur ou un gadget électronique, qui communique à outrance pour ne rien dire, qui ne se comporte plus qu’en super consommateur de tout, qui ne donne plus ni de son temps ni de son énergie à la collectivité, pour qui la solidarité est un mot ridicule qui se résume au paiement de l’impôt… C’est un homme froid, indifférent à tout, qui ne se sent concerné par rien, tant il est tombé dans une forme aigue d’égoïsme, d’individualisme, tant en fait, il s’est déshumanisé… Voilà la vraie catastrophe, pour Karl Kraus : un monde où les hommes et les femmes sont morts dans leurs cœurs, où ils ne se déplacent plus que pour travailler ou consommer, un peu comme des robots.

Nous n’en sommes pas encore là tout à fait mais il y beaucoup de vérité là dedans… C’est pourquoi en tant que commune nous devons aussi nous battre pour tout ce qui nous relie, pour tout ce qui nous fait nous réunir et partager ensemble. Et je crois que sur ce plan, Saint-Cergues ne se débrouille pas trop mal : grâce à des associations extrêmement dynamiques, qui offrent un nombre considérables d’activités et d’événements sur notre commune, grâce à des écoles pleine de vie et de projets, grâce à des commerçants, qui génèrent de la vie et participent largement aux activités communales, grâce aux comités de quartier, qui permettent de se retrouver, autour d’un vin chaud en hiver, ou de grillades en été, grâce à vous tous, qui répondez avec entrain à ces appels à la joie, notre commune est vivante. Je tiens à saluer et à remercier chaleureusement tous les bénévoles qui ne comptent pas leur temps pour offrir aux autres leur enthousiasme et leur générosité. Merci à tous, qui nous rendez fiers de ce village. La commune vous soutiendra toujours et mettra tout en œuvre pour animer elle aussi les choses, c’est dans cet esprit par exemple qu’a été créée la fête de la musique, qui a réunit plus de 1500 personnes sur notre stade, moment exceptionnel parachevé par un superbe feu d’artifice, que nous avons reconduit pour l’année qui vient, c’est aussi l’élection de nos miss, moment simple et bon enfant, c’est la foire d’automne, c’est le concours de dessin à Noel, la fête du sport et des associations, la chasse aux œufs, autant d’initiatives toutes simples, mais tellement essentielles en ce que ces moments fondent le bien vivre-ensemble.

Cette année, nous allons également rentrer dans le concret concernant le projet de salle polyvalente, et nous allons lancer le concours d’architectes le mois prochain. Nul doute que cette nouvelle infrastructure dont nous avons tant besoin permettra l’arrivée de nouvelles activités et la création de nouveaux événements… A côté de cette salle des fêtes, un nouveau restaurant scolaire est en projet, rendu nécessaire par la hausse importante des effectifs ; dans le même registre d’idées, des locaux pour le périscolaire et le centre de loisirs seront construits pour répondre à notre accroissement démographique. Et enfin, une médiathèque verra le jour, afin d’élargir notre offre culturelle, et chacun sait qu’il n’y a rien de mieux que la culture pour créer du liant entre les hommes. Autour de ce nouvel équipement, nous implanterons des aires de jeux, des espaces de détente, afin d’agrémenter ce chef lieu. Autre important projet que je souhaitais brièvement évoquer ce soir : la crèche. Une étude de faisabilité vient d’être lancée, avec les communes de Machilly et de Juvigny, pour offrir des places aux familles pour qui il devient de plus en plus difficile de trouver des solutions de garde.

Bref, de façon générale, puisque je ne peux malheureusement tout dire, nous prévoyons de grands et beaux projets qui vont améliorer notre cadre de vie et qui vont rentrer dans le concret cette année.

Lorsque j’écrivais ces lignes, il y a quelques jours, j’essayais de me remémorer tous les moments vécus avec vous tous, au long de l’année, les concerts, ceux de l’harmonie, de l’Anacroche, des sonneurs de trompe, les repas organisés par les associations, les événements de la MJC, du sou des écoles, de l’APE, la fête de la chasse, les tournois sportifs, Créativa, le carnaval, les activités du club joie de vivre, les danses country de TUPLE, les fêtes des écoles, le loto, la kermesse, les vide –greniers, les arbres de Noel, les match de football américain avec nos nouveaux Bulldog’s de St Cergues, les fêtes, commémorations et repas organisés par la mairie et pardon si j’en oublie mais sincèrement on sent ce souffle à Saint-Cergues, on sent cette joie de vivre, on sent de l’initiative et de la générosité et cela mérite d’être souligné. Bravo et merci à tous. Cette année nous aurons d’ailleurs le plaisir d’accueillir les virades de l’espoir, très belle manifestation qui change chaque année de commune, et qui nous permettra de nous associer à la noble cause défendue en cette circonstance : La lutte contre la MUCOVISCIDOSE. (Mme XAMBEU)L’événement s’est déroulé l’an dernier à Bonne avec le concours de la commune de Lucinges et je sais que tous en ont été très heureux, c’est une aventure humaine formidable qui a semble t’il galvanisé les participants. Nous comptons du coup sur la mobilisation de tous pour faire à notre tour de cet événement une réussite, en espérant égaler, au moins, l’excellent résultat de Bonne et de Lucinges…

En résumé, chers amis, ce qui fait la beauté d’un village, plus que son cadre, plus que son décor et ses panoramas, c’est sa convivialité. Le plaisir qu’il y a à y vivre, à s’y rencontrer, à partager. Et l’esprit de ce village est exceptionnel. C’est un merveilleux patrimoine. Nous ne sommes bien entendu et comme je vous le disais pas en dehors des problèmes du monde, mais sachons reconnaître notre chance d’habiter et de vivre ici…

Alors 2012, que pourrai-je souhaiter pour 2012 ?

Alors Tout d’abord, 2012 sera une année d’élections importantes, aussi je souhaite que tous vous vous mobilisiez pour accomplir votre devoir de citoyen. Je souhaite également que les candidats dont certains sont présents ce soir fassent une belle campagne, respectueuse des différences.

A tous, Je voudrai nous souhaiter de renouer avec l’essentiel, d’oublier quelque peu le cynisme ambiant, la noirceur serinée à longueur de journée. Assez d’apocalypse, de catastrophisme. Assez d’égoïsme, assez d’individualisme, cessons de nous comporter en consommateurs, soyons acteurs du monde dans lequel nous vivons. Cessons de critiquer sans discernement, de juger, de condamner aveuglément, ouvrons nous au monde et aux autres.  Cessons de penser que « tout est pourri » et que rien ne sert à rien. Retrouvons nos valeurs, celle d’une certaine foi en l’avenir et en l’homme.

Je nous souhaite en fait une chose toute simple : de l’enthousiasme. L’enthousiasme, c’est le moteur du monde. A tous ceux qui ont traversé des épreuves difficiles, que cette année puisse résonner comme un nouveau départ. Que Saint Cergues reste le beau village qu’il a toujours été, en évoluant, certes, mais en préservant ce qu’il y a de plus précieux en lui.

Excellente année et meilleurs vœux à toutes et à tous.